On trouvera la bibliographie de Fechner in Foucault
physiologie est « une science exacte des rapports de l'âme et du corps, ces rapports étant envisagés au point de vue phénoméniste » ; elle étudie les rapports des phénomènes psychologiques soit avec les phénomènes physiologiques soit avec les phénomènes physiques.
En fait, la mesure des phénomènes psychologiques étant le problème premier devient l'objet capital de la psychophysiologie ' pour Fechner, qui étudie surtout la mesure des sensations et de la sensibilité ^ (Weber, Vierordt, Fechner). Puis on étudie la durée des actes psychiques (Helmholtz, Wundt) et la psychophysique a en somme « pour objet l'analyse quantitative des perceptions », sa méthode générale consistant i à étudier les phénomènes psychologiques à travers les phénomènes physiques et en particulier à atteindre et à exprimer les quantités psychologiques par le moyen des quantités physiques ».
On voit l'importance de cette science.
Rien de plus légitime que sa constitution sur le terrain suivant : Étude de Vêlement physiologique dans les phénomènes psychologiques.
Mais elle sort de son domaine et exagère sa portée, quand, oubliant qu'elle n'est au fond qu'un chapitre de physiologie, elle veut envahir, conquérir entièrement et remplacer absolument la psychologie ellemême.
La psychologie est et reste une science à part, qui a ses modes et procédés d'étude et son objet, spéciaux et distincts de ceux de la Biologie.
1. Voir, pour tout ce paragraphe, les premières pages de Foucault.
2. Nous discuterons plus loin la loi logarithmique qui résuma les recherches de Fechner.
3. Son mode spécial de connaissance est ce que l'on appelait autrefois la conscience : c'est l'observation intérieure, l'auto-observation.
N'est-il pas curieux de voir la facilité avec laquelle tous les savants font un acte de foi dans la véracité de leurs sens, c'est-à-dire de leurs organes d'expérience extérieure, et la difficulté avec laquelle ils admettent la légitimité de l'expérience intérieure.
L'expérience intérieure existe parfaitement. Elle s'impose à notre esprit avec la même force que l'expérience extérieure.
Il est même facile de voir qu'on commence par elle.
Car c'est par là que nous avons la notion de notre propre existence et cette notion doit nécessairement précéder celle des existences autres que la nôtre.
Lachelier (130-143), Fouillée (C. 1, xxxiv) ont largement développé cette pensée.
Le ergo sum de Descartes est notre première affirmation scientifique; elle est la condition de toutes les autres.
C'est l'aperception de Leibniz et de Kant.
« La pensée à qui tout devient visible, est immédiatement visible pour elle-même; dans cette conscience de soi toutes les sciences ont leur point de départ et elles doivent y avoir aussi, sans doute, leur point d'arrivée » (Fouillée, A, 29).
Certes il ne faut pas exagérer cette pensée, n'admettre que l'observation psychique et tomber dans le psychomonisme '. Mais il est absolument antiscientifîque de nier l'observation intérieure.
C'est la doctrine de Cousin : « Les faits de conscience forment, en un mot, un monde à part, et la science de
i. Voir Max Verworn, 40 à 42, et les opinions qu'il cite de Descartes, Berkeley, Fichte, Schopenhauer et Mach.
ces faits doit être distincte de toutes les autres sciences y compris la physiologie » (Lachelier, 108).
Renouvier a très énergiquement soutenu et développé cette même thèse (A, 400 et suiv.).
Il cite en la qualifiant d' « étonnante proposition î cette phrase d'Herbert Spencer : « la personnalité dont chacun est conscient et dont l'existence est pour chacun un fait plus certain de beaucoup que tous les autres faits, est cependant une chose qui ne peut vraiment point être connue. La connaissance en est interdite par la nature de la pensée ».
Pourquoi? Elle est interdite par la nature de la pensée de Spencer? J'en doute. Car la pensée de Spencer est singulièrement pénétrante. Pourquoi serait-elle interdite par la nature de la pensée humaine?
Voici la raison que donne Spencer.
« L'acte mental dans lequel le soi est perçu implique un sujet percevant et un objet perçu. Si donc l'objet perçu est le soi, quel est le sujet qui perçoit? Ou, si c'est le vrai soi qui pense, quel est l'autre soi qui est pensé? Évidemment, une vraie connaissance de soi implique un état dans lequel le sujet et l'objet sont identifiés et cet état, c'est l'anéantissement du sujet et de l'objet. »
Voilà un raisonnement étrange pour étayer une € étonnante proposition ».
