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l'histoire, la sociologie et le droit

(SCIENCES sociales)

Tout ce que nous venons de dire nous entraîne tout naturellement à trouver encore une nouvelle limite à la Biologie, à la séparer de ÏHistoire et de la Sociologie, c'est-à-dire des Sciences sociales et de leur principale application, le Droit.

Depuis Auguste Comte •, un des grands objectifs de la science contemporaine positive (et la science contemporaine positive, c'est la Biologie) est de vouloir englober l'histoire et aboutir à la sociologie qui devient le couronnement suprême de la science biologique.

C'est encore là un point de vue très séduisant.

1. De même que chaque animal est une fédération d'êtres vivants, de même les animaux s'associent et forment des fédérations supérieures, comme la famille et, chez l'homme, les groupements supérieurs des peuples et des nations.

1. Nous verrons cependant qu'Auguste Comte engage /a sociologie à se défendre de l'usurpation de la Biologie.

L'histoire devient l'étude, dans le temps, de ces unités biologiques supérieures et la sociologie devient la science biologique générale de l'espèce humaine, considérée dans ses groupements sociaux plus ou moins élevés.

* Il s'agit donc, dit-on nettement (Bourdeau, vi), de souder la psychologie à la physiologie, l'histoire à l'histoire naturelle, et de constituer, sous le nom de sociologie, la science des sociétés humaines, la plus importante de toutes. »

Draper (ix) a nettement séparé et sommairement jugé les deux conceptions de l'histoire, l'ancienne et la biologique : « il existe deux manières d'écrire l'histoire, la manière artistique et la manière scientifique. La première part de cette supposition que les hommes font les événements... La seconde, au contraire, tient que les choses humaines sont un enchaînement dans lequel un fait sort nécessairement d'un fait et produit, non moins nécessairement, un autre fait... La première donne naissance à des compositions fort agréables, mais qui, par le fond, ne s élèvent guère au-dessus du roman... » C'est la condamnation sans phrases et a priori de toute méthode historique qui veut tenir compte du libre arbitre, c'est-à-dire de l'observation intérieure au même titre que de l'autre.

Comte, Spencer, de Greef déclarent que « les lois sociales sont de la même nature que les lois physiques » (Palante, 14-22).

Mazel a caractérisé cette période de l'histoire de la sociologie, dans laquelle c le champ sociologique > est < devenu l'apanage des naturalistes » et dans laquelle on a vu, suivant l'expression de Taine, les sciences sociales se détacher c des spéculations métaphysiques pour se souder aux sciences naturelles » (Palante, 16).

On trouvera le développement, d'ailleurs remarqual)Ie, de celte doctrine dans le livre de Novicow (A).

Dès la première page, il pose en principe que » tout ce qui n'est pas basé sur les sciences naturelles est fondé sur du sable. Nous avons jugé nécessaire d'appuyer nos opinions sur des données de la chimie et de la biologie » (!, note).

Il montre l'association dans l'univers entier, à tous les degrés de l'échelle, depuis les atomes de la vie inorganique jusqu'aux sociétés beaucoup plus complexes des animaux (famille, troupeau, bande). « On ne peut fixer aucune limite à l'association » (50).

Entre toutes ces associations « la lutte est un phénomène universel. Elle s'opère entre les atonies et les molécules d'un corps, entre les corps célestes, entre les cellules d'un organisme et entre les différents membres d'une société» (18). c La lutte est tour à tour chimique, astronomique, biologique et sociale » (50).

Un autre phénomène biologique universel est l'adaptation au milieu, qui est la résultante de la lutte pour l'existence, « la survivance des plus aptes, c'està-dire des mieux adaptés à leur milieu » (31). « Le progrès n'est qu'une accélération de l'adaptation » (50).

Et ainsi c'est sur les lois et les faits biologiques que s'édifie la sociologie.

