‹ Les libertés communalesChapitre 19 sur 24 · GH · texte numérisé non relu

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Le nom de reward ou ruward, contraction de rustbewacrder, c'est-à-dire gardien du repos, fut pre'fe're' à Lille, à Dixmude, à La Basse'e ('), à Be'tliune (-) et, dans les deux premières villes, on disait le reward de l'Amitié^ parce que la gilde s'y appelait ainsi. Audenarde avait e'galement son gardien de la commune (custos cummiiniœ) (^), appelé plus tard le bailli de la ville (poort bailliu), par opposition au bailli du comte ou prœtor comitis ("*). Enfin, Baillœul, Warneton (9> Ltaire (") avaient pour principal magistrat un avoué, à l'imitation d'Ypres, dont la constitution paraît avoir servi de modèle à la leur ('). Cet avoué, la coutume de Baillœul détermine nettement ses fonctions, qui sont bien celles d'un premier magistrat. > L'office d'avoué, dit-elle, c'est d'être le «' défenseur de tous les bourgeois et bourgeoises de ladite ville « et des habitans, d'avoir soin pour les mineurs, les orphelins et » la conservation de leurs moyens, de faire entretenir et observer <• les privilèges, les coutumes et statuts de ladite ville, de pro-

{') La Bassée avait pour m;igistrat un respector, sept échevins et cinq notables, choisis par le seigneur parmi les notables (Buzklin, Gallo Flandria, p. 320).

C^) Le 26 mars 1586, les échevins de Béthune déclarèrent que leur seigneur, Guillaume de Namur, avait supprimé l'oBice de reward de cette ville à la demande des habitants et sans que cette décision pût l'empêcher d'en ivommer un si cela lui plaisait (le comte de Saim-Gepïois, p. 967).

(^) Meyer, Annales Flandriae, ad annum 1202.

(*) Raepsaet, Œuvres, t. V, p. 587.

C) Dans un acte de l'an 1177, Robert de Béthune s'intitule avoué d'Arras et siimmus loci de JFarneston adcocatus. Faut-il en conclure qu'alors déjà existait l'avoué (inférieur ou municipal), qui formait, avec sept échevins, la magistrature locale (Gramaye, loc. cit., p. 199)?

C^) Outre son bailli, officier du seigneur, Étaire avait un avoué, sept échevins et sept jurés (Idem, p. 191).

(') Gheldorf (dans son édition de VHistoire de la Flandre, de War\k.oxig, t. V, p. 140), essaye de rejeter à une époque de beaucoup postérieure la création des avoués d'Ypres; son argumentation ne m'a pas convaincu.

" tëger le droit de la commune, même contre les officiers du «' comte, lorsqu'ils attenteraient contre ou hors de Tordre de la « justice, des placards et ordonnances et de ses coutumes. Il est « tenu de se trouver en toutes les assemble'es ordinaires et extrait ordinaires des e'chevins, dont il est l'homme semonceur, excepté «1 cependant pour les affaires de la vierschaere, et les arrêts dans « lesquels les e'chevins prennent connaissance à la somme des <' officiers du prince de la même ville, ainsi qu'il est dit cice devant ('). -•

La constitution municipale de Tournai connaissait déjà, en Tan 1498-1199, trente electores, qui s'appelèrent depuis conciiores (1309), esliseurs ou eswardeurs (1334). Ils faisaient partie du magistrat et étaient pris, en 1279 : six dans la paroisse de Notre-Dame, deux dans celle de Saint-Pierre, quatre dans celle de Saint-Jacques, six dans celle de Sainf-Piat, cinq dans celle de Saint-Quentin et sept dans celle de Saint-Brice. Étaient-ce des électeurs au second degré? Car, en 1211, une charte du roi Philippe-Auguste attribua le renouvellement de la loi , qui se faisait à la Sainte-Lucie (13 décembre), à trois cents électeurs chefs d'ostel, c'est-à-dire ayant pignon sur rue. Il ne paraît pas qu'il y eût dans notre pays, dès cette époque, de grands conseils comme il y en avait en Italie, sous le nom de Consiglio de crcdenza, et dans quelques cités du midi de la France, comme Toulouse. On se bornait sans doute à réunir la gilde ou hanse, les notables.

Toutefois, des corps distincts furent organisés pour diriger les services spéciaux. Ainsi, à Tournai, une délégation formée de quatre jurés désignés par leurs collègues et de quatre per-

(') Le GnAM), Coutume des ril/cet cluVellainie de Baillcul, rubrique 1", nos 1 1 et 12. Outre l'nvoué, il y avait sf'|>t «'clievius el (juatre conseillers pacificateurs (Grahiaye, Ioc. cil., P- 195).

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