Renouvier, après avoir cité le passage de Spencer, poursuit excellemment : « C'est nous qui soulignons, parce que ce mot évidemment, cet état qui est l'état d'on ne sait quoi, ce soi qui n'a plus ni sujet, ni objet, et dès lors énonce un pur néant, nous offrent le curieux spécimen d'un réalisme prodigieusement naïf en son absurdité. Le sophisme repose sur la supposition que l'objet et le sujet sont deux cfioses... »
Donc, on le voit, la négation dogmatique de l'autoobservation, ainsi formulée par Spencer, est, comme
s 4 LES LIMITES DE LA BIOLOGIE
dit Renouvier, une i étonnante proposition », un a priori, une « supposition », un « curieux spécimen d'un réalisme prodigieusement naïf en son absurdité »,
Développant encore cette pensée, Renouvier dit plus loin (A, 447) : « La donnée empirique de la conscience du moi, avec une représentation objective, quel que puisse être ou paraître l'objet représenté, est un fait antérieur et supérieur à toute autre affirmation possible, et en est la condition. »
Il est donc impossible, en science positive, de nier l'auto-observation, l'observation intérieure, la conscience et, par l'existence démontrée de cette méthode spéciale d'observation et de connaissance, on peut dire que non seulement la psychologie existe en dehors de la Biologie, mais encore elle la précède logiquement et en est la condition.
4. Cette science, distincte de la Biologie par ses méthodes et ses moyens d'investigation, a aussi, par là même, un objet particulier, spécial, distinct de l'objet de la Biologie.
Tandis que la Biologie étudie les lois des phénomènes communs à tous les êtres vivants, la psychologie étudie les phénomènes propres à l'homme, n'ayant pas leur analogue chez les autres êtres vivants, et leurs lois.
Nous connaissons déjà une de ces notions propres à l'homme que la psychologie devra étudier : c'est la notion du bien, de l'obligation et du libre arbitre.
Voilà un premier objet de la science psychologique, nous en trouverons d'autres dans les chapitres suivants, quand nous étudierons l'esthétique, la logique, les mathématiques, la métaphysique...
D'une manière plus générale, l'objet de la psycho-
logie est l'étude des phénomènes psychiques supérieurs, propres à l'homme.
Ce mot « psychiques » a eu des fortunes successives et des sens variés. On a même voulu, dans ces derniers temps, en faire un synonyme d'occultes, de suprascientifîques...
Nous laisserons au mot son ancien sens. Sont psychiques tous les phénomènes d'intelligence, sans idée préconçue ni nécessaire du principe de cette intelligence.
Ainsi compris, les phénomènes psychiques se divisent en deux catégories bien différentes : le psychisme inférieur, automatisme psychologique ou supérieur, d'une part, et d'autre part le psychisme supérieiu'.
Le premier, celui que nous avons appelé polygonal ', est commun (au degré près) à l'homme et aux animaux; il garde chez l'homme des centres corticaux spéciaux, distincts de ceux du psychisme supérieur.
Le second, psychisme supérieur, est propre à l'homme et, par suite, il ne peut être étudié que chez l'homme, par la psychologie.
Ce qui caractérise le psychisme supérieur, propre à l'homme, c'est la conscience synthétique du bien et du beau, c'est le raisonnement appliquant consciemment les idées universelles, abstrayant, déduisant et sachant pourquoi, c'est la décision libre, raisonnée et responsable, entraînant le mérite ou le démérite.
Complétant la phrase, citée plus haut, de Fouillée, je dirai : la psychologie est la science de la volonté et de la conscience.
1. De l'automatisme psychologique (psychisme inférieur, polygone cortical) à l'état physiologique et pathologique, Leçons de clinique médicale, t. III, 1898.
Le psychisme inférieur. Bibliothèque de philosophie expérimentale, 1906, et Le psychisme inférieur. Revue des Deux Mondes, 1905, 1d mars, 314. {Note de la 5* édition.)
Ainsi définie par sa méthode et son objet, la psychologie est bien une science propre à l'homme. Les animaux présentent aussi des phénomènes psychiques; mais nous ne pouvons pas les étudier en eux-mêmes, dans la conscience des sujets. Nous ne pouvons les étudier que dans leurs manifestations physiologiques.
La psychologie animale est donc un chapitre de la Biologie, tandis que la psychologie de l'homme ou psychologie proprement dite est une science spéciale, distincte de la Biologie.
5. Toute une école, composée d'hommes extrêmement distingués, a combattu dans ces derniers temps cette manière de voir, en soutenant que la psychologie de l'homme devait se faire comme la psychologie des animaux, par la seule étude des phénomènes physiologiques qui accompagnent les phénomènes psychiques, c'est-à-dire par la seule étude de ce que l'on a appelé les phénomènes psychophysiologiques. Et, en fondant et en développant la psychophysiologie (qui n'est qu'un chapitre de la physiologie et de la Biologie) on a voulu la substituer entièrement à l'ancienne psychologie, qui a disparu comme science distincte, non biologique.
