Voir aussi Bergson
4. « Le dynamisme... conçoit donc sans peine une force libre d'un côté et de l'autre une matière gouvernée par les lois • (Bergson, 107).
ne soit plus le même que le déterminisme biologique, pour qu'il ne soit plus du déterminisme, au sens scientifique et positif du mot, puisque dans ce dernier cas le sujet n'est pas facteur, n'intervient pas personnellement; il subit la loi, il est le théâtre de son exécution.
On ne peut pas dire par suite que dans l'acte libre il y ait création * de mouvement, dérogation aux lois biologiques ou physicochimiques.
Pas le moins du monde.
Le sujet libre n'est libre que de vouloir. Quand ensuite il agit, il doit se conformer aux lois biologiques et aux lois physicochimiques : sinon, sa volonté libre reste théorique et inactive dans la pratique.
Quoi qu'en dise Le Dantec (B, 16) il n'y a notamment là rien de contraire « au principe physique de l'inertie » ni à la loi de la conservation de la force.
Notre distingué collègue à l'Université de Montpellier, Milhaud, a très bien mis la chose en lumière (A, 200).
« Qui n'a lu ou entendu, dit-il, cette assertion que la conservation de la force, pour employer une expression courante, condamne, au nom de la rigueur mathématique, la liberté psychologique? » C'est là une € illusion D.
€ Si l'on veut bien admettre que je puisse rester libre, quoique je sois incapable de soulever un poids trop lourd ou de voir jaune une couleur noire; quoique je doive me borner, sous peine de tomber quand je me tiens sur un seul pied par exemple, aux mouvements qui n'entraîneront pas la projection de mon centre de gravité au delà du contour de mon pied, etc.,
1. Voir sur cette objection de la « création ex nihilo &". per nihilum ' dans l'acte libre : Fouillée, B, 258.
pourquoi déclarer la liberté incompatible avec telles lois physiques que l'on voudra? Aucune démonstration n'existe et ne saurait exister défendant d'imaginer une vie psychologique libre en face des nécessités cinétiques de la matière* » (118).
Donc, comme dit Fouillée, « l'idée n'intervient jamais physiquement, de manière à faire brèche au mécanisme universel » (C, xi).
Si donc la morale est en dehors de la Biologie, elle ne lui est pas contradictoire.
Le biologiste peut donc ignorer la morale, mais il n'a aucun droit à en nier l'existence.
Donc, et pour résumer ce paragraphe, le libre arbitre existe chez l'homme, il est parfaitement conciliable avec le déterminisme des animaux et de l'homme animal. Mais il est incompatible avec la morale purement biologique -.
On peut conclure avec Fouillée que « la question morale est insoluble pour la science positive » ^
7. Dès lors, les esprits positifs et scientifiques doivent simplement raisonner de la manière suivante.
L'expérience nous montre l'existence en nous et chez nos semblables des idées de bien, d'obligation et de libre arbitre. La Biologie est impuissante à étudier ces idées, parce qu'elle n'étudie que les lois communes à tous les êtres vivants et qu'elle ne découvre rien de semblable à la morale chez les animaux et les plantes.
La Biologie n'est ni morale ni immorale; elle est amorale *.