Aussi n'arrive-t-on pas « à préciser les limites de cette science (la sociologie) par rapport à la biologie » (10). « Le domaine de la sociologie commence à vrai dire en même temps que celui de la Biologie. Tan!; qu'on n'appliquera pas les mêmes méthodes dans les deux sciences, tant qu'on ne comprendra pas que les sociétés sont des organismes où il faut distinguer des fonctions, l'ancienne politique de l'empirisme sera inattaquable » (707j.

« La science est une comme la nature. Il n'y a

aucune solution de continuité entre les domaines de la chimie, delà biologie... de la sociologie » (714).

Et enfin (745) : « Combien de temps faudra-t-il pour que la loi naturelle des luttes entre sociétés humaines, soit le fondement des relations internationales? nul ne peut le prévoir. Mais ce qui est absolument certain, c'est que tôt ou tard il en sera ainsi ».

Goblot expose aussi et défend la théorie biologique de la sociologie.

« Pour plasieurs, dit-il (195), l'économie politique n'est pas une science morale, mais une science physique »; et il cite le mot de Mac Lood : « il est maintenant généralement admis que l'économique est une science physique ».

Il rappelle ensuite les origines de cette doctrine (271).

« Auguste Comte avait conçu la sociologie comme distincte de la biologie, mais subordonnée à elle. » Les sociologues qui ont suivi ont rapproché davantage la Biologie et la sociologie et établi entre elles € une analogie comparable à la similitude des géomètres, si bien que la sociologie pourrait être édifiée par une simple transposition des divisions et même des lois de la biologie. H. Spencer a donné l'exemple des comparaisons biosociologiques; Schaffle H3au und Lebendes socialen Kôrpers) lésa amplement développées. On a discuté si la cellule du tissu social est l'individu ou la famille. On a voulu retrouver dans le superorganisme une enveloppe protectrice analogue aux téguments des animaux, des organes internes assimilables aux viscères, etc. G. de Greef compare quelque part la circulation de la monnaie à la circulation du sang ».

« La société, c'est l'homme utile à l'homme, ou, plus généralement, le vivant utile au vivant » (270). Il ne

veut donc pas avec Auguste Comte et Herbert Spencer confondre le fait social avec le fait collectif. Quoique Durkheim considère « ce prétendu axiome » comme « le contrepied de la vérité >, il admet avec H. Spencer qu' « une société, au sens scientifique du mot, n'existe que lorsque à la juxtaposition des individus s'ajoute la coopération » (Spencer, B, m, 331, Goblot, 218),

Mais il ne veut pas reconnaître ce caractère /lu main sur lequel nous verrons tout à l'heure Bougie insister avec raison. Dans sa définition du fait social, il tient à généraliser aux sociétés animales et aux sociétés entre l'homme et les animaux.

Partant de ce principe que i la science étant le système des lois, il ne saurait y avoir deux sciences là où il n'y a qu'un système de lois », il conclut que la Biologie et la sociologie ayant des lois communes ne forment qu'une science, « sont des subdivisions d'une seule et même science > (278).

2. Cette conclusion me paraît erronée et je ne crois pas qu'on doive identifier la sociologie à la Biologie.'

Si on ne voyait dans les expressions biologiques que des comparaisons ou des facilités de langage, il n'y aurait rien à dire. Ainsi quand on parle de faire « l'anatomie et la physiologie des sociétés >, si on ne veut que présenter une image, c'est parfait; et cela n'a pas plus de portée que quand on parle de disséquer une âme.

Mais les comparaisons et les habitudes de langage deviennent à la longue dangereuses et il vaut mieux y renoncer.

« II est temps, dit Fournière, de renoncer à la fâcheuse habitude d'appliquer aux faits et aux individus sociaux la terminologie des sciences naturelles. » Cela ne fait que prêter i une apparence scientifique aux constructions de l'esprit les plus fantaisistes ».

Seulement il y a un certain nombre d'esprits, et des plus distingués, pour lesquels il ne s'agit plus seulement de comparaisons et de terminologie; ils identifient réellement la sociologie et la Biologie ; la première n'est plus qu'un chapitre de la seconde : les citations que nous venons de faire le prouvent bien.

Alors on tombe dans l'erreur, erreur identique à celle des savants qui veulent que la science entière de l'homme tienne dans la Biologie.