« En un mot, disait Ribot (B, C), 'résumant la doctrine de Fechner, de Wundt (A, B) et de Delbœuf (B, C), à tout phénomène ou groupe de phénomènes d'ordre psychologique correspond un fait ou groupe de faits d'ordre physiologique et l'explication scientifique des premiers doit être cherchée dans la connaissance des seconds. »
Et alors, sur ce prkicipe, est créée la psychologie physiologique qui est l'introduction en psychologie des principes, des méthodes et des hommes de la physiologie
Il y a vingt-cinq ans, j"ai essayé' de montrer l'inanité de celte tentative d'inféodation complète de la psychologie à la physiologie, et j'ai discuté le logarithme des sensations, qui a été une des premières et plus importantes lois de la psychophysiologie 2.
Je rappelle cette loi capitale, dont Ribot a dit : « par elle, la mesure exacte est appliquée pour la première fois aux phénomènes psychiques ».
On peut l'énoncer ainsi : « les sensations croissent comme les logarithmes quand les excitations croissent comme les nombres ordinaires ï; ou, plus brièvement: « la sensation croît comme le logarithme de l'excitation »; ou, en langage plus clair, « quand les excitations augmentent suivant une progression géométrique, les sensations augmentent suivant une progression arithmétique ».
A mon sens, disais-je en discutant cette loi en 1876, l'objection capitale à faire à la loi psychophysique, c'est que la sensation n'est pas une grandeur mesurable comme les grandeurs ordinaires, et alors on ne peut pas dire que la sensation croisse comme le logarithme des excitations.
Nous distinguons bien deux sensations semblables et deux sensations dissemblables, mais il nous est impossible de dire si une sensation est le double ou le triple d'une autre. Nous ne pouvons faire abstraction de la qualité d'une sensation pour n'en apprécier que la quantité.
Dans les expériences des psychophysiologistes il m'est impossible de dire que les petites sensations
1. La Psychologie physiologique contemporaine. Revue critique. Montpellier médical, janvier 1876.
2. Voir dans Foucault un long et très bon exposé de la loi de Fechner (loi logarithmique, loi psychophysique fondamentale) et de ses éléments antérieurs : la loi de Weber et la loi du seuil.
éprouvées à chaque augmentation minima d'excitant sont égales entre elles. Et alors on ne peut plus les poser en série arithmétique quand les excitations croissent en série géométrique, et par suite tout l'édifice de la loi est ruiné.
« On saisit un moment où la sensation change : il n'y a là ni quantité ni continuité ^ » Il est impossible de traiter mathématiquement une notion de cette espèce.
Le raisonnement des psychophysiologistes n'a donc qu'une apparence de rigueur.
Rien, absolument rien ne me prouve l'égalité des divers minima de sensation. De ce qu'une sensation est provoquée par le minimum d'excitation perçue, je ne peux pas conclure que cette sensation soit ellemême minima absolue et par suite toujours égale à elle-même. Ce n'est que par définition que l'on peut poser cela et la loi cesse d'être une loi pour devenir elle-même une définition.
En somme, les expériences des psychophysiologistes ont un grand intérêt et une grande portée, mais au seul point de vue physiologique.
Pour rester dans la vérité des faits démontrés par l'expérience, il faut dire : pour que des excitations successives agissent efficacement sur les extrémités périphériques des nerfs sensitifs, il faut qu'elles croissent en progression géométrique. Voilà le fait incontestable.
Il n'y a absolument rien de psychique là dedans. Les sensations ne pourraient entrer dans la loi trouvée que si, par d'autres expériences, on les avait mesurées et on avait trouvé leurs rapports avec l'excitation nerveuse.
1. A propos du logarithme des sensations. Revue scientif., p. 876.
Car il faut bien se garder de confondre la sensation et l'excitation nerveuse qui lui donne naissance. Rien n'autorise à conclure de l'excitation nerveuse à la sensation perçue.
Donc, la loi des logarithmes est une loi purement physiologique et nullement psychologique.
Cette argumentation de 1876 me paraît toujours valable *.
Récemment encore, Bergson (tout le chap. i) a repris, avec beaucoup de soin, cette étude de l'intensité des états psychologiques et il a montré que cette notion « se réduit ici à une certaine qualité ou nuance dont se colore une masse plus ou moins considérable d'états psychiques ». Il montre qu'il y a « là un changement de qualité plutôt que de grandeur ». Les éléments qui semblent accroître la grandeur d'une sensation se bornent à en modifier la nature. De même, € les intensités successives du sentiment esthétique correspondent à des changements d'état survenus en nous... Il n'y a rien de commun entre des grandeurs superposables telles que des amplitudes de vibrations, par exemple, et des sensations qui n'occupent point d'espace».
Parlant ensuite de la loi de Fechner et appliquant les mêmes principes : «. Mais comment passer, dit-il, d'une relation entre l'excitation et son accroissement minimum à une équation qui lie la quantité de la sensation à l'excitation correspondante? Toute la psychophysique est dans ce passage... »
Et Bergson conclut : « Considérés en eux-mêmes, les états de conscience profonds n'ont aucun rapport avec la quantité; ils sont qualité pure... »
1. Elle développait d'ailleurs l'argumentation de Tannery : lettres anonymes delà. Revue scientifique, 13 mars et 15 mai 1875.
