Voir note B à la lin du volume, p
nous, raffirmation continue de notre liberté et de notre responsabilité.
Tous les observateurs, les évolutionnistes comme les autres, établissent bien < une distinction très nette entre les actes qui sont accompagnés du sentiment intime de la liberté et de la responsabilité, et ceux qui ne le sont pas » (Halleux, 144).
Il y a donc des actes humains qui révèlent un élément particulier, spécial à l'homme : c'est ce que nous appelons la liberté ou libre arbitre et la responsabilité morale.
Renouvier a très bien exposé cette constatation, qui est un fait (A, 437).
La démonstration de la réalité du libre arbitre reste soit l'affirmation directe de l'expérience interne soit (comme disent les nérocriticistes) un acte de croyance rationnelle, basé sur l'analyse psychologique de l'acte de délibérer.
Ce point particulier n'importe pas à notre thèse. Il suffit de retenir le fait de l'existence de la liberté et de la responsabilité morale chez l'homme, et chez l'homme seul.
Cette notion de la liberté et de la responsabilité s'impose à l'esprit de tous (Voir Bergson, 168).
Jules Lemaître vient récemment de faire remarquer que le positivisme de Berthelot respecte les réalités morales et les reconnaît irréductibles.
6. D'ailleurs, il est important de le bien remarquer, la liberté de l'homme n'est pas la liberté absolue ou liberté d'indifférence et l'acte libre n'est pas l'acte sans causes ^ comme le prétendent Schopenhauer et
1. Voir sur ce point : Ernest Naville, v, viii, 29, 30, 34, 202, et aussi la conférence d'Armand Gautier que Le Dantec (A, 21) a essayé de réfuter, à mon sens sans y réussir.
déjà Helvetius, pour lequel un traité philosophique de la liberté morale serait « un traité des effets sans causes » (Naville, 216).
En réalité, un acte est toujours une résultante de divers facteurs* (mobiles, motifs... 2); seulement, il s'agit de savoir si, parmi ces facteurs, intervient la volonté, intelligente, sensible, éclairée, mais libre, du sujet.
Or, comme dit Fouillée, a si quelque chose agit dans ce monde, nous aussi nous agissons; si quelque chose, après avoir été conditionné, conditionne, nous aussi nous conditionnons » (C, I, xxiv).
On peut donc dire, avec Duprat (qui a cependant une manière de voir bien différente de la nôtre) : « ... ces tendances, ces représentations enchaînées en raisonnements, qui sont les mobiles et les motifs de nos actions, tout cela c'est nous, c'est notre moi, se déterminant progressivement lui-même... l'idée de liberté doit donc se concilier avec l'idée de déterminisme'; mais alors elle peut être celle d'une détermination par soi-même, opposée à celle d'une détermination par le dehors, d'une causalité intime opposée à la causalité extérieure. L'idée d'un homme libre est celle d'un agent qui est véritablement agent au lieu d'être simplement un intermédiaire pour la transmission de mouvements * » (100 et 96).
Cette notion suffît pour que le déterminisme moral
1. Voir, sur les diverses raisons de l'acte : Fouillée, B, 254.
2. L'action de la liberté « ne consiste pas à vouloir sans motifs, mais à choisir entre les motifs sans être absolument déterminé dans le choix par les antécédents internes ou externes des individus • (Secrétan, 148).