L'étude, dans le passé et dans le présent, d'une société, quelle qu'elle soit, doit étr^ composée des mêmes éléments que l'étude particulière des individus qui composent cette société.

Ainsi l'histoire d'une espèce végétale ou d'une espèce animale, à travers le temps et dans ses groupements familiaux ou autres, appartient à l'étude biologique de cette espèce : la Biologie suffisant à connaître les individus suffira à faire connaître leurs associations.

Mais nous avons vu, dans les chapitres précédents, spécialement dans les chapitres m et iv, que pour l'homme il y a, en dehors de la Biologie, au moins une autre science, la psychologie, qui étudie d'autres éléments de l'homme, notamment le principe du libre arbitre et de la responsabilité.

Dès lors, les événements de l'histoire ne sont plus liés par un déterminisme biologique et la sociologie doit tenir aussi grand compte de la psychologie et de la morale que de la Biologie elle-même.

Nous avons vu Draper condamner d'avance toute méthode historique qui veut tenir compte du libre arbitre, mais c'est là une affirmation a priori, sans démonstration ; ce ne peut pas être considéré comme une proposition positive et scientifique.

Tarde, de son côté, a coupé « le cordon ombilical qui tenait la sociologie avec la biologie » (Espinas, 455)

et dit avec raison : « les hommes ne sont pas des anthropoïdes et la sociologie ne doit pas être l'étude seule des facteurs géographiques ou physiologiques, mais encore celle des facteurs moraux, l'influence de la nature ou de l'hérédité sur une société étant en somme moindre que l'action des individus qui la composent ou des autres sociétés qui l'avoisinent ».

Si j'approuve et adopte ses conclusions, je ne goûte que médiocrement l'argument de Tarde quand, pour combattre les comparaisons et les théories biosociologiques, il dit : « Expliquer la sociologie par la biologie, c'est expliquer ce qui est manifeste par ce qui est obscur, c'est chercher à éclaircir le connu par l'inconnu, transformer un système solaire en nébuleuse non résoluble pour le mieux comprendre » (Goblot, 274).

Je trouve le jugement bien sévère pour la Biologie. En donnant semblable argument, on s'expose à recevoir la réponse suivante : « Les faits sociaux ne sont pas plus manifestes que les faits physiologiques » (275). Et on peut discuter ainsi longtemps, sans jamais s'entendre, sur la clarté relative des faits physiologiques et des faits sociologiques.

En réalité, il n'est nullement nécessaire de contester la valeur de nos connaissances en Biologie et en sociologie pour séparer et complètement distinguer les deux sciences. Il suffit de montrer que si elles ont des lois communes (Goblot), toutes leurs lois ne sont pas communes et cela suffit pour qu'il y ait deux systèmes de lois et par suite deux sciences.

La physique et la mathématique, la chimie et la Biologie ont bien des lois communes; mais elles en ont aussi de différentes ; chacune de ces sciences a son système de lois distinct; donc ces sciences ne doivent pas être confondues en une seule; elles sont séparées et distinctes les unes des antres.

Il en est de même de la sociologie et de la Biologie.

Deux faits psychologiques principaux apparaissent nettement dans la sociologie et la distinguent de la Biologie: l'élément moral et rélémenti?ife//ecfue/, c'està-dire lanotion du libre arbitre et la notion du progrès.

L'élément moral a été nié par les auteurs comme Schopenhauer et Renan, pour qui « la société est comme la nature, indifférente à la moralité » (Palante, 14).

Nous avons vu dans notre chapitre m que la nature est déterministe, tandis que Ihomme est libre et responsable; la société humaine, composée d'êtres moraux, ne peut pas être indifférente à la moralité.

Je ne crois pas juste, dit Duclaux, l'opinion « soutenue et professée avec éclat » qui veut identifier la société humaine et les sociétés animales : < elle fait abstraction de la liberté, qui doit être le pivot de toute société humaine » (833).

* La question sociale, a très bien dit Brunetière, est une question morale... les questions sociales ne sont au fond que des questions morales ».