Plus récemment encore, Foucault (125-144 et suiv.) a repris avec beaucoup de force la discussion de la loi de Fechner qui est, dit-il, la base expérimentale de toute la psychophysique ^
Il ne faut pas confondre la sensation et la perception. La sensation est un phénomène « de conscience faible et obscure »; un travail automatique en fait une perception, qui est « un composé de sensations et d'images associées ».
Ce sont des perceptions que Fechner étudie et qu'il a la prétention d'analyser.
Or, « la perception est en partie l'œuvre propre de chacun de nous, nos images reflètent notre passé, peut-être même notre caractère, car elles se sont modifiées à notre insu depuis le jour où elles ont été formées : bref, nous marquons chacune de nos perceptions d'un trait qui nous est personnel et par suite il ne peut pas exister une relation fonctionnelle générale entre l'excitation et la perception qu'elle détermine. L'interprétation que Fechner a donnée de ses expériences est donc insoutenable; car il est évident que, quand nous comparons des intensités lumineuses ou sonores, des poids ou des longueurs, ce n'est pas la sensation qui est le fait psychologique en jeu, mais la perception ».
Et Foucault conclut nettement : « Les tentatives faites par Fechner et beaucoup d'autres pour mesurer, directement ou indirectement, l'intensité des sensations, sont donc stériles, parce que cette prétendue intensité n'existe pas, et que par suite la sensation ne grandit en intensité ni d'une manière continue, ni d'une manière discontinue » (181)... et ailleurs (267) :
1. « Si celte loi n'était pas exacte, la psychophysique n'existerait pas, du moins telle que l'a conçue Fechner » (Marcel Foucault, 18).
« le système psychophysique de Fechner est inacceptable parce que l'idée qui lui sert de base est fausse : il est faux que, lorsque nous portons le jugement psychophysique, lorsque nous déclarons, par exemple, une intensité lumineuse plus forte qu'une autre ou égale à une autre, notre jugement soit déterminé par une comparaison quantitative des sensations ou des perceptions; la prétendue intensité des sensations, qui grandirait et diminuerait à mesure que les intensités physiques correspondantes grandissent et diminuent, n'existe pas »... « la recherche d'une loi mathématique reliant les phénomènes psychologiques à leurs concomitants physiologiques et à leurs antécédents physiques était chimérique » (484).
Voilà donc une première tentative, déjà ancienne, pour faire rentrer la psychologie dans la Biologie, qui me paraît vaine.
On a réussi à réunir des faits très intéressants, on a trouvé une loi nouvelle et créé un chapitre nouveau. Mais c'est une loi et un chapitre de physiologie et nullement de psychologie.
Voici une autre tentative du même genre, celle-ci très récente, qui ne me paraît pas aboutir davantage à l'inféodation de la psychologie dans la Biologie.
C'est l'étude contemporaine des émotions et la théorie de James et de Sergi.
6. Lange, de Copenhague, puis 'William James, de Havard , et surtout Sergi ', de Rome , ont voulu
1. Tout l'exposé de ce paragraphe est emprunté au livre de Sergi. La théorie a d'abord été exposée par William James (A/iw./, 1884), puis par Lange (1885). — Voir : Lange, Les émnlions. Étude psychophysiologique, trad. Georges Dumas; Félix Alcan, éditeur; 2' édit., 1902; et William James, La théorie de l'émotion, même traducteur; Félix Alcan, éditeur, 1903. — Voir aussi mon article « Plan d'une physiopathologie clinique des centres psychiques », Montpellier médical, 1904, p. 193. (»Vo/e de la 3" édition.)
Grasset. 4
démontrer « que les phénomènes psycliologiques sont des phénomènes vitaux comme ceux de nutrition et de reproduction, et que leur fonction n'est autre chose que la protection de l'individu et de la descendance ».
Dans la douleur, le plaisir, toutes les émotions, il y a des troubles physiologiques, tels que « arrêt ou accélération du cœur, arrêt de la respiration, sensation de suffocation, difficulté de la respiration profonde, sécrétions abondantes ou excessives dans les intestins, larmes, pâleur, rougeur, tremblement, mouvements violents ou convulsifs ».
Ces phénomè7ies physiologiques sont la partie essentielle de l'émotion, constituent Vémotion.
