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mer sans crainte de se tromper, les fonctions devinrent perpe'tiielles et furent conférées, soit par les collègues du magistrat déce'dé, soit par ceux mêmes qui sortaient de fonctions et qui souvent trouvèrent ingénieux de se choisir eux-mêmes.
Faut-il s'étonner des éléments aristocratiques qui se manifestèrent bientôt dans les communes, de ces groupes de familles qui se constituèrent partout et qui se réservèrent les fonctions municipales à l'exclusion du plus grand nombre? II y eut là comme une réaction latente qui ne se montra qu'après avoir fait déjà d'immenses progrès. En Italie elle se dévoile dès le commencement du xif siècle par l'organisation des citoyens de Gênes en compagnies, qui sont au nombre de six, puis de sept et enfln de huit.
Dans les Pays-Bas et les contrées voisines, on voit se former des réunions de patriciens : à Cologne, Metz, Toul, Liège, Bruxelles, Louvain, Anvers, etc. L'histoire de ces familles factices nous les montre surtout à l'époque de leurs luttes pour conserver le pouvoir; elle se tait sur l'origine et les commencements de leur puissance. On nous dit bien que les quinze lignages de Cologne ont été amenés de Rome par Trajan, que ceux de Louvain tirent leur origine des sept filles de Lambert Bastin, dit le Grand à cause de sa taille démesurée, ou d'un Bastin^ qui vint d'Allemagne se fixer en cette ville; que ceux de Bruxelles sont les descendants des possesseurs de sept châteaux bâtis sur le territoire de la capitale de la Belgique; que ceux de Metz furent institués par Métius, l'un des lieutenants de Jules-César, etc. Ces légendes fabriquées après coup ne méritent pas qu'on les réfute.
Les premières mentions de lignages n'atteignent pas le xii^ siècle. Ceux de Metz figurent, vers l'an 1214, dans l'acte dit de la commune paix ; ceux de Cologne existaient en 1265 et, le 5 mai 1288, l'avoué de cette ville, Gérard, promet de ne jamais
en aliéner l'avoiierie, s'engageant à rester fidèle aux bourgeois et principalement aux lignages (precipuè profjeniebus); enfin, ceux de Bruxelles et de Louvain ne se montrent qu'en 1506; il est vrai que le duc Jean II restitue alors aux premiers leurs prérogatives, comme en ayant e'té en possession de temps immémorial, depuis son bisaïeul (Henri I") et plus.
Les paraiges, lignages ou tribus patriciennes, comme on les appelait indiffe'remment, étaient évidemment des familles factices, des familles qui imitaient la famille naturelle. Us ont été formés par les bourgeois notables qui se groupèrent, soit par voisinages, d'oiî leur vint en quelques endroits le nom de vinàves, qui ne signifie pas autre chose, soit par parenté, d'où leur nom latin de parentelœ; en flamand, fjesladite ; en allemand, Gesldclitc. Chacun d'eux avait son sceau, sa maison d'assemblée, ses registres particuliers. Ils s'appelaient :
A Cologne, les Overstoltz, les Swertsgyn, les Von Horne, les Quatermart, les Yon der Adocht, les Spiegelt, les Von Rodenberch ; les Aromdysberch, les Jeuden, les Hardevyst, les Lieskyrches, les Von Ghyre, les Von Bryne, les Birchelin, les Von Hyrtselyn von Overstoltz, dits Von Efferem Cleyngedanck (').
A Metz : les paraiges de Porte-Muzelle, de Surne, de Saint- Martin, de Porte-Sailly, d'Outre-Seille ou de Maleboches et du Commun (-).
(') Tel sont les noms qu'on leur donne clans un manuscrit de la Bibliothèque royule de Bruxelles, n" 3875, intitulé Fan die XT' gliesUichtcn njt Roomen tôt Ceulen overgebracht.
(') L'organisation des lignages messins a été longuement exposée dans un mémoire de M. Klipffel, de Metz (f7« épisode de l'histoire du régime municipal dans les villes romanes de l'Empire germanique, pp. 90 et suiv., qui a été publié dans les Mémoires couronnés et autres mémoires de l'Jcadémieroyale de lielgique (série in-S», t. XIX), e(, plus récemment, par M. Prosl, dons le volume portant pour titre : Lepatriciut dans la cité de Metz (Paris, 187.Ï, in-8»).
