D TA
granulocytopénie. Cette déficience est de la plus haute importance, car c’est elle qui domine la seène clinique, alors que les modifications des éléments sur lesquelles est basée la différenciation hématologique, apparaissent comme secondaires. Dans les hémopathies aiguës, l’anémie est capitale : le globule rouge est le premier touché. Sa marche est toujours progressive, rien ne l’arrête, la thérapeutique n’a aucune prise sur elle. Avec elle, presque constamment, se retrouve la granulocytopénie. Accompagnés ou non d’une prolifération lympho-monocvtaire, ses caractères se retrouvent toujours les mêmes. Le caractère primordial de l’hématologie des hémopathies aiguës apparaît donc être l’atteinte du globule rouge et de l’élément granuleux.
Ce point bien établi, l'interprétation la plus sensée vient d'elle-même. De tous les éléments du sang les globules rouges et les granulocytes sont les plus fragiles, Quelle que soit l’agression, ils sont les premiers touchés, et leur organe formateur, la moelle, est frappé d’impuissance. Par contre, les lymphocytes et enfin les monocytes sont les plus résistants, puisque la même cause, qui est destructive pour les premiers, peut n’être qu'irritative pour les seconds. La moelle, génératrice des globules rouges et des granulocytes, constitue l’aboutissant le plus réduit, mais par contre le plus évolué, le plus différencié, le mieux spécialisé des systèmes hématopoïétiques. Elle est en même temps l’organe le plus délicat. Le tissu R. E,, au contraire, vestige embryonnaire du tissu mésenchyma-
teux,, seul producteur au premier stade de tous les éléments, du sang a perdu au cours du développement général cette propriété. IL à cependant conservé ses potentiels: d’hémopoièse embryonnaire. La moelle détruite et lui-même irrité par une agression quelconque; il ne donne: naissance qu'à des formes atypiques, insuffisamment différenciées, jeunes, sans valeur fonctionnelle dans le: sang circulant de ladulte: La fréquence des EL. A., chez l’enfant, s’accorde bien avec notre manière de voir, étant donné la fragilité spéciale de l’organisme infantile. :
La prolifération, sinon toujours excessive, du moins constamment déréglée et atypique de la série monocytaire est un: caractère bien particulier de ces hémopathies aiguës. Elle n’est en rien comparable à celle des leucocytoses infectieuses. Celles-ci traduisent l’exagération dun phénomène physiologique normal pour lutter contre un agent infectieux. Cette réaction reste dans les limites de la fonction de lorgane. Elle est disciplinée et cesse dès que linfection: causale est supprimée. Le dérèglement des: réactions leucopoïétiques est tout le problème: des leucémies. Quels sont les facteurs qui interviennent pour troubler leur mécanisme normal? C’est un point encore obseur. Faut-il voir dans ce dérèglement une simple manifestation de détresse de tissus profondément altérés ou bien l’intervention de ces facteurs encore mystérieux qui régissent la prolifération cancéreuse? Les résultats expérimentaux sont en faveur des idées qui rapprochent les états leucémiques des états. néoplasiques. »
Cependant, si la cause en jeu est trop violente, le 1. R. E. lui-même s’effondre. Il n’y a plus prolifération mais agénésie de tous les éléments du sang par paralysie complète de tous les organes hématopoiétiques. C’est ce que Merklen appelle lAleucie vraie et qu’il a obtenu en associant l’intoxication et l'infection. À d
En conclusion, nous disons que toutes les hémopathies aiguës doivent être groupées. Les différences qui s’observent dans les formules sanguines, la hiérarchie progressivement croissante de l'atteinte du tissu hématopoïétique dépend de l’équilibre qui s’établit entre l'intensité de l’agression et les facultés réactionnelles de tout le système hématopoïétique en général et de chacune de ses parties en particulier. Un: point reste actuellement sans solution, celui de l'anarchie des réactions leucémiques.