SLR CETTE N0L\T:LLE EDITION
Quelques libres penseurs m'ont traité durement à l'occasion de ce livre. J'espère bien que je ne me vengerai pas.
Dans leur recueil intitulé, la Liberté de penser, les deux IN'avet disent que je suis un malhonnête homme. Je m'étais contenté décrire qu'ils sont des sots. Je m'y tiens, voulant garder envers ces philosophes la modération qu'ils oublient.
M. Pelletan, auteur de la Lampe éteinte, me fait une autre guerre. Il assure qu'au fond je ne pense aucun mal des libres penseurs. Je n'ai pris, dit-il, le fouet que pour les flatter. Si je réjxmdais à M. Pelletan, il croirait que je l'encense. J'aime mieux le remercier. L'auteur de la Lampe éteinte excelle à n'être pas clair ; rien de plus embrouillé que son jugement sur mon livre : c'est un écheveau de fil emmêlé dans le panier aux épluchures ; mais j'y ai trouvé deux ou trois bonnes observations dont j'ai profité. En outre, M. Pelletan déclare que j'ai de l'esprit à ma manière et à mes heures. Il ne me vaincra pas en générosité. Si je le prends jamais dans c^s manières et dans ces heures-là, je veux le crier sur les toits. J'attends le Dernier Huguenot , futur ou-
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vrage de M. Pelletan qui surpassera l'éclat de la Lampe éteinte.
Le Semeur, journal évangélique, m'a trouvé trop long, mais il m'a lu ; ce qui me console et me désarme.
Toutes les. critiques venues du camp de libres penseurs roulent sur ces divers points : Mon livre est amer, violent, il a cinq cents pages; et enfin, l'argument majeur : Ce n'est pas une œuvre chrétienne !
Une œuvre chrétienne, qu'est-ce, au gré de ces messieurs ? Comment un chrétien doit-il écrire pour leur plaire ? Les deux Navet pourraient-ils me nommer le livre et l'auteur chrétiens qu'ils estiment ? Ils n'acceptent pas même VI mi talion et l'Évangile. Je crois pourtant qu'ils aimeraient bien un auteur catholique qui ne s'occuperait ni d'histoire, ni de littérature, ni de philosophie, ni de morale, ni des Navets ; qui admirerait les Navets et qui les craindrait; qui laisserait les Navets tout gâter, tout ravager ; qui ne leur dirait jamais : — Navets î vous êtes des ignorants et des falsificateurs; la plupart d'entre vous n'ont pas même un peu d'esprit , ne savent pas même écrire !
Mes amis aussi m'ont critiqué. Malheureusement, je n'ai pas eu la joie de les trouver d'accord. Les uns me disaient : Effacez ; les autres : Conservez ; et ils mettaient le doigt sur le même passage. Tel mot choquait les uns comme trop libre, qui ne rendait à l'oreille des autres que le son juste d'une pensée hon-