W., XXIII, 10, 12; XXIV
(10) Tite-Live, XXXIX, 33.
(11) Polybe, XXXIII, 15, 4.
puissances rivales (1). Ce droit était tellement reconnu, que, dans une circonstance fort embarrassante pour la ligue , le stratège , ne pouvant décider les Achéens à donner leur avis , proposa de considérer les discours des ambassadeurs comme des projets de décrets, et de voter sans discussion, en adoptant Topinion de Tun d'eux.
Si rassemblée votait l'envoi des ambassades, et, après l'adoption du décret, procédait à la nomination des ambassadeurs ^ il semble aussi qu'elle choisissait souvent le chef de la légation : aussi Polybe, envoyé vers le consul Q. Marcius, à l'époque de la guerre entre Rome et Persée, est chargé de renvoyer les ambassadeurs qui l'accompagnent, s'il le juge nécessaire (2).
Le soin tout particulier qui présidait au choix des ambassadeurs achéens nous ferait croire que le congrès s'en remettait souvent à l'initiative des magistrats, dans les affaires diplomatiques, et s'inspirait de leurs conseils (3).
Le titre officiel des ambassadeurs achéens nous est donné par Polybe. A 1 ehtrevue de Nicaea(!98), ils sont désignés comme « Envoyés du peuple des Achéens (4). »
Ces ambassadeurs devaient à l'assemblée un compte rigoureux de leurs actes. Ainsi , Polybe nous raconte comment Aristœnos accusa, dans un congrès, Philopœmen d'avoir négocié à la légère, avec Ptolémée Epiphane , le renouvellement d'un traité d'amitié (187). Les envoyés achéens avaient simplement prêté serment et reçu du roi d'Egypte la même garantie , sans arrêter exactement les termes du traité. Aristœnos, énumérant toutes les conventions conclues antérieurement avec les Ptolémées, prouva qu'on ne s'était engagé que vaguement (5). Et l'assemblée annula les négociations.
La direction générale et l'emploi de toutes les forces militaires de la ligue étaient réglés par décrets du xoivov. Nous aurons plus d'une occasion de constater que, même à cet égard, le stratège n'était que l'exécuteur des volontés du congrès. Les décrets fédéraux contenaient quelquefois , non seulement Tordre donné au stratège, d'une manière générale, d'organiser l'armée, mais des instructions plus précises. Ainsi, en 217, il lui est enjoint,
(1) Tite-Live, XXXII, 20.
(2) Polybe. XXVIII . 10. 4.