Je n'irai cependant pas jusqu'à identifier, avec de Roberty, la morale et la sociologie, mais je dirai avec Palante : « Les rapports entre la sociologie et la morale sont très étroits, puisque le problème social se manifeste à son point culminant sous la forme du problème moral le plus passionnant qui préoccupe la conscience contemporaine, celui des rapports de l'individu et de la collectivité j>.

C'est à ce titre que Palante (20) condamne la méthode biologique appliquée à la sociologie par Schœffe, Spencer, Worms, et rappelle combien Nietzsche (Palante, 51) s'est élevé avec énergie contre la sociologie de Spencer, « ce mécanisme à l'anglaise qui fait de l'univers une machine stupide * ».

1. Voici le passage de Niclzsche, qui contient plutôt une série d'affirmations curieuses que des discussions et des arguments

Naville (76) a très bien compris et développé ce rôle, en sociologie, de l'élément liberté et moralité.

D'abord, pour l'individu, « le passé de la liberté se retrouve dans le présent de la nature j, et ainsi se fait « la transformation du volontaire en spontané, résultat de l'habitude ». De plus, « dans la nature actuelle d'un individu adulte, il y a une part de sa liberté et une part de la liberté de ses ancêtres; ainsi s'établit la solidarité morale qui relie les générations et qui donne à la responsabilité un caractère partiellement collectif».

Cet élément de responsabilité se retrouve dans l'histoire. Herbert Spencer, qui professe le déterminisme absolu de l'évolution sociale, admet cependant qu'on peut en troubler le cours, le retarder ou l'altérer et alors « faire un mal incalculable » (Naville, 137), et Naville ajoute ce passage de Guizot (137) : « il

serrés : S ^32 (202). « Ce n'est point une race philosophique ces Anglais. Bacon est proprement une attaque contre l'esprit philosophique en général; Hobbes, Hume et Locke sont un abaissement et un amoindrissement pour près d'un siècle de l'idée de philosophe; c'est contre Hume que s'éleva Kant et il passa outre; c'est de Locke que Schelling eut le droit de dire : Je méprise Locke; contre le brutal mécanisme de la conception anglaise furent d'accord Hegel et Schopenhauer (avec Goethe), ces deux géniaux frères ennemis de la philosophie qui divergèrent vers les deux pôles opposés de l'esprit allemand et qui se méconnurent comme seuls des frères savent le faire... »

» g 2o3 (20 i) Il est des vérités qui sont le mieux reconnues par des cerveaux médiocres, parce qu'elles sont le plus conformes à leur capacité, il est des vérités qui ne possèdent de charme et d'attrait que pour les esprits médiocres : — on est poussé à celte conclusion, peut-être désagréable, depuis que des esprits d'Anglais, estimables mais médiocres — je nomme Darwin, John Stuart Mill et Herbert Spencer — commencent à exercer la prédominance dans les régions moyennes du goût européen... »

Ce cerveau supérieur d'Allemand paraît avoir assez médiocrement compris la philosophieanglaise ; quel que soit l'avis doctrinal que l'on adopte, cette philosophie mérite un jugement moins sommaire.

y a dans l'histoire des peuples deux séries de causes à la fois essentiellement diverses et intimement unies, les causes naturelles qui président au cours général des événements et les causes libres qui viennent y prendre place... les hommes sont dans l'histoire des êtres actifs * et libres qui y produisent des résultats et y exercent une influence dont ils sont responsables. Les causes fatales et les causes libres, les lois déterminées des événements et des actes spontanés de la liberté humaine, c'est là l'histoire tout entière ».

C'est l'éloquente indication de l'élément moral à côté de l'élément déterministe dans l'histoire.

Cet élément libre arbitre n'imprègne pas seulement Ihistoire et la sociologie, mais aussi les applications de ces sciences sociales et spécialement le droit.

