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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS (ESTHETIQUE

La littérature, les arts et l'esthétique dont ils sont l'application constituent aussi un mode d'intellectualité et de connaissance bien positif, bien réel et bien net, et aussi, bien séparé de la Biologie.

On a cependant voulu les confondre.

1. Nous avons assisté à cette tentative qui a voulu apporter dans la littérature les procédés de la physiologie : on découpe des tranches de vie, on fait des planches d'anatomie morale, on dissèque des âmes, et en décrivant ces états d'âme on reste expérimental et documentaire, on fait l'histoire naturelle d'une génération, la critique devient une herborisation des esprits (Péllissier, 268).

Tout cela reste joli quand on laisse à ces mots leur sens d'image, de comparaison et de figure. Pris au pied de la lettre, cela devient ridicule.

La tentative n'est d'ailleurs pas nouvelle.

Un critique qui a très bien étudié toute cette question, Lanson, dit (319) que « Ronsard a été l'auteur de la dernière révolution qui ne se soit pas faite au nom

de la vérité, le chef de la dernière école qui n'ait pas d'abord inscrit sur son drapeau la vérité ».

A partir de Bacon et de Descartes, commence « la prise de possession de la littérature par l'esprit scientifique t>. Et alors c'est une lutte d'inlluence entre le sens esthétique et l'esprit scientifique, depuis Boileau pour lequel « rien n'est beau que le vrai », jusijn'à Victor Hugo qui appelle le beau le « serviteur du vrai ».

Le dernier et plus récent terme de cette évolution est le naturalisme.

« Comme le mathématicien Descartes à Boileau, le physiologiste Claude Bernard fournit à M. Zola le principe de sa théorie littéraire... Le naturalisme est la forme à la fois la plus outrée et la plus dégradée de la littérature scientifique. »

Tous les auteurs « ont subi plus ou moins l'influence des mêmes idées, et leurs œuvres, leurs théories, leurs confidences révèlent l'assimilation que leur imagination, complice de leur amour-propre, établit entre leur travail et le travail scientifique, fascinés qu'ils sont par les miracles et la popularité de la science. Flaubert exposait le cas d'Emma Bovary comme une leçon d'amphithéâtre; MM. de Goncourt invitaient le public désireux de s'instruire à fréquenter leur clinique, et l'on sait comment M. Zola, naïvement, s'estimait ouvrier de la même oeuvre que Claude Bernard. On n'a pas oublié avec quelle amusante gravité doctorale M. Daudet déposa naguère, devant un tribunal, du ton d'un médecin légiste commis à l'expertise de l'état mental d'un accusé : il ne doutait pas que son témoignage ne dût faire foi, venant d'un homme de science, dont la profession était l'étude des troubles passionnels. Et Paul Bourget ' dans le roman, et

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