A Liège : les vinâves de Saint-Martin, de Neuvice, de Souverain-Pont , de Saint-Jebanstrée , de Saint-Servais , du Marche' et des Près;
A Bruxelles : les lignages des Serhuyghs-Kint, des Serroelofs, des Sweerts, des Van Coudenberg, des Van Rodenbeke, des Steenwegs et des SIeeuws;
A Louvain, les lignages des Uytten Liemingen, des Van den Calstere, des Van Redingen, des Van den Steene, des Verusalem, des Gillis et des Van Rode;
A Anvers ; les Volkaerts, les Wilmaerts, les Van Hoboken, les Van Rode, les Aleyns, les Van Impeghem, les Papen ou Spapen.
Par ce que l'on sait des lignages de Bruxelles, on peut faire remonter leur origine ou leur organisation probable au commencement du xiii^ siècle. C'est alors, en effet, que l'on trouve, parmi les échevins : en 1207, Henri, surnomme' Léo ou le Lion, d'oiî la famille des fils du Lion ou Sleeuivsjen 1223, Henri Hospes ou VHôte (en flamand De Weert) ; en 1257, Le'on Weert; en 1242, Guillaume Fils de l'Hôte (filiiis Hospitis) ; en 1244, 1245, Léon Fils de l'Hôte ou Sivcerts, etc. ('). Dans nos villes, comme à Venise, les patriciens proce'dèrent sans doute par des usurpations graduelles et successives. Ainsi, en 1255, le duc Henri I" attribua aux échevins et aux jurés de Bruxelles le droit de présenter à l'agréation du prince, tous les ans, la liste de leurs successeurs ; de là à se présenter eux-mêmes, à se perpétuer, ou, ce qui revient au même, à se substituer un parent, un ami, un autre soi-même, il n'y a qu'un pas à franchir, et l'oligarchie est fondée.
(I) f'oir Hekke et Wauters, Histoire de Bruxelles, t. I, p. 24, et t. II, pp. 309 et suiv.
Les constitutions municipales dans le pays situe' entre la Seine et le Rhin présentaient une varie'te' de types qui est curieuse à signaler et à pre'ciser. On y reconnaît e'videmraent des traces de l'influence des lois et des mœurs germaniques, mais il est e'galement certain que les souvenirs de l'antiquité', l'exemple de l'organisation eccle'siastique et des sentiments nouveaux d'inde'pendance ont tour à tour contribué à y apporter de grandes modifications, suivant les temps et les circonstances.
C'est ainsi, par exemple, que l'échevinage subsista en beaucoup d'endroits, mais en nombre variable, tantôt de sept membres, comme dans la plupart des villes du Brabant; tantôt double, c'està-dire de quatorze membres, par la raison, quelquefois, qu'il y avait dans la même ville deux échevinages juxtaposés, comme : à Saint-Trond, celui de l'église de Metz et celui de l'abbaye locale, et, à Tournai, où la partie de la ville à l'est de l'Escaut (dans le diocèse de Cambrai) ressortissait à un échevinage distinct, dit de Saint-Brice; tantôt de douze membres, comme à Furnes, à Aire, à Reims, etc.; tantôt de treize, comme à Ypres; tantôt de vingtquatre, comme à Cologne, à Arras, où, en 1194, ils étaient, pour une moitié administrateurs, pour l'autre moitié juges, et où le roi de France réduisit leur nombre à douze, en 12H ; à Metz, de vingt-cinq, en 1190, ou du moins de vingt-deux, plus le maîtreéchevin et ses deux « frères » ; et ainsi de suite, à l'infini. Souvent l'on trouve les échevins qualifiés de sénateurs : à Trêves, en 1104; à Tournai, en 1150; à Cologne, en 1155, etc. Ils se transforment, en effet, en magistrats populaires, non sans une teinte d'allures aristocratiques. Ils deviennent électifs dans bien des villes, notamment à Reims, où la commune leur donne ce carac-
tère, qui leur est enlevé par l'archevêque Henri, puis restitué par Guillaume, son successeur, en 1182. Mais, en général, Téchevin est un représentant des anciens usages : dans une charte sans date, mais émanée du prévôt Mascelin et qui doit appartenir au xjf siècle on voit encore apparaître un Ewjelardus qualifié de scavinus, comme on disait au vin* siècle ('). Les échevins de Liège et de Huy ne s'astreignent pas même à l'obligation d'appartenir à une seule de ces localités : ils sont à la fois échevins de l'une et de l'autre C^). Quand il se forme à côté d'eux un corps de jurés, ils ne conservent guère que la justice civile ou des affaires réelles (à Arques, à Poperinghe, etc.), ou quelquefois les affaires concernant la banlieue (à Soignies); ce sont les jurés qui ont pour mission expresse de décider les questions se rattachant à la keure et par conséquent les affaires criminelles, ou les questions intérieures, c'est-à-dire tout ce qui se passe intra muros, ce qui est relatif à la bourgeoisie. Les échevins ne sont donc pas les juges principaux et les jurés de simples conseillers, comme Warnkônig l'a cru à tort.