« La théorie que je soutiens, dit Sergi, est que les émotions sont les sentiments des changements plus ou moins profonds des fonctions de la vie organique depuis les plus vitaux jusqu'aux moins vitaux, du mouvement du cœur et de la respiration aux sécrétions, au déséquilibre sanguin par action vasomotrice, par dilatation ou restriction des vaisseaux en quelque lieu de la circulation que ce soit, jusqu'à l'augmentation ou à la diminution de l'énergie neuromusculaire, au relâchement ou à la contraction musculaire, depuis tous les phénomènes de l'agonie jusqu'à l'excès d'action de l'énergie vitale. »
Le centre des émotions n'est plus le cerveau (les centres corticaux perçoivent simplement l'émotion, la rendent consciente; d'autres fois, ils la provoquent), mais le vrai et seul centre des émotions est la moelle allongée.
Cela s'applique aux émotions même les plus élevées, comme les émotions altruistes.
Et voilà tout un gros et important chapitre de l'ancienne psychologie réuni à la physiologie, fondu dans la Biologie.
La chose ne me paraît pas aussi claire que cela.
Sergi reconnaît bien la nécessité d'intervention du cerveau pour rendre l'émotion consciente. Mais c'est pour lui, un élément secondaire, quasi insignifiant.
James, constatant bien cet élément cérébral, lui accorde peu d'importance dans les émotions grossières (coarser), mais lui reconnaît un grand rôle dans les émotions délicates (subtler).
Sergi s'élève contre cette distinction : il n'y a pas deux catégories d'émotions et, avec Baldwin, il accuse James de détruire lui-même son ancienne théorie et de revenir à Vorthodoxie.
Eh bien ! je suis de l'avis de James et vais même plus loin que lui : dans les émotions et en général dans les phénomènes psychologiques il y a deux éléments, l'élément physiologique et l'élément psychologique. Sergi a, à mon sens, le tort de subordonner le second au premier au point de l'annihiler. Je crois qu'il faudrait au moins les mettre sur le même pied; ou, si on tient à les hiérarchiser, c'est l'élément psychologique qui est le plus important, le seul essentiel.
La meilleure des preuves en est que Ton conçoit très bien et l'on observe des phénomènes psychologiques et des émotions sans phénomènes physiologiques, tandis que l'émotion n'existe plus dès qu'il n'y a pas conscience, phénomène psychique proprement dit.
De plus, quand les phénomènes physiologiques accompagnent les émotions, il n'y a nullement parallélisme entre les deux ordres de phénomènes : ce qui devrait être dans la théorie de Sergi.
En même temps il n'y a aucune spécificité dans les réactions physiologiques. A des émotions très diverses correspondent des syndromes physiologiques identiques.
c Binet et Courtier ne voient qu'un seul l'ait de caractère physiologique dans les émotions provo-
quées, quelle que soit leur qualité : elles provoquent des vasoconstrictions et accélèrent la respiration et le cœur ' B (Sergi, 443).
Sergi reconnaît l'importance de l'objection.
« La difficulté, dit-il (180), est d'expliquer pourquoi les phénomènes dans le plaisir et la joie sont fondamentalement identiques à ceux de la colère ou de la fureur... Nous ne pouvons trouver d'autre origine à cette identité fondamentale que le principe de défense et de protection considéré comme fonction primaire de la psychologie. »
C'est parfait. Mais alors il faut bien reconnaître dans les émotions deux éléments : l'un physiologique, commun, qui a son centre à la base de l'encéphale, que le biologiste doit étudier, que Sergi a très bien analysé; — l'autre psychologique, spécial, qui a son centre dans l'écorce, que le psychologue peut seul analyser et étudier par l'observation intérieure.
Les éléments de la première catégorie sont communs aux animaux et à l'homme et constituent des phénomènes biologiques de défense et de protection ^.
Mais, comme le reconnaît très bien Sergi (166), « nous employons aussi notre puissance intellectuelle à des usages différents de ceux de la défense ou de
1. Voir le Mémoire entier de Binet et Courtier [Année psychoL, t. III, 1S97, 65) et aussi les travaux de Georges Dumas sur la joie et la tristesse {Revue philos., 1896), et ceux de Vaschide et Marchand {Revue de psychiatrie^ juillet 1900; Rev. sperim. d. Freniatria, 1900, 512; Soc. de Biol., 11 mai 1901 • Revue de wiédecine, 1901, 133;. Je ferai seulement remarquer ici que les observations de malades, très importantes pour l'étude de l'élément physiologique des émotions, ne peuvent guère servir pour la solution du problème de doctrine que nous éludions ici, parce que, chez les malades, l'élément psychologique est complètement perturbé.
2. Voir mon article : La peur élément psychique normal de défense. Journal de Psychologie normale et pathologique, 1904, n° 3, p. 265. {\ote de la 5" édition.)
la protection psychique : nous nous occupons de recherches scientifiques , littéraires , artistiques ». C'est là, dit le même auteur, une quantité d'énergie exubérante employée, comme un luxe d'activité, à des usages n'ayant pas trait à l'utilité biologique.
