‹ Les Lipides Et En Particulier Le Cholesterol Dans Les Ictères HémolytiquesChapitre 35 sur 40 · RO · texte numérisé non relu

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l’image de ce qui se passe dans le sérum, les lipides globulaires aient récupéré des valeurs normales. Maïs que se passe-t-il quand le cholestérol et les lipides sériques augmentent franchement ? En octobre 1931 par exemple le cholestérol est de 1 gr. 54, chiffre normal, les graisses lipides au lieu de 0,25 normalement. Comme le montrent d’ailleurs les courbes du tableau um certain désaccord commence à se manifester entre les courbes du cholestérol et les lipides qui sont ascendantes et les courbes d’hémolyse qui restent horizontales. Ce désaccord devient encore plus frappant le 24 Avril 1932 ; le cholestérol atteint alors le chiffre exagéré de 2 gr. 48, les lipides celui de 7 gr. 54. Le rapport reste à peu près le même, 0,32. Cependant alors que H3 demeure à 42, H1 s’élève tout à coup à 58, indiquant une fragilisation brusque des hématies les moins résistantes. Par conséquent, le parallélisme qui, jusqu’à présent, paraissait lier rigoureusement les variations des chiffres de résistance globulaire à celles du coefficient lipidique du sérum se trouve interrompu tout à coup. Ce n’est donc certainement pas dans les variations du cholestérol et des lipides sériques que nous trouverons l’explication de cette subite fragilisation. En effet, le 22 Août 1932, alors que les chiffres du cholestérol, 2 gr. 45, et des lipides 7 gr. 45, sont très voisins de ce qu'ils étaient le 24 Avril, les courbes de résistance globulaire tombent tout à coup, H1 atteint ainsi 48, H3 = 30, se rapprochant par conséquent du chiffre normal.

I1 résulte de cette première observation que la courbe des chiffres extrêmes de la résistance globulaire suit très exactement les variations du rapport

cholestérol du sérum lipides totaux du sérum

et probablement ceux du coefficient lipocytique sérique, cholestérol du sérum acides gras du sérum tant que ce rapport est au-dessous ou au niveau du chiffre normal. Le jour où ce rapport devient supérieur à la normale, le parallélisme cesse d’exister d’une façon aussi nette. Il est donc probable que les variations cholestéroliques et lipidiques des globules rouges qui pourraient expliquer celles de la résistance globulaire ne sont pas non plus rigoureusement parallèles à celles

des éléments gras du sérum.

Si l’on compare au contraire les courbes de la résistance globulaire et celles du cholestérol et des lipides globulaïires, on constate que sans être rigoureusement parallèles non plus, elles suivent cependant beaucoup plus exactement les chiffres absolus des lipides et du cholestérol, exception faite, ici encore, pour les dosages et les mesures du 24 Avril 1932. I] nous semble donc que le coefficient lipidique ou le coefficient lipocytique du sérum me sauraient entrer directement en ligme de compte pour expliquer les variations de la résistance globulaire et que ce qui est important à ce point de vue, ce me sont pas les rapports des éléments gras maïs leurs chiffres absolus. Or, on sait depuis les travaux de Hedin (73 et 74) que les acides gras pénètrent très facilement dans les hématies et d'autant plus facilement qu'ils sont plus élevés dans la série: on trouverait même plus d'acides gras dans les globules que dans le sérum. D'autre part on se rappelle que Grigaut (3) a montré que physiologiquement et pathologiquement le cholestérol globulaire augmente faiblement par rapport au cholestérol du sérum. Ainsi il est possible d’admettre, comme le fait remarquer May (33) que « à l’inverse des acides gras qui pénètrent facilement dans les

Lo

globules et même s’y accumulent, la cholestérine a un pouvoir de pénétration peu marquée et s’accumule surtout dans le sérum ». Si, par conséquent, nous entrevoyons des interactions plasmo-globulaires entre les corps gras, les chiffres que nous connaissons du cholestérol et des lipides du sérum, dans l’observation que nous étudions, ne sauraient nous donner une idée exacte des éléments gras globulaires et ici comme ailleurs, nous sommes amenés à conclure que seuls pourront résoudre le problème les dosages effectués directement sur les globules.

