W., IX, 38, 5 ; X
début des hostilités : les secours des Eléens sont seuls assurés à la Ligue ; les Messéniens et les Lacédcraoniens ne se prononceront que plus tard en sa faveur (1).
Dès 210, Echinos, sur le golfe Maliaque , tombait au pouvoir de Philippe, qui avait traversé la Thessalio , soulevant partout le peuple contre la domination étolienne (2). Les forces réunies de Dorimachos et de Sulpicius Galba ne peuvent sauver la place. En 208 , Tarmée étolienne est complètement battue et forcée de se renfermer dans Lamia (3) ; en 207, Opnnte était aux mains du roi (4) qui chassait les Romains de Chalcis (5) ; les Locrides Epizéphyrienne et Opuntienne, la Malide, la Béotie, la Phocide, une partie de la Locrido Ozolienne se soumettaient ou recevaient même des garnisons; Tile d'Eubée se joignait aussi àTunion macédonienne (6). Philippe surveillait le littoral du golfe de Corinthe, inquiétant les Etoliens par des descentes soudaines (7) ; il portait ses armes jusqu'en Elido pour en expulser les garnisons ennemies (8). Machanidas, allié des Etoliens, était tenu on échec par les Achéens sur la frontière d'Argolide (9).
Quelques expéditions de pillage dirigées contre TAcarnanie et la Béotie en 208 ne semblent pas avoir changé la fortune de cette guerre (10). En 205, il faut bien que la ligue étolienne accepte la paix que lui impose le roi de Macédoine ; les Romains sont trop occupés en Italie et en Espagne pour suivre encore les affaires de Grèce. Leurs alliés sont sacrifiés (11).
Polybe ne rapporte pas formellement les conditions de cette paix : mais il est clair qu'elle fut faite aux dépens de la ligue. Nous en avons la preuve dans ce fait, que Philippe négocie cette paix pour les Béotiens, les Ëpirotes, les Acarnaniens, les Thessa-
(1) Au moment de la paix avec Philippe, les Etoliens traitent pour les Messéniens avec la ligue acbéenne ; ils exigent que Pylos leur soit restitué. Tite- Uve, XXVll, 30, 13.
(2) Tite-Live, XXVI, 25, 5 ; Polybe, IX, 41 et 42.
(3) /d., XXVII, 30, 3.
(4) Cette ville était comprise dans les possessions de Philippe . puisque Âttale . allié des Etoliens, l'occupe et la pille pendant quelques jours. Tite-Live, XXVIII, 7, 4, 8.
(5) Titi^Live, XXVIII, 8, 3.
(6) M., XXVIIl, 7, 13; 5, 13; 7, 14; 7, 12; 7, 3. Polybe, X, 42, 2, 7.
(7) Id., XXVIIl, 8, 7, 8, 9.
(8) Id., XXVll. 31, 9.
(9) Polybe, X, 41, l et 2.
(10) Tite-Live, XXVIIl, 5, 5.
(11) W., XXIX, 12, l.
40 LES LIGUES ÉTOLIBNiNE ET ACHÉENNE.
liens, les Phocidiens et les Locriens, constitués à part et passant de Falliance fédérale au protectorat macédonien (1). Le territoire étolien semble réduit à l'Etolie proprement dite, à l'Etolie Epictétos, à la Dolopie et à TAraphilochie ; il faut y ajouter l'île do Céphallénie et peut-être quelques régions de la Locride Ozolienne et du territoire d'Ambracie.
La paix même n'arrêta pas les coups de Philippe qui , profitant des embarras de Rome , reformait à son bénéfice Fempire maritime des Ptolémées. En 204 , les Etoliens perdent Lysimachia et Céos, qui deviennent, sur l'Hellespont et dans la mer Egée, des postes macédoniens ; on peut supposer que Téos leur échappa vers la même époque (2).
La seconde guerre de Macédoine (200), pendant laquelle ils furent pour Rome de si utiles alliés, ne leur rapportera point d'accroissement véritable. A l'entrevue de Nicaea, en 199, Philippe leur offre Pharsale et Larissa en échange de leur neutralité (3) ; sur leur refus, il envahit la Dolopie et met le siège devant Thaumakos, sur la frontière d'Achaïe Phthiotide (4). La position était difficile, car le roi de Macédoine avait aussi des armées en Locride et en Phocide ; le territoire étolien était menacé au Nord et à TEst. Fort heureusement , Titus Quinctius, chargé du commandement de Tarmée romaine, somme, avant toute opération, Philippe d'évacuer sur-le-champ ces deux provinces (5). Les Etoliens enhardis entreprennent alors au Sud une nouvelle conquête de la Thessalie, pendant que leurs alliés envahissent la Thessalie du Nord (6). Leur campagne de 198 n'aboutit qu'à la prise de quelques petites places très voisines de la Dolopie. Mais en 197 la victoire de Cynoscéphales , à laquelle ils contribuent par d'heureuses manœuvres de cavalerie , affaiblit pour quelque temps leur ennemi.
Toutefois , Rome prétend tirer seule parti de cet avantage ; Titus Quinctius prend tout à coup dans les négociations le rôle d'arbitre entre les Etoliens et Philippe (7). Dès Tentrevue de Tempe, qui suit de près la victoire, le roi de Macédoine consent
(t) Tite-Live, XXIX, 12, 14.
(2) Polybe, XV, 23, 8 ; XVII, 2, 6.