‹ Les ligues étolienne et achéenneChapitre 15 sur 50 · M., XXVIII · texte numérisé non relu

M., XXVIII

(6) M., XXVIir, 3, 7.

(le s'abstenir encore d'une démarche de ce genre, au grand étonnement des Achéens eux-mêmes.

Le parti modéré était sauvé ; il avait su ménager par une poli- .tique avisée, des alliés qui cherchaient seulement une occasion de se présenter en maîtres. Mais des hommes d'Etat tels que Lycortas , Archon et Polybe, savaient bien que Rome ne se rebuterait point et chercherait d'autres occasions de les poursuivre. Aussi , après le départ des ambassadeurs , les chefs du parti tinrent conseil, et, en se préparant à gagner les suffrages des Achéens , délibérèrent sur la conduite qu'il convenait de suivre à l'égard des Romains. I.ycortas conseillait d'observer une stricte neutralité : ApoUonidès de Sicyone et Stratios de Tritœa voulaient qu'en s'abstenant de lutter contre Rome on attaquât vivement à l'intérieur ceux de leurs concitoyens qui recherchaient la faveur de Rome par esprit de parti. Archon et IPolybe se prononçaient moins nettement et comprenaient qu'en suivant une ligne de conduite tracée d'avance, on s'exposait plus directement ; aussi ils recommandaient d'agir selon les circonstances , et d'éviter surtout de donner aucune prise aux accusations.

Leur avis rallia les suffrages des chefs du parti , qui proposèrent aux Achéens d'élire Archon stratège et Polybe hipparque; à l'assemblée de printemps, les candidats du parti modéré furent tous deux élus (1). Archon fit décréter sans retard l'envoi de toute l'armée achéenne au consul Q. Marcius, en Thessalie. En même temps , Polybe conduirait une ambassade et resterait auprès du général romain en qualité de commmissaire de la ligue , si le secours des Achéens était accepté. Marcius rendit inutile toute la prévoyance d'Archon ; il chargea Polybe de faire repousser par l'assemblée fédérale les demandes de secours d'Appius Glaudius , battu en Illyrie , comme contraires à un précédent sé- •natus-consulte. Le congrès de Sicyone dut obéir; mais Polybe devina qu'une arme terrible venait d'être mise aux mains de son ennemi Gallicratès, et qu'on aurait désormais un prétexte pour accuser les membres dn parti modéré (2).

Pourtant , les ennemis de ce parti ne triomphèrent pas immédiatement. Lors du débat que souleva à l'assemblée de la ligue la demande de secours adressée par Ptolémée Evergète et son frère Philométor, les partis « modéré « et « romain » se livrèrent une bataille indécise. Ces deux jeunes princes, menacés par le roi de

(1) Polybe, XXVIII, 6, 9.

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