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LA PSYCHOLOGIE

1. On a. fait de grands efforts dans ces derniers temps pour supprimer l'individualité de la psychologie et la noyer dans la physiologie, et par suite dans la Biologie.

C'est avec les appareils enregistreurs, dans les laboratoires de physiologie et à la Salpêtriôre ou dans les asiles, que l'on étudie aujourd'hui la psychologie.

Alfred Giard (Le Dantec, A, 6) proclame « que la Biologie et la psychologie sont destinées à se fondre prochainement»; et, pour Haeckel (23), « la psychologie scientifique est une partie de la physiologie, la théorie des fonctions ou de l'activité vitale des organismes >.

Sergi (11) déclare avoir démontré, dans son ouvrage sur l'origine des phénomènes psychiques et leur signification biologique, « que les phénomènes psychologiques sont des phénomènes vitaux, comme ceux de nutrition et de reproduction, et que leur fonction n'est autre chose que la protection de l'individu et de la descendance ».

bO LES LIMITES DE LA BIOLOGIE

2. Il est certain que, les diverses parties de notre humanité étant étroitement unies et solidaires dans la vie, il y a des chapitres frontières que le psychologue ne peut étudier qu'en connaissant la physiologie, notamment du système nerveux.

J'ai demandé*, et je crois fort désirable, qu'il y ait, dans les facultés des lettres, un enseignement de tout ce qu'un philosophe doit savoir de la physiologie et de la pathologie du système nerveux et, dans les facultés de médecine, un enseignement de tout ce qu'un médecin doit savoir en philosophie.

On réaliserait ainsi la pénétration souhaitée des diverses facultés de la même Université et on éviterait certainement beaucoup d'erreurs d'appréciation et des conclusions trop hâtives.

En tout cas, il existe une science de ces zones neutres entre la physiologie et la psychologie : c'est la psjyc/iophysiologie, science récente, qui a déjà produit de beaux travaux et provoqué d'utiles recherches, et qui est loin d'avoir dit son dernier mot.

Cette science, qui est, elle, une partie de la Biologie, existe; il faut qu'on la connaisse, qu'on la creuse, qu'on la développe. Et ce que je dis n'est certes pas pour décourager les pionniers de cette science, tout au contraire.

Mais la psychophysiologie, même largement comprise, même avec les progrès les plus étendus que l'avenir lui fera réaliser, ne peut pas remplacer la psychologie 2, pas plus d'ailleurs qu'elle ne peut remplacer la physiologie tout entière.

Pour Fechner ^, qui en est le fondateur, la psycho-

1. Le vertige, Étude physiologique de la fonction d'orientation et d'équilibre. Revue philos., 1901, 225.

2. Dans tout ce chapitre je m'elTorce de démontrer cette proposition, quL est posée ici simplement à titre de thèse à établir.

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