Une autre remarque s'impose à mous au cours de l'étude de ce cas: la résistance globulaire n’approche du chiffre normal et ne l’atteint que lorsque les lipides sériques et surtout le cholestérol prennent une valeur nettement exagérée. Les éléments gras, soit plasmatiques, soit globulaires, ne sont donc évidemment pas tout dans l’hémolyse des ictères hémolytiques: ils agissent seulement à titre de facteur protecteur. La vraie raison de l’hémolyse est ailleurs. Le retour de la résistance globulaire à des chiffres normaux peut d’ailleurs s'expliquer de deux façons: ou bien par la disparition de l’agent hémolysant, et dans ce cas l’hyperlipoïdémie me jouerait aucun rôle dans la protection globulaire ; ou bien, si l’on admet la persistance de cet agent hémolysant, par l’action anti-hémolytique des lipoïdes plasmatiques et globulaires.

Voici, à titre documentaire, une observation qui montre les variations de la cholestérolémie avant et après la splénectomie.

Os. III (observation personnelle de la thèse de Le: maire 8).

L'enfant âgé de 11 ans 1/2 est hospitalisé le 15 mai 1924 pour mauvais état général. IT 6st jaune depuis sa naissance et il souffre de l’abdomen.

Antécédents personnels: l’enfant est né à terme, il n’a présenté dans son enfance, qu'une rougeole et une coqueluche sans complication.

L’ictère s’est manifesté dès la naissance. Il a toujours présenté des périodes d'atténuation et d’exacerbation.

Souvent l’enfant se plaint de douleurs abdominales ou lombaires, accompagnées quelquefois de vomissements bilieux.

Il a toujours mauvais appétit et souvent de la diarrhée. Il se fatigue facilement, manque d’entrain. C’est un enfant nonchalant.

Antécédents héréditaires: les parents et un frère âgé de 1} ans sont bien portants, ni pâles, ni ictériques. Aucun état semblable n'existe chez les ascendants ou les collatéraux.

Examens clinique : la taille 1 m. 32 et le poids 25 k. 500 sont inférieurs à la normale, 1 m. 34 et 2? k. 500.

Le rapport P/T de 193 diffère peu de la moyenne 208.

Les téguments et les conjonctives présentent une teinte jaune pâle; cet ictère, peu marqué à la face, est accentué sur le reste du corps. De plus, il existe des signes cliniques d’anémie.

Sous ce masque jaune, la face est pâle, les lèvres et les gencives sont légèrement décolorées. On trouve des ganglions de volume moyen au cou et dans les aines.

Abdomen — le ventre est souple, non ballonné. Le foie facilement palpable, n’est ni dur, ni douloureux. Il déborde les fausses côtes de } em. et mesure 17 cm. sur la ligne mamelonnaire.

La rate est très augmentée de volume, facilement palpable, dure, mais non douloureuse. Elle déborde les fausses côtes de 5 cm. et mesure 17 om. sur 9 em.

Selles normalés et bien colorées.

Urines: urobiline, souvent très abondante, et presque toujours de quantité supérieure à la normale.

ni.

Examens du sang (résumé)

AE 2 H1 H? H3 Cholestérine 20 Mai 192} sang total 66 56 36 0,90 22 Mai 0,70 20 Juin 0,92

Réaction de B. W. négative.

Réaction de Hecht négative.

Le sérum du malade ne contient pas d’hémolysines, aggressives contre les globules rouges de 5 individus du même âge.

Splénectomie le 3 Juillet 192}: l'enfant est opéré par M. le Professeur Ombredanne. Le malade supporte très bien l'intervention. Evolution de l’affection après splénectomie: le 13 Juillet l’enfant contracte les orgillons, 10 jours après la splénectomie. L'évolution se fait normalement, sans aucun incident, ni complication, l’état général reste bon, et le 2} Juillet l’enfant quérit.

Le 22 Août, on constate une éruption de scarlatine généralisée de couleur lie de vin, très intense.

L'état général reste bon.

La température ne dépasse pas 88°, le 80 Août elle tombe à la normale. Mais les 6-7-8 Septembre, la température remonte progressivement à 38°5, on constate une angine et le 10 une néphrite. Les urines sont foncées mais non sanglantes, il existe de l’albumine 0 gr. 15, 0 gr. 98 d’urée dans le sang. La tension au Pachon est de 6-10. Il n'y a pas de cylindres dans les urings. Le 11 Septembre la température redevient normale.

Pendant toute l’évolution de la maladie, il n’y a eu aucun signe d’ictère. Cependant les 9 et 10 Septembre, on constate des pigments biliaires dans les urines. Les réactions de Gmelin et de Hay sont négatives les jours suivants.

Le } Octobre, l’enfant rentre dans la salle commune,

il n’a pas d’albumine. L'état général est bon, l'enfant a de l’appétit.