« Une agglomération d'hommes, dit encore Naville (130), ne devient une Société que par l'existence d'une loi... Il y a des lois dans tous les ordres de phénomènes; mais lorsqu'on passe de la nature à la société le sens du mot change. Les lois de la nature sont l'expression des faits, de l'ordre des événements. Les lois sociales sont des ordres dans le sens d'un commandement. Elles ne sont pas l'expression de ce qui est, mais la prescription de ce qui doit être. Elles s'adressent à des êtres capables d'obéir ou de résister c'est-à-dire à des êtres doués d'un élément de libre arbitre. La loi morale crée une obligation qui se révèle à la conscience; la loi sociale crée une obligation civile. L'obligation civile devient morale par le lien qui réunit chaque individu à la communauté... Si l'idée de la liberté est le postulat de la législation, dans toute l'étendue de ce terme, elle est, d'une

1. L'historien « démontrera l'efficacité de l'action, en faisant voir qu'à telle date, tel homme ou tel groupe d'hommes a, par sa volonté, modifié l'histoire » (Lavisse, cit. Blum, 399). Grasset. 7

manière encore plus apparente, le postulat de la législation pénale... Il est trois idées eu effet qui sont intimement liées : liberté, responsabilité, culpabilité. ». Et, comme conclusion : e l'organisation sociale suppose la liberté ».

Nous voilà loin de la formule citée plus haut qui pourrait être la devise des sociologues biologistes : « la société est, commela nature, indifférenteà la moralité ».

Je crois avoir démontré au contraire dans les sciences sociales (histoire et sociologie) et leurs applications (droit et législation), un principe de moralité, tiré du libre arbitre des individus qui composent la société humaine.

C'est là le premier et le plus important élément de différenciation entre la sociologie et la Biologie. J'en indiquerai i-apidement un second.

Ce second élément qui sépare la sociologie de la Biologie, c'est l'élément psychique supérieur ou mental, celui qui a fait dire à Remy de Gourmont (88) : « puisque tout dans l'homme se ramène à l'intelligence tout dans l'histoire doit se ramènera la psychologie»; et qui a inspiré cette définition de la sociologie « la science qui étudie la mentalité des unités rapprochées par la vie sociale » (Palante, 3).

Certes, il y a du psychisme dans les sociétés animales comme dans les individus qui les composent. Mais nous avons vu, au chapitre iv, combien et en quoi le psychisme de l'homme se différencie de celui des animaux.

Tandis que chez les animaux, même les plus élevés, on ne trouve qu'un psychisme inférieur, automatique, biologique, chez l'homme il y a, en plus, un psychisme supérieur, capable de spontanéité, de perfectionnement et de progrès.

LA BIOLOGIE ET LES SCIENCES SOCIALES lH

De même, dans les sociétés humaines, il y a cet élément que l'on ne retrouve pas dans les sociétés animales : la perfectibilité, la possibilité du progrès, en quelque sorte indéfini ^

On peut donc dire des sociétés animales et de la société humaine ce que Halleux dit des individus composants : « runiforuiité et la stabilité caractérisent donc la conduite de l'animal, le changement et le progrès celle de l'homme ».

Donc, la personnalité spéciale de l'homme individualise les sociétés humaines et oblige à séparer la sociologie de la Biologie.

Je ferai même remarquer que cette constatation n'exige pas la croyance au libre arbitre et au progrès.

Vous pouvez regarder le libre arbitre comme une illusion de notre conscience, vous pouvez nier que l'évolution de l'humanité constitue un progrès : peu importe. Vous ne pouvez pas nier qu'il y ait des changements, des évolutions, des révolutions, des actions et des réactions, des aspirations élevées... dans la société humaine, dont nous ne voyons scientifiquement aucune trace dans les sociétés animales.

Et par suite, quelle que soit la doctrine philosophique que l'on professe, on doit séparer la sociologie de la Biologie, sous peine de décapiter et même de supprimer entièrement la première de ces deux sciences.

C'est ce qui ressortira, je crois, avec plus d'évidence encore, après le paragraphe suivant.

3. Cette question des rapports entre la Biologie et la sociologie est tellement capitale pour l'existence et la constitution de cette dernière science, qu'elle se re-

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