Le système d'administrer avec un corps nombreux de jvrés (des conjurati de Valenciennes, cités en 1174, etc.), d'hommes de la paix, c'est-à-dire de mandataires des communes, élus par leurs concitoyens et parmi eux, fut une conséquence naturelle des révolutions locales qui agitèrent notre pays et la France. C'est là qu'on trouve les premiers jurés : à Valenciennes, à Cambrai, à Tournai, à Soignies, etc., institution que l'on imita en Palestine (') et sous le nom de jurais à Bordeaux et dans la
(') Cartulaîre de l'abbaye de Saint-iMartin, de Tournai.
(^) FouLLON, Historia Leodiensis, t. I, p. 479.
(') Dans une charte de l'an 1151 environ on mentionne quatre jurés Oî^/aif?) de Jérusalem et un juré de Mahumeria (De Rosière, Cartulaire de l'église du Saint-Sépulcre, p. 246]. — Le même ouvrage (pp. 167 et 211) contient un acte
contrée avoisinanle. Les jure's apparaissent, avec des e'chevins: à Valenciennes (1114, 1161, 1196, 1258, etc.), où ils étaient probablement au nombre de trente ou de trente-deux, et où ils étaient choisis, tous les ans, parmi les jurés, par ceux ci, par les e'chevins et par le conseil de ville; à Cambrai (1141, 1146, 1185, etc.), où c'était parmi eux que l'on choisissait les e'chevins ; à Tournai, (1155, 1187, etc.), où en 1155 on cite onze voirjurés et où ils étaient au nombre de trente, parmi lesquels on prenait les deux prévôts; à Soignies (1142), au Quesnoy (1150 env.), à Mons (1 246), à Furnes (1 1 68), à Gand (1 1 85), à Bapaume (1196), à Saint-Omer (1200), à Aire (1200), à Lille (1251), à Ypres(1200), à Courtrai (1200), à Namur (1215), à Gosselies (1209), à Saint-Trond (1257), à Liège (1251), où on les cite à propos d'un accord conclu entre le chapitre de Saint-Lambert et les maire et échevins au sujet des degrés de Saint-Lambert, le 12 décembre; a Huy (1249), à Bruxelles (1254, 1264, 1270), où il y en avait treize, adjoints à sept échevins ; à Louvain (1252, 1267, 1282, 1505, 1506); à Tirlemont (1249, 1261), à Léau (1215), à Haelen (1206), à Anvers (mars 1252-1255), à Utrecht (1255, 1251), etc.; et seuls: à Binche (1246), àBeaumont (1246), à Boulogne (1165), à Bouvignes (1215), etc. A Cambrai, les jurés étaient au nombre de quatre-vingts, s'assemblant tous les jours à la maison de ville. Us étaient obligés d'entretenir un valet et d'avoir toujours un cheval sellé, afin d'être prêts à se rendre sans aucun retard partout où les appelaient les devoirs de leur charge (').
A Metz, tandis qu'une partie des échevins conservait ce nom,
du 4 août 1155, émanant du roi Foulques d'Anjou, où trois bourgeois d'Anlioche signent comme témoins, et une convention du même temps, relative à l'église du Saint-Sépulcre et dans laquelle interviennent sept bourgeois de Jérusalem. ('; Augustin Thierry, Lettres sur l'histoire de France, p. 175.
ancien et respecte', qui fut dans la suite changé en celui d'ccAetms du palais, une autre partie abandonna la qualification de jurés (1220, 1250) pour prendre celle de treize, d'après le nombre de personnes ou de membres dont elle se composait. C'étaient les treize qui jugeaient tous les différends des citoyens. Ils allaient en appel, au criminel, au premier échevin, qui décidait en dernier ressort. 11 y avait également des treize à Verdun.
