‹ Les Lipides Et En Particulier Le Cholesterol Dans Les Ictères HémolytiquesChapitre 27 sur 40 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LE CHOLESTEROL ET LA LIPOIDEMIE DANS LES ICTERES HEMOLYTIQUES AVANT TOUTE INTERVENTION THERAPEUTIQUE

Les premiers travaux de Chauffard, Laroche et Grisaut (2) mentionnaient seulement l’absence d’hypercholestérolémie dans cette variété d’ictères. On voit, écrivaient-ils en 1911, que « l’opposition entre les ictères hémolytiques et les ictères d'autre nature se poursuit même sur le terrain de la cholestérinémie. L’hypercholestérinémie fait défaut dans les ictères congénitaux » (deux cas: 0 gr. 22 et 0 gr. 40 par dosage de l'extrait éthéré de Soxhlet qui donne normalement 0 gr. 10 à 0 gr. 40).

En 1912, Oulmont, Boïdin et Laudat (4) signalent pour la première fois comme un stigmate constant des ictères hémolytiques l’hypocholestérolémie, à propos d’un cas d’ictère hémolytique acquis (Obs. IV) qui durait depuis douze ans. Ils rapportent quatre autre cas d’ictère hémolytique où la cholestérolémie oscille entre 0 gr. 90 et 1 gr. 15. Ils en mentionnent un autre où le chiffre était normal 1 gr. 50.

En 1914, Huber (64) rapporte les observations de huit malades atteints d’ictère hémolytique et chez qui les chiffres de cholestérol du sérum oscillaient entre 0 gr. 94 et 1 gr. 40.

En 1924 dans un cas de Nobécourt et Mathieu (7) la cholestérolémie atteignait 0,92.

Dans un cas personnel de Lemaire en 1925 (8) chez un enfant atteint d’ictère hémolytique congénital, la cholestérolémie sérique était très abaissée 0 gr. 90 puis

pue

0 gr. 70 puis 0 gr. 92. Cet auteur cite d’autres cas d’ictères hémolytiques congénitaux où la même constatation à été faite.

Nous devons à l’obligeance de notre maître M. Brâûlé et à celle de M. Laudat les chiffres suivants dans divers cas d’ictère hémolytique :

cholestérol bilirubine

1927 : Arn. 12-1 NOT 1/12.000 14-3 0,83 1/15.000

B. 14-1 Ts 1/18.000

1929: Arn. 16-7 0,80 1/20.000 1930 : G. 25-6 d 1/5.000 S.A. 21-11 1,31 1/15.000 LOSIFEL 20-6 1,24 1/18.000 1932 : M. 20-6 L,14 1/15.000

Dans un cas d’ictère hémolytique que M. P.E. Weil et motre collègue Bousser ont bien voulu nous communiquer, la cholestérolémie était de 1 gr. 40 (Rev... Claude, 10 ans), pour une résistance globulaire H1 x 70, H2 = 40.

Inutile de multiplier les exemples: on voit par ceux qui précèdent que, à l’heure actuelle, l’hypocholestérolémie est un fait bien prouvé au cours des ictères hémolytiques soit acquis, soit congénitaux.

Il ne s’est agi jusqu’à présent que de la cholestérolémie. En 1929, Widal, de Gennes et Laudat (9) attirent l'attention sur la diminution non seulement du cholestérol, mais encore sur la diminution parallèle des lipides totaux du sérum: €’est ainsi qu’au 20 juin 1926, leur malade présentait: cholestérolémie = 0 gr. 70; lipidémie = 2 gr. 25.

Nous possédons encore deux chiffres de lipides totaux chez ‘des malades atteints d’ictère hémolytique congé-

ns ie Dies)

nital. Le premier, un peu diminué, est de 4 gr. 57; il a été trouvé par M. Laudat chez la malade Mme Arn..… dont nous avons parlé plus haut et qui, le même jour (14 mars 1927), avait une cholestérolémie de 0 gr. 83. L'autre, 5 gr. 75, est sensiblement normal. Il concerne la malade dont nous rapportons plus loin l'observation détaillée (Obs. VIII) et qui le même jour (8 janvier 1933) avait une cholestérolémie de 1 gr. 02. Nous devons ce dernier dosage de lipides à l’obligeance de Mlle J. Lévy.

Reprenons le cas d’ictère hémolytique congénital de Widal, ide Gennes et Laudat où ces auteurs étudient l’évolution de la lipidémie et de la cholestérolémie en indiquant parallèlement celle de la résistance globulaire aux solutions salines hypotoniques.

Examinons par exemple les chiffres qu’ils donnent à la date du 20 Juin 1926:

Cholestérolémie (sérum) .. .. O0 gr. 70 Läipidémie. (Sérum) .. .. ... 2 gr. 25 Hémolyse initiale .. .. .. .. .. 80 Fémolyse totales 00. 052

Il y a donc diminution manifeste à parallèle des trois facteurs: cholestérol, lipidémie, résistance globulaire. Voyons les relations qui peuvent exister entre eux.

Si l’on admet comme chiffre moyen normal de cholestérolémie celui de 1 gr. 50 et celui de 6 gr. pour la lipidémie, on constate que, dans ce cas, le cholestérol dosé représente 46 % du cholestérol normal et les lipides totaux 37 % des lipides normaux. Il y a donc diminution plus forte des lipides totaux que du cholestérol. Pour relatif que soit ce résultat il m'en garde par moins sa valeur puisque le chiffre normal des lipides totaux, c’est-à-dire acides gras + cholestérol + phosphatides, est compris entre 6 et 8 grammes, et que la diminution

serait plus forte encore si on l’établissait par rapport au chiffre fort de 8 gr. D’autre part, normalement, sur les 6 à 8 gr. de lipides totaux, il existe, outre 1 gr. 50 de cholestérol, environ 1 gr. 50 également de phosphatides et en particulier de licithine et 3 à 4 gr. d'acides gras. Dans le cas particulier que mous étudions nous ignorons le chiffre absolu des acides gras totaux. Nous pouvons dire seulement qu’il est inférieur à 2,25 — 0,70 = 1 gr. 55, chiffre qui représente en gros, la somme des acides gras et de la lécithine. Normalement le cholestérol représente 33 % de cette somme, ici 45 %. Or, normalement le poids du cholestérol correspond à 30 % environ du poids des acides gras: c’est le coefficient lipocytique. Dans notre cas, et même si le chiffre de 1,55 mesurait uniquement le poids des acides gras, on voit que le coefficient lipocytique serait déjà augmenté puisque la proportion est de 45 %. Le coefficient lipocytique du plasma est donc augmenté. Celui du complexe plasmo-globulaire l’est-il également ? En vertu des travaux de Mayer et Schæffer, cette augmentation expliquerait la diminution de la résistance globulaire du sang total aux solutions salines hypotoniques, mais nous en sommes, sur @e point, réduits à des hypothèses. En ce qui concerne la diminution de résistance à ces solutions des hématies déplasmatisées nous ne possédons actuellement non plus aucun moyen de vérification puisque les dosages de cholestérol et des acides gras globulaires n’ont jamais été effectués au cours des ictères hémolytiques.

En second lieu, comment expliquer au moyen des chiffres que nous comnaïissons le pouvoir protecteur plasmatique des hématies contre les solutions hypotoniques ? Si nous nous reportons aux conclusions du chapitre précédent il nous faudrait trouver une dimimution du coefficient :

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