CHAPITRE PREMIER
§ i. La Belgique à l'époque gauloise. Civilisation, villes, gouvernement, etc., des anciens Belges. — § 2. Conquête de leur pays par les Boniains; politi([ue adoptée par ceux-ci en Gaule; les cités de cette province et leur administration, monuments, routes, etc. — § 5. Décadence de l'Empire ; la Gaule, déjà atteinte dans sa l)rospérité, est ravagée, et en partie occupée par les peuples d'Outre-Rliin. Établissement des Francs en Belgique sous le nom de Saliens et, plus à l'est, sous la dénomination de Ripuaires. Anéantissement du pouvoir impérial en Occident.
La contrée qui s'étend entre le Rhin et la mer du Nord et dont la partie principale forme actuellement le royaume de Belgique, a joué un rôle important dans l'histoire de l'Europe. Aussi longtemps qu'il s'est opéré des migrations de peuples, elle a été l'une des routes par lesquelles les populations du Nord se sont avancées vers le Midi. Les Cimbres et les Teutons, les Tenchtres et les Usipètes, la ligue des Francs, les Saxons, les Normands, les Hongrois y ont tour à four pénétré ou porté la dévastation. Mais toutes ces tentatives, sauf celles des Francs, ont éhcoué, et les
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forteresses du Rhin, de même que les ports de la côte de la mer du Nord, sont toujours sortis de leurs ruines.
Cette ne'cessite' de repousser des attaques sans cesse renaissantes contribua à entretenir dans cette partie de l'Europe une vie plus intense, une activité' plus fe'conde. Telle e'tait déjà la situation lorsque s'ouvre la première page de notre histoire, celle qui est occupée par le récit des luttes de nos ancêtres contre César. Pendant que le conquérant romain s'efforçait de subjuguer la Gaule belgique, elle avait à se défendre, vers l'est, contre toute une série d'autres attaques non moins dangereuses. Les Trévires étaient presque constamment en lutte contre les Germains et surtout contre les Suèves; plus au nord les Ménapiens s'efforçaient de repousser les Tenchtres et les Usipètes, qui réussirent à passer le Rhin et à dévaster une partie de leur territoire.
La race qui occupait alors la partie septentrionale de la Gaule et lui laissa le nom de Belgique formait l'une des branches de cette grande race celtique par laquelle toute l'Europe occidentale fut occupée et peuplée. Les Gaulois proprement dits y dominèrent longtemps. Les Belges, venus plus tard de la Germanie, c'est-àdire d'au delà du Rhin, les expulsèrent ensuite de la majeure partie de la contrée qui sépare le Rhin de la Seine ; nous disons de la majeure partie, parce que tous les Gaulois ne furent pas exterminés ou chassés ; des tribus de cette race paraissent même avoir continué à subsister au milieu des peuples belges, mais réduites à la condition de tribus clientes ou tributaires (').
Une opinion qui tombe de plus en plus en discrédit a attribué aux Belges ou du moins aux Belges septentrionaux une origine
{') Voir mes Nouvelles éludes sur la géographie ancienne de la Belgique, p. 58, où j'aUribue à une cause de ceUe nature la dépendance dans laquelle quelques petites tribus se trouvaient ù l'égai-d des Nerviens.