Ces usages ont trait à la vie psychologique de l'homme, ce qui est une partie capitale de son existence. Les émotions ne sont donc pas seulement des phénomènes de défense biologique; ce sont aussi des phénomènes de haut psychisme, qui vont jusqu'à l'émotion esthétique et à l'émotion morale*.
Voilà le second élément de l'émotion, qui est du ressort exclusif de la psychologie.
Sergi cite même (88) une expérience de François Franck qui prouve précisément l'indépendance des phénomènes physiologiques (centres de la base) et des phénomènes psychologiques (écorce) dans l'émotion et par suite la nécessité d'une étude double et séparée (biologique et psychologique) de ces phénomènes.
Ribot reconnaît très bien l'existence de ces deux éléments. « Chaque espèce d'émotion, dit-il, doit être étudiée de cette manière : ce que les mouvements de la face et du corps, les troubles vasomoteurs, respiratoires, sécrétoires, expriment objectivement, les états de conscience corrélatifs que l'observation intérieure classe suivant leurs qualités l'expriment subjectivement : c'est un seul et même événement traduit en deux lajigues ^ » (Sergi, 435).
•1. On verra les efforts que Sergi est obligé de faire pour étendre sa théorie, même aux sentiments moraux (213 et suiv.), et esthétiques (283 et suiv.). Nous reviendrons sur ce dernier point dans notre cliapitre v.
2. Rendant compte du livre de Ribot sur la Psychologie des senliments, Binet {Année psychoL, t. 111, 1897) dit d'abord (559) que Ribot « donne son adhésion complète » à la théorie de Lange-James et ensuite (561) il ajoute : « en y regardant
Goblot (181) ne veut pas non plus voir dans le phénomène psychologique une simple doublure contingente des phénomènes physiologiques, un « éclairage de luxe y> du mécanisme , comme a dit Fouillée.
Pour lui, le point de vue mental et le point de vue physique s'adressent à la même chose, « qui, pouvant être connue par deux voies différentes, les sens et la conscience, se présente sous deux aspects irréduct/bles ' i.
Il me paraît difficile, après cela, d'admettre l'identité des deux ordres de phénomènes, qui sont connus par des voies différentes et se présentent sous des aspects irréductibles. En tous cas, retenons qu'ils doivent être l'objet de deux sciences différentes, la Biologie et la psychologie.
Bergson, lui aussi, ne peut pas admettre que rémotion de la fureur « se réduise à la somme de ces sen«
de près, on s'aperçoit que Ribot rejette complètement la théorie de James-Lange » Sergi considère aussi Ribot comme son adversaire.
1. Goblot conclut cependant (186) que « la psychologie n'est point une science indépendante; si la physiologie est nécessairement psychologique, la psychologie à son tour est nécessairement physiologique ». Je rappellerai d'abord à Goblot qu'il reproche à Ampère (19) d'avoir dit qu'une science est mathématique parce qu'elle emploie les mathématiques. Des rapports très intimes et très étroits, qui unissent la Biologie et la psychologie, on ne peut pas nécessairement conclure à l'identité des deux sciences. Je crois tellement à leur connexité qu'à mon sens on ne peut être ni physiologiste sans être aussi psychologue ni psychologue sans être aussi physiologiste. Mais on peut bien dire aussi qu'il est impossible d'être physicien sans être mathématicien et cependant la physique et la mathématique sont deux sciences distinctes. De l'aveu de Goblot, la Biologie et la psychologie ont des méthodes différentes et des objets différents. Cela suffit pour en faire deux sciences distinctes l'une de l'autre et pour ne pas les coQ~ fondre et les identifier.
sations organiques : il entrera toujours dans la colère un élément psychique irréductible » (22).
Voilà donc une seconde tentative, qui a échoué, de faire rentrer la psychologie dans la Biologie.
Comme Fechner, Sergi étudie la zone frontière entre ces deux sciences; mais cette étude même n'aboutit qu'à mieux démontrer l'existence de limites entre la Biologie et la psychologie.
Donc, la psychophysiologie est une étude intéressante, le plus souvent purement physiologique, des zones frontières entre la psychologie et la physiologie; mais elle ne peut pas remplacer toute la psychologie pour en faire ainsi un simple chapitre de Biologie.
On trouve même, non sans étonnement, parmi les défenseurs de notre doctrine, des hommes comme Stuart Mill et Spencer.
« Je regarde, dit le premier (B, Blum, 359), comme une erreur tout aussi grande en principe, et plus sérieuse encore en pratique, le parti pris de s'interdire les ressources de l'analyse psychologique, et d'édifier la théorie de l'esprit sur les seules données que la physiologie peut actuellement fournir. »
Quant à Herbert Spencer (C, Blum, 394), il démontre que « la distinction entre la biologie et la psychologie se justifie de la même manière que la distinction entre les autres sciences concrètes » , et établit contre Auguste Comte que « la psychologie est une science complètement unique , indépendante de toutes les autres sciences quelles qu'elles soient, qui s'oppose à elles comme une antithèse * ».