En Normandie et en Gascogne, au lieu de jurés, on eut un type remarquable: cent magistrats, dont un maire, douze échevins, douze conseillers et soixante-quinze pairs, tandis que dans les contrées plus centrales on se contentait de quelques prud'hommes, souvent quatre, quelquefois dix. A l'est, le consulat reparut, non pas ce consulat romain, qui plaçait à la tête de la république deux chefs suprêmes et annuels; pas même ce consulat italien, qui consistait en un petit nombre d'administrateurs, souvent limité à six personnes, qualifiées tantôt de consulcs de communi ou consuls de la commune, véritables administrateurs, et de consules de placitis ou consuls des plaids, chargés des fonctions judiciaires. Le consulat gallo-germanique était composé d'un grand nombre de personnes, le plus souvent douze ou vingt-quatre. Les conjuratorcs fori ou consuls, de Fribourg, institués en H 20, étaient au nombre de vingt-quatre et furent évidemment calqués sur ceux de Cologne, qui portent tantôt la qualification de sénateurs (1149, 1159, 1171, 1178, etc.), tantôt celle d'échevins (1169, 1174, 1176, 1178, etc.) qui resta dominante. Mais à Strasbourg il n'y avait que douze consuls, pris parmi les ministériels et les citoyens; à Spire, l'administration était aussi composée de douze personnes; à Utrecht, à côté des échevins (1196, 1252, etc.) ; à Maestricht (1282); à Aix-la-Chapelle (1267), où en 1272 et 1273, on les appelle jurés ; à Lubeck (en 1213), etc., on trouvait encore des consuls.
L'institution du consulat se répandit aussi dans le midi de la France, surtout en Provence et dans le Languedoc, et s'y propagea rapidement. Il apparaît : à Marseille, à Arles, où il fut établi, ou plutôt accepté, par l'archevêque, en H31, après de longues luttes soutenues dans ce but par les citoyens ; à Montpellier, oii il fut supprimé en M 42 et où il reparut depuis ; à Nîmes, où il y avait en H 45 deux consulats, qui furent réunis en 1207; à Narbonne; à Toulouse, dont les vingt-quatre consuls portaient le nom de capitouls; à Perpignan, où le régime consulaire fut établi en H96; à Périgueux, etc. (').
L'autorité suprême, dans le sein de la commune, était parfois conOée à un ou deux dignitaires, qui étaient considérés comme les chefs du peuple, les maîtres de la cité. C'étaient eux qui présidaient les conseils et les assemblées de tout genre, c'étaient eux aussi qui commandaient les milices ou remplissaient les missions importantes. Ces ancêtres de nos bourgmestres actuels étaient toujours (ce ne fut que plus tard que l'on dérogea à cette règle) les élus de leurs concitoyens ou, tout au moins, les élus de leurs collègues. Des noms de toute espèce leur étaient donnés. J'ai déjà eu occasion de parler du maître des écfievins de Metz ; il y a eu ailleurs des maîtres des sénateurs ou simplement des maîtres, des prévôts, des maires, des préfets, des rewards, des avoués, etc.
A Strasbourg, il y avait parmi les consuls, un, deux ou quatre magistrats distingués par le nom de maître et, à Cologne, en 1 171 , Gérard Telonariits est qualiflé de maître des sénateurs. Frédéric II défendit d'élire des maîtres. Ces dignitaires, cependant, apparaissent de plus en plus sur les bords du Rhin : à Liège (1244, etc.) ; à Wesel, où le maître des citoyens jugeait les querelles, les contraventions en matière de mesures, etc. (1241) ; à Maestricht, où
(') Augustin Thierry, JUssai sur l'histoire du tiers-état, pp. 242 el suiv.
on les qualifle de maîtres de la commune (1249); à Louvain, où on leur donne le même nom (1234, 1257); à Aix-la-Chapelle (1267, 1272, 1275); à Cologne, etc. Il ne faut pas confondre avec cette fonction suprême celle des maîtres des citoyens par paroisses {miKjislri civium ipsius parrochiae in qua domus sita est..., 1177) ('), dont les fonctions consistaient surtout, paraît-il, à enregistrer les actes de transmission de biens, à Cologne.
