AVANT-PROPOS
Ce petit livre* n'est que le développement d'une Conférence, faite à Marseille le 13 avril 1901, à une Assemblée régionale do médecins catholiques et publiée par la Revue Thomiste en juillet.
Je l'ai complétée et en ai surtout accru la documentation.
On m'objectera peut-être à ce sujet le très grand nombre de mes citations. Je reconnais que cela alourdit l'exposition; mais cela lui donne plus de valeur.
N'étant pas un professionnel de philosophie, j'ai cru nécessaire d'étayer mon exposé sur les opinions nettement émises (dans les deux sens) par les hommes dont la compétence est reconnue partout.
D'ailleurs il me semble que malgré ces citations on peut suivre le développement de la thèse que je poursuis et qui est restée textuellement la même que dans ma Conférence de Marseille.
J'essaie de démontrer que la Biologie n'est pas la
1. Ce texte est le même que celui des trois premières éditions. J'ai seulement ajouté quelques notes et une table alphabétique des auteurs cités. On trouvera, à la fin du volume, comme Appendice, la préface de la deuxième édition.
science universelle et unique^ que la conception et le point de vue biologiques ne sont pas les seuls modes de penser et de savoir, que la Biologie a des limites la séparant des autres sciences et des autres modes de connaissance.
En un mot, j'ai essayé de combattre le monisme biologique, incarnation séduisante du monisme positiviste.
On ne trouvera donc ici que de vieilles idées sur de vieilles questions.
J'ai entendu, l'hiver dernier,- un de nos plus éminents critiques développer cette thèse curieuse qu'il est ridicule de vouloir être de son temps, soutenant que ce qui vit le plus dans le présent, c'est le passé.
Ce n'est là qu'un élégant paradoxe.
Mais il y a quelque chose de vrai à en retenir : c'est que, tout en étant de son temps, il ne faut ni oublier ni renier le passé.
C'est dans les vieux cadres travaillés et sculptés par toutes les générations passées qu'on doit placer les faits nouveaux découverts par la génération actuelle.
Il ne faut pas que nous oubliions jamais la pyramide des siècles écoulés, au somrr.et de laquelle nous sommes hissés et du haut de laquelle nous voyons ainsi mieux et plus loin que nos devanciers.
Bien des gens prétendent que les idées se démodent et changent comme les chapeaux ou les toilettes de femmes.
AVANT-PROPOS XXIIl
Ce n'est pas vrai des grandes idées qui sont a la base de nos connaissances.
Il est parfois bon de le rappeler.
Comme les citations sont nombreuses et les mêmes auteurs plusieurs fois répétés, j'ai cru préférable de réunir, à la fin, dans un Index unique, toutes les indications bibliographiques.
Je les ai toujours données très précises et, toutes les fois que je citais de seconde main, j'ai indiqué l'intermédiaire.
Quand j'ai cité plusieurs publications du même auteur, elles sont distinguées par des lettres A, B....
De cette manière, on ne trouvera, au bas des pages ou dans le texte, que le nom de l'auteur, une lettre (s'il y a lieu) et la page.