7. Un autre argument vient encore à l'appui de cette idée que la psychologie et la Biologie sont bien dis-
1. Ceci paraît du reste contradictoire avec les idées de Spencer sur révolulionnisme.
tinctes l'une de l'autre, chacune avec sa méthode et son objet propres.
C'est que beaucoup de biologistes reconnaissent très bien aujourd'hui que la conscience (mode de connaissance éminement psychologique) est impossible à analyser chez les animaux et par suite échappe à la Biologie.
Ainsi le D"" Claparède (495-498) s'est récemment posé cette question : les animaux sont-ils conscients? et il démontre combien cette question est au-dessus du biologiste.
11 n'y a pas, dit-il, de « critérium objectif de la conscience »... « le subjectif et l'objectif sont hétérogènes ». « Et voilà pourquoi nos biologistes, lorsque, étant donné un système nerveux d'animal, ils cherchent à en inférer le degré de conscience correspondant, se conduisent comme un physicien qui prétendrait déduire immédiatement de ses observations thermométriques le nombre et la nature des crimes qui se commettent au même instant. » Et il conclut : i à la question : les animaux sont-ils conscients? la physiologie — et même la psychologie en tant que cette science est explicative — doivent donc répondre non seulement : Je l'ignore, mais encore : Peu m'importe! »
De même, Sergi (43) trouve « artificieuse » et « pas scientifique » la distinction, en Biologie, de la sensibilité consciente et de la sensibilité inconsciente. Il élimine donc du domaine de la Biologie l'élude des phénomènes de conscience.
Donc, les phénomènes de conscience restent l'objet distinct d'une science spéciale : la Psychologie.
8. Seulement comme ces phénomènes de conscience ne peuvent être bien étudiés que par l'observation intérieure et par suite exclusivement chez l'homme, l'objection surgit immédiatement que nous faisons
ainsi de Vanthropocentrisme. Or, c'est là un mot redoutable avec lequel on supprime certaines assertions aussi sûrement que, pour d'autres, avec le mot « anthropomorphisme ».
J'accepte d'ailleurs le reproche. Si on fait de l'anthropocentrisme en séparant nettement l'homme des animaux, en proclamant qu'il y a des sciences humaines distinctes des sciences biologiques (communes aux animaux et à l'homme), je fais de l'anthropocentrisme et je ne m'en cache pas : car c'est le principal but du présent livre.
Et ce genre d'anthropocentrisme me paraît parfaitement acceptable et scientifique.
Halleux a très bien développé (102) tous les arguments en faveur de la séparation de l'homme et des animaux.
On ne peut pas nier « la conquête progressive de la nature par l'homme, et cela dès les temps les plus reculés » (117).
« Seul, parmi les êtres innombrables qui l'entourent, l'homme est capable de s'assimiler l'œuvre de ses devanciers, de profiter des efforts qu'ils ont faits, des connaissances qu'ils ont acquises, de comprendre le passé, et par le passé de prévoir l'avenir, de progresser en un mot par la comparaison des choses » (de Nadaillac. Cit. Halleux, 122).
« Quelle longue patience, quel génie il a fallu à l'homme nu, désarmé, inhabile, des temps préhistoriques, pour faire peu à peu la conquête du monde, des choses et des êtres ambiants, tous ennemis nés du futur roi de la nature. Qui aurait pu deviner, en présence des gigantesques mammouths, des énormes mastodontes, des titanesques dinotériums, des forêts de fougères arborescentes qui devaient devenir la houille, que l'être débile, velu, informe, qui, audacieux, au lieu de se courber vers le sol, osait lever les yeux
vers la voûte étoilée, dompterait un jour tout cela? » (Foveau de Courmelles, 56.)
« L'uniformité et la stabilité caractérisent donc la conduite de l'animal, le changement et le progrès celle de l'homme ■» (Halleux, 123).
On a voulu cependant soutenir la thèse précisément inverse et le D'' Maréchal a consacré un livre, d'ailleurs intéressant, à soutenir la « supériorité des animaux sur l'homme ».
Acceptons cette démonstration d'allure paradoxale, nous y trouverons des arguments en faveur de notre propre thèse.
Toutes ces preuves de la supériorité des animaux sur l'homme, rapprochées de ce fait que l'homme est devenu le « roi de la création », qu'il a asservi les animaux, qu'il les a domptés, qu'il s'en sert, lui si inférieur, alors que les animaux n'ont organisé nulle part une lutte victorieuse contre l'homme, prouvent que l'homme et les animaux sont différents.
Car, de deux êtres identiques, de même nature, de même constitution, il est illogique d'admettre que c'est l'inférieur qui a toujours et partout vaincu le supérieur.
En quoi consiste donc la supériorité des animaux? dans la force exclusive du déterminisme et de l'automatisme, dans la faiblesse ou l'absence de la spontanéité.
