INTERPRETATION RATIONNELLE DES FAITS ‘(CLINIQUES
Ces diverses théories, qui s’efforcent de donner une explication plausible de ces différentes affections sanguines, sont toutes bâties dans les cadres préalablement établis de l’hématologie. Elles sont toutes plus ou moins gênées par ces limites arbitraires qui ne correspondent presque jamais aux faits cliniques -6bservés. De là cette multitude d’interprétations ingénieuses qui donnent une parcelle de vérité, mais non pas une idée générale de la pathogénie des hémopäthies aiguës. En de longues conversations avec MM. les docteurs ’/Grenét et Isaac-Georges, nous sommes arrivés à admettre une conception plus large, basée sur une observation précise et un raisonnement sévère.
L'observation la plus consciencieuse nous a convaincus d’une première chose : l'identité clinique de
ioutes les hémopathies aiguës. Le clinicien le plus pénétrant est dans l'impossibilité d'établir une diiférence entre une L. A. qu’elle soit myéloïde, lymphoïde ou monocytaire, une agranulocytose, une aleucie hémorragique, une anémie aplastique. Toutes comportent le même pronostic fatal et offrent la même résistance à la thérapeutique. L’hématologie a voulu schématiser, créer des classifications, basées sur sa connaissance minutieuse des éléments du sang. Elle a scindé ce bloc clinique homogène. Mais ses cadres se sont immédiatement révélés insuffisants. Les examens de sang d’un même malade ne sont pas toujours identiques à eux-mêmes. Leurs variations journalières ou périodiques les transportent d’un jour à l’autre d’un cadre dans un autre. Dans la majorité des cas, la formule observée ne carrespond plus à la forme typique, elle se trouve à cheval sur deux états voisins; si bien que les examens bématologiques ne montrent plus que des cas intermédiaires, des formes atypiques, des formes de passage et la possibilité d’une transformation d’un état dans l’autre. Enfin l’étiologie et les travaux expérimentaux prouvent que les mêmes causes peuvent provoquer indifféremment des réactions contraires établissant ainsi l’étroite parenté de toutes ces affections et rejoignant par là la clinique.
Bien plus dans. ces affections appartenant à des cadres hématologiques différents, la formule sanguine montre toujours deux éléments communs à elles toutes : l’anémie et presque constamment la