Gramaye (-), dont les observations sont parfois d'une justesse étonnante, a remarque' que l'autorité' des pre'vôts locaux ne s'e'tait maintenue en Flandre qu'à Harlebeek. Et, en effet, le magistrat de celte ville resta composé d'un prévôt, d'un bourgmestre et de six échevins : le premier présidait dans les affaires criminelles, le second dans les affaires civiles. Le nom de jirévàt (praepositus, littéralement /jrepo.sé) fut emprunté à l'organisation ecclésiastique, les monastères et les grandes églises ayant à leur tête presque tous, à cette époque, un dignitaire appelé ainsi. Dans une foule de villes importantes il y eut des prévôts, notamment : à Cambrai (1185), où ils portèrent d'abord le nom de maires de la commune (1141), puis furent momentanément remplacés (vers 1146) par six prélats de la commune (praelati communionis) Q); à
(•) Preuves, p. 31.
(') El cum in tota ferè Plandria observamus imniutatarn setiatus faciem, abiogatos praepositos, imminutam authoritatem, oh démérita rebellionunt mit alias causas, sola Haerlebeca, fidei tenax et principi suo decotissima, etiam cum fortunarum suarum dispendio antiquum obtiiiet locum(Jniiquitales Flandriae, p. 70). — Un diplôme émané de la reine Adèle, femme de Canut, roi de Danemark, cite à Haerlebeek un Gannon, praepositus laicus {Jeta sanctoru7n, Juin 1. 1, p. 84). Oserait-on voir dans ce personnage un prévôt municipal?
(^) J'ai signalé ces faits curieux, d'après le magnifique Cartulaire de la cathédrale de Cambrai qui se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris, dans un rapport adressé, en 1874, à la Commission royale d'histoire (Bulletins, 4» série, t. II, p. 66).
Tournai (H55, etc.); à Courtrai , où on ne les mentionne qu'en 1324, dans une charte de réorganisation due au comte Louis de Cre'cy, mais où ils étaient sans doute plus anciens; à Ypres, où, en H 10, il est question d un praepositus villaeÇ)-, à Valenciennes (H39, 1174, 4196, 1238, etc.); à Amiens, où les deux prévôts (1121) (-) furent plus tard remplacés par un ou deux maires et reparurent ensuite, au nombre de quatre (f), mais subordonnés au maire.
Le nom de maire, qui s'applique d'ordinaire à l'officier du prince, le viUicus, le chef de l'ancienne villa seigneuriale, fut donné dans quelques villes au premier magistrat, mais alors on employait en latin le mot major, littéralement le plus grand, parce que le maire communal était le supérieur, le chef de ses collègues. C'est à Amiens qu'un maire est cité en 1152 environ, en 1135, en 1166, en 1167, vers 1170, en 1177; en 1159, en 1169, en 1170, il y en a deux (*). C'est de cette ville que la qualiGcation àe maire s'est étendue vers le nord, car il y en avait un à Douai, à Lille, à Bapaume, au Quesnoy (en 1229); il y en avait plusieurs, peut-être deux, à Saint-Omer (1200), à Saint-Quentin; deuxà Valenciennes, siégeant avec les deux prévôts (1196, 1258-1239, etc.); trois à Metz (1190, 1250, 1256, etc.), qui s'appelaient de Ultra Moselle, de Porta Moselle, de Viceto, et qui ne pouvaient être en même temps ni échevins ni treize.
{') Gkamaye, loc. cit., p. 174. — Dans le même acte figure un villicus urbis ou maire de la ville. C'est ce que l'on appela depuis Vavoué, comme je le dis plus loin.
(*) Prepositis in civitate Milone Uubcrti, Nicholao Emmelini.
(') De Burgensibus, Rogero majore, Girardo, Nicholao, Radulpho, Rogero prepositis.
(*) La source principale |)our l'Iiisloire d'Amiens est la publication colossale entreprise par Augustin Thierry et si malencontreusement abandonnée après la publication de quatre volumes, les Monuments de l'Iiisloire du tiers-état.