Les minéraux (les planètes, la terre) atteignent leur but encore plus sûrement que les animaux. C'est la supériorité, dans le règne humain, du sauvage sur Victor Hugo.
On trouvera dans le livre, déjà souvent cité, de Halleux (105) de nombreux exemples (à opposer à ceux de Maréchal) qui établissent nettement le genre de psychisme de l'animal comparé à celui de l'homme.
Nous conclurons avec cet auteur (127) : * 11 y a lieu,
dès lors, d'attribuer à l'homme une nature spéciale, caractérisée par le pouvoir d'abstraire et de raisonner d'après des principes g-énéraux. Ce pouvoir crée entre lui et l'animal, non une simple différence de degré, mais une différence d'essence. »
9. Puisqu'il y a chez l'homme des phénomènes propres, spéciaux, ne se retrouvant pas chez les autres êtres vivants, la question doit scientifiquement se poser de savoir ce qu"il y a derrière ces phénomènes spéciaux, de savoir si l'homme n'aurait pas une âme correspondant à ces phénomènes spéciaux et, s'il en est ainsi, d'où vient et où. va cette âme.
Notez que je ne prétends trancher ni même aborder ici la grave question de la spiritualité et de l'immortalité de l'àme. Je dis simplement que la question se pose, qu'il y a lieu de létudiér, de la résoudre si possible et que ce n'est pas l'affaire du biologiste *.
Fouillée (B, xxxv) a bien montré l'insuffisance des réponses des biologistes qui ont, comme Marselli, voulu aborder ces questions : que sommes-nous? d'où venons-nous?
Il s'agit, bien entendu, ici de V « immortalité personnelle » que Haeckel déclare « tout à fait insoutenable » et qu'il ne faut pas confondre avec l'immortalité générale considérée comme « la conservation de la substance », c'est-à-dire la conservation de l'énergie physique et de la matière chimique, celle dont parle le même Haeckel, quand il dit : « l'univers, dans son ensemble, est immortel ».
A la psychologie aussi, et encore plus peut-être à la théologie, en tout cas pas du tout à la Biologie,
1. « La science a-t-elle fourni la preuve de l'inexistence de l'âme? Assurément non... Le problème de l'existence de l'àme n'est donc nullement de son ressort. Ceux qui font pi'ofession de positivisme ne nous contrediront pas » (Halieux, 219).
appartiendrait la question de savoir si, comme le veut Renouvier, Dieu, « en prévision de la chute, avait déposé au plus profond des organismes primitifs certaines compositions monadiques, étrangères aux fonctions vitales, mais liées à l'unité psychique des sujets et indestructibles », s' « il est possible qu'après cette vie certains êtres humains soient anéantis » et si seuls ne revivent pas « dans des corps nouveaux adaptés à un milieu nouveau »... « ceux qui n'aaront pas détruit en eux la liberté » par le mauvais usgge *.
Guyau, qui ne pense certes pas comme nous sur toutes ces grandes questions, dit dans VIrreligion de Vavenir : devant la science moderne, l'immortalité demeure; si le problème n'a pas reçu de solution positive, il n'a pas reçu davantage, comme on le prétend parfois, de solution négative ^.
Rien de plus vrai.
Le biologiste ne peut qu'ignorer ces questions qui intéressent tellement l'homme.
La Biologie ne doit en rien intervenir dans leur solution, qui regarde exclusivement cette autre science, la psychologie, dont nous venons d'indiquer les limites par rapport à la Biologie ^
1. Baylac, passim. Sur celte doctrine, surtout soutenue par les théologiens protestants, qui envisage l'immortalité comme une récompense des âmes qui ont fait un bon usage de leur liberté, voir la Conférence du professeur Sabatier à l'Association générale des étudiants de Montpellier (1900), sur les destinées de l'âme, et aussi Ernest Naville, 289.
2. De même Ed. Perrier : « Rien ne conduit dans la doctrine de l'évolution, rien ne conduit dans la doctrine' de l'unité de la force, de l'unité de la matière, à ne voir dans l'homme qu'une combinaison passagère, éminemment périssable » (cit. Blum, 590).
3. Voir aussi une récente conférence de Claparède sur la psychologie dans ses rapports avec la médecine (Revue médicale de la Suisse romande, 1901, n° 10); je ne l'ai reçue que pendant la correction des présentes épreuves.
C'est ce qu'exprime Fouillée quand il dit (B, 26) : 4 la science proprement dite, la science objective et explicative, a aussi une seconde limite, et celle-là toute immanente, du côté du sujet conscient, à savoir la conscience même ».
Vous voyez comme la Biologie se circonscrit peu à peu, comme elle se trompait quand elle rêvait de ne point avoir de limites.
Et nous ne sommes pas au bout.
&RASSET.
B. — Limites latérales de la Biologie {suite).