‹ Les ligues étolienne et achéenneChapitre 2 sur 50 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'étolie a l'époque de l'indépendance grecque, l'hégémonie athénienne et thébaine.

On ne sait pas exactement à quelle époque les peuples étolieiis se constituèrent en ligue : ils composaient déjà, lors de la guerre du Péloponnèse, un corps de nation considérable et uni, si l'on en juge par la résistance qu'ils opposèrent à l'invasion (1).

Le général athénien Démosthène échoua complètement dans son expédition de' 426 en Etoile ; il ne put empêcher l'armée étolienne de saisir Molycria et sauva à grand'peine Naupacte(2). L'occupation de Molycria donnait aux Etoliens une issue sur le golfe de Gorinthe, au point où il est le plus étroit. On verra, par la suite , comment ils surent profiter de cet excellent poste pour faire de fructueuses incursions dans le Péloponnèse : le secours d'un contingent Spartiate avait contribué à leur succès.

Quand l'hégémonie de la Grèce passe d'Athènes à Sparte , les Etoliens, bien faibles en comparaison des autres Etats grecs, sont sauvés par la même alliance. Xénophon (3) nous apprend qu'ils étaient accablés par les Acarnaniens, au moment où Agésilas les

(1) Thucydide, III, 94 : « [xéya v.ixl iJ.axtiJi.ov I0voç. »

(2) Diodore, XII, 60, I.

(3) Xénoph., Hellén., IV, 6, l : « 'ÀYYiaîXao: ÈTtixoufri'jiov AîtwXoîç uttô

'Axapvàvwv ■Kolé\t.oi uie^oixévotç. »

délivra en battant leurs ennemis dont il avait envahi le territoire. II est impossible de dii-e si cette intervention valut aux Etoliens un accroissement à l'Ouest; en tout cas, nous les retrouvons, en 391, dans une position assez critique. Naupacte, d'où la flotte athénienne les surveillait pendant la guerre du Péloponnèse, est maintenant au pouvoir des Achéens, qui ont également enlevé Galydon en pleine Etolie , et mis garnison dans cette place (1).

Mais la prépondérance de Sparte était déjà menacée ; Iphicrate soutenait avec succès la lutte dans le Péloponnèse. Après seize années (387-371) d'une domination douteuse due à l'alliance du grand roi, les Lacédômoniens, battus à Leuctres, cédaient la place aux Thébains. Les Etoliens ne manquèrent pas l'occasion et se joignirent, en compagnie des Locriens et des Phocidiens, à l'alliance thébaine (2) ; ils furent récompensés en 367 par Epaminondas, qui « délivra Dymé, Naupacte et Galydon de leurs garnisons achéennes (3). » Je ne vois pas de raison pour contester le témoignage de Diodore touchant ce fait. M. Freeman s'étonne que Dymé, ville achéenne , soit délivrée d'une garnison acliéenne ; mais il oublie qu'à cette époque l'Achaïe était divisée et gouvernée par des oligarchies locales qu'Epaminondas eut soin de laisser vivre pour conserver le Péloponnèse dans un état de morcellement (4). En outre, nous constaterons, à d'autres époques, que Dymé eut longtemjjs des relations étroites d'amitié et d'alliance avec l'Etolie.

Malgré ces acquisitions, l'Etolie, établie désormais sur le golfe de Corinthe, comptait pour peu de chose en face do l'Etat béotien, maître dans la Grèce centrale et septentrionale. Tout développement naturel était arrêté à l'Est pai' ses puissants protecteurs , à l'Ouest par ses vieux ennemis, les Acarnaniens. Des acquisitions faites sur la côte péloponnésienne ne pouvaient être profitables que pour une puissance maritime maîtresse du golfe ; or ce n'était point le cas de l'Etolie, qui possédait, — encore était-ce depuis peu de temps, — Molycria et Naupacte, et dont le littoral, depuis

(l) Xcnoph., Hellén., IV, 6, 1, et IV. 6, 14. (î) Diodore, X.V, 57, 1.

(3) Ibid.. XV, 76 : « Aû|J.Yiv xaî Naûitavcrov xai KaXu8wva spoupou[xévy)v ÛTt' 'A^aiiôv ri),£uO£pw(î'ev. »

(4) (Xrnophon, Hellén., VII, l, 42), sauf l'union arcailienne, qu'il favorisa pour tenir Sparte en échec. D'ailleurs, les Thébains furent loin d'approuver sans réserve la conduite de leur général ; et, particulièrement en Achaïe, ils le désavouèrent.

l'Antirihion jusqu'cà la froiilicre acarnanieiine , ii'ofFrait aucune commodité naturelle , aucun encouragemejit à la navigation. Si l'Etolie était a[)pGlée à s'étendre, ce ne pouvait être que du côté de l'Acarnanie et dans la Grèce centrale.

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