‹ Les libres prêcheurs devanciers de Luther et de RabelaisChapitre 7 sur 24 · DES PRINCES DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DES PRINCES DE L'ÉGLISE

ludis chartarum et deciorum, aut quieti corporali, seu aliàs {jouant aux cartes^ aux dés, ou se reposant, etc.). Mais quand Us entendent tes gros.xs cloches mises en brante pour de riches décès , grossas campanas pulsari pro hujusmodi obitibus, tune intelligant distributiones magnas dandas ; propter quod illico et illicite in propria currunt... sunt similes noctuse sive vespertilioni ; nam dicta avis non ingreditur ecclesiam , nisi gratiâ oleum hauriendi de lampade ; ils sont semblables aux chouettes ou aux chauves-souris qui n'entrent dans l'Église que pour s'engraisser de l'huile des lampes. »

Olivier Maillard, qui, lui aussi, revient souvent sur le relâchement des mœurs du haut clergé , et s'exprime même quelquefois à ce sujet en termes intraduisibles en français de bon goût, s'emporte ( dominica III Quadrag.) jusqu'à leur adresser cette formidable accusation : « Die mihi sacerdos quo modo labiis et manibus audestangere Filium Virginis , quibus paulô antè attrectasti carnem meretricium ? »

Une dernière sortie de Menot, qui résume l'opinion de la plupart de ses confrères sur la facilité du clergé supérieur à lancer des excommunications à la tête des pauvres gens , achèvera d'esquisser la mâle physionomie de ces tribuns

SO LES rJOl.NES FilOiNL'EUaS, ETC.

chrétiens. La voilà dans son texte original : « Vadatis adparochias quandô sefaiclleprosne; vos audietis projicere exeommunicationes pour ung fagot, pour une paire d espérons. Ego laudarem multùm si projicerent pru malefactoribus et blasphematoribus qui blasphèment et despitent le nom de Dieu, pro usurariis, pro decep toribus filiarum , et projicere in aère et cadat super quem cadere pote rit; sed pro temporalibus est horror!... Qui pro decem solidis dant alios dyabolo, dentur sic dyabolo ! {que ceux qui donnent au diable les autres pour dix sous, aillent eux-mêmes au diable ! ) Ipsi sunt qui debereut reducere misericorditer peccatores ad Deum , ipsi sunt crudeliores et principaliores in ma-

litiâ ! »

Il y a, dans ce dithyrambe spontanément improvisé , un élan de justice , un sentiment d'amour du prochain et une verve de charité qui rachètent bien du mauvais latin et font un solide contre-poids aux licences et aux bizarreries qui ont été si souvent reprochées à ces énergiques soldats de la pensée chrétienne.

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