‹ Les limites de la biologieChapitre 39 sur 44 · Oratoire et laboratoire, Action française · texte numérisé non relu

Oratoire et laboratoire, Action française

4. Voir aussi Léon Daudet, La libre parole, 23 septembre 1904. {Note de la 3" édilion.)

1. — On a d'abord contesté l'opportunité de cette publication.

La Revue Suisse de Lausanne me l'a dit assez rudement : puisque, de l'aveu même de l'auteur, il n'y a là que de vieilles idées sur de vieilles questions, € on se demande s'il était bien nécessaire de redire ce qui a été dit déjà ».

Le professeur Le Dantec * a également combattu avec une cruelle ironie mon respect des vieilles idées et des traditions.

« Restons fidèles aux vieilles traditions! écrit-il... traduction libre : Stahl avait imaginé le phlogistique qui était absurde. Lavoisicr a découvert l'oxygène qui en a démontré l'absurdité : croyons à l'oxygène, mais conservons le phlogistique qui nous le fera mieux comprendre!

» Et voyez la force des comparaisons ! 11 a suffi de représenter sous forme d'une pyramide l'accumulation des erreurs ancestrales pour conclure avec un élément de logique que le passé éclaire l'avenir. Mais le passé est bien plutôt un bourbier dans lequel la tradition nous enfouit et nous étouffe. La science ne marche qu'en détruisant sans pitié. La vérité d'aujourd'hui, n'est-ce pas l'erreur de demain? s'écrie Ibsen. Considérons comme provisoires les vérités que nous acquérons et n'attribuons pas aux conquêtes de nos prédécesseurs une éternité qu'elles ne méritent peutêtre pas 2 ».

ÎSF. Le Dantec est sévère pour la science et pour toute la science contemporaine elle-même. Cette science

1. Immatériel et inconnaissable, Rev. blanche, !•' mars 1902.

2. Voir également : Le Dantec, Les limites de la Biologie diaprés M. Grasset in Les limites du Connaissable. La vie et les phénomènes naturels. Biblioth. de philos, contemp., 1903, p. 121, et Points de vue in f'evue blanche, 1" janvier 1903, p. 57. — Voir aussi les articles critiques de Y. de Brabandére in Revue

Gbasset. 11

du xixe siècle, dont nous étions si fiers, ne va donc plus être, pour le xxi% qu'un « bourbier » d' « erreurs ancestrales ». Si je ne savais combien M. Le Dantec s'écarte de M. Brunetière *, je dirais qu'il proclame là la banqueroute perpétuelle de la science. Si la vérité d'aujourd'hui n'est que l'erreur de demain, l'édifice de la science est tout entier effondré et alors, en effet, la vieille comparaison avec la pyramide ou avec le géant devient détestable comme toutes les vieilles choses.

J'interprète évidemment mal la pensée de M. Le Dantec : il y a certainement dans ses œuvres et dans ses observations scientifiques des choses qui resteront et que nos arrière-petits-neveux se refuseront encore à considérer comme des erreurs ancestrales.

Il est en effet vieux — mais toujours vrai — de dire qu'en science les théories passent et changent, mais que les faits restent, s'accumulent, se complètent et ne s'entredétruisent pas.

Le phlogistique était une théorie, l'oxygène est un fait. La théorie est passée, le fait restera, alors même qu'à la suite de nouvelles observations l'oxygène cesserait d'être un corps simple.

Tel a été précisément le but de ce livre : démontrer qu'en dehors des faits d'observation extérieure il y a des faits d'observation intérieure, qui ont tout autant de valeur scientifique; que, par suite, les procédés et les méthodes de la Biologie, si perfectionnés qu'ils soient, n'épuisent pas la liste de nos moyens d'inves-

hibliographique belge, 31 mai 1903, et de G. deKirwan in Revue des questions scientifiques, 20 octobre 1902. Dans la Revue générale des sciences pures et appliquées {a.oûl 1903), Gaston Rageot estima que « à la vérité M. Le Dantec eût été sage de ne pas reproduire sur le même pied que ses travaux scientifiques les improvisations de circonstance ». {Note de la 3" édition.)

1. Voir Le Dantec : M. Brunetière est plein d'espoir. Revue blanclie, 15 mars 1902.

tigation et d'étude, qu'il y a donc des sciences, des modes de connaissance qui ne sont pas la Biologie, que par conséquent la Biologie a des limites.

Ces idées, basées sur les faits, me paraissent rester vraies, quoique vieilles.

En tous cas, ces objections de M. Le Dantec sont la meilleure réponse à faire à la Revue Suisse de Lausanne : il n'était pas inutile de redire et d'essayer de démontrer à nouveau ces vieilles idées, puisqu'elles sont encore si énergiquement et si brillamment discutées.

2. — J'insisterai peu sur les objections faites à la méthode employée dans ce livre.

On m'a reproché le nonibie de mes citations «.

Je répondrai, avec les critiques eux-mêmes ^, que c'était « à la fois nécessilé, élaat donné le plan du livre, et besoin d'exactitude chez l'auteur ^ », que c'est « un rare exemple de probité littéraire » qui devrait être « plus suivi ^ », que d'ailleurs ces citations sont c impartialement empruntées aux auteurs des camps philosophiques les plus opposés ^ ».

J'accepte plus volontiers le reproche que cette bibliographie a des lacunes. Je dois les signaler à ceux qui voudraient reprendre et approfondir le sujet.

Ainsi la Revue bibliographique belge me reproche de ne pas citer la Revue des questions scientifiques,

1. Cabanes, Chronique médicale, — Roure, Études religieuses.. — Journal des praticiens de Huchard. — Polybiblion.

2. « La lecture de ces pages est des plus suggestives, dit Claparêde (Archives de psychologie), leur auteur les ayant émaillées de citations provenant des sources les plus diverses et dont le rapprochement est souvent piquant. » [Noie de la H' édition.)

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