L’ictère a complètement disparu. Le 13 Octobre, sur la demande de ses parents, il quitte l'hôpital avec un poids de 26 k. 950 au lieu de 25 k. 500 à l’arrivée.

Mais le 10 Novembre il est hospitalisé de nouveau.

L'état général est médiocre, il ne pèse plus que 23 k. 400, présente des signes cliniques d’anémie, confirmée par le laboratoire, l’enfant est mis au régime martial et sous l'effet d'une dose quotidienne de 0 gr. 20 de protoxalate de fer et de séances de Rayons ultraviolets, l’état général s'améliore, les signes cliniques d’anémie disparaissent.

Examens de sang (résumé) :

H1 H? H3 Cholestérine

8 Juillet, sang total 52 46 30 1 gr. 25

30 — —— 1 gr. 60 13 Août — 50 48 30 1 gr. 44 28 — (scarlatine) 0 gr. 98 13 Novembre 48 4} 40 1 gr. 05 28 Décembre 1 gr. 2?

Voici maintenant deux observations montrant les varations de la cholestérolémie et de la lipidémie avant et après la splénectomie :

OBS. IV: Widal, de Gennes et Laudat.

Etude clinique et physiopathologique d'un cas d’ictère hémolytique traité par la splénectomie (Presse Méd. 1929, N° 32, p.613).

Notre observation est celle d'un jeune étudiant en sciences, âgé de 23 ans, venu nous consulter le 3 Mai 1926 pour un ictère chronique datant de l'enfance, et qui serait, au dire de la famille, apparu vers l’âge de un an, à la suite d’une diphtérie compliquée de croup.

ce

Depuis cette époque, l’ictère a persisté sans interruption variable seulement dans son intensité.

A la swite de fatiques, du surmenage des examens, de poussées de bronchite ou d'infections gastro-intéstinales l’ictère devenait plus foncé en méme temps que le ma- Ladé acousait une asthénie extrême ct se plaignait d’une sensation de plénitude de l’hypochondre gauche.

Chaque poussée s'accompagnait de légers troubles digestifs (une selle diarrhéique par jour).

Dans l'intervalle des poussées, lictère persistait moins foncé, mais l’état général restait relativement bon et 16 inalade à ju mener une vie normale ét passer sa licence 6s sciences.

L’esamen montre un ictère franc des téguments 6t des muqueuses. Mais c'est un ictère sans décoloration des matitrés, sans signe de rétention de sels biliaires (ni prurit, ni bradycardie). Les urines ne contiennent ni pigments, ni sels bilidires, mais wne forte proportion d'urobiliné, la cholémie est de 1/5000.

Le foie légérement ptosé nest pas augmenté d6 vo- Lure.

Par contre, la rate, énorme, déborde largement des fausses côtes. Non pôle inférieur atteint la ligne ombilicale ét l’on sent sous la peau son bord antérieur crênelé et dur.

La teinte foncée des téquments ne permet pas d’en apprécier directement l’anémie.

Mais l'examen du #1ng montre:

Globules rouges 2.550.000 Globules blancs 8.00 H émoglobine 70 % Polynucléaires 59 % Eosinophiles ?

Mononuclédires moyens 2

ee

Lymphocytes 33 Transit è Plaquettes 210.000

Nombreuses hématies granuleuses.

Il existe d'autre part une fragilité globulaire consi-

dérable avec allongement de la courbe d’hémolyse: Hémolyse initiale 7 Hémolyse totale 50

[l n'y a pas d’'hémolysines libres dans le sérum.

L’auto-agglutirution des hématies est négative.

L'examen des autres organes ne montre rien de spécial.

Cœur et poumons normaux, réflexes normaux.

Tension artérielle 13 x9. Fonction rénale normale.

Urée du sérum: 0,45 — aucun signe de syphilis.

Wassermann régatif.

Dans les antécédents: le croup dans l'enfance; un épisode pulmonaire à 10 ans; une typhoïde à 17 ans.

Le père du malade est mort de cancer du foie à 51 ans.

La mère, morte de tuberculose pulmonaire, n’a été que peu au contact du malade.

Deux frères et deux sœurs bien portants.

Il n'y a pas, dans la famille, d'autres cas d’ictère.

En résumé il s'agit d’un ictère chronique acholurique sans décoloration des matières, sans signe de rétention des sels biliaires accompagné de splénomégalie, d’anémie et de fragilité globulaire.

Ces caractères suffisent à affirmer qu'il s’agit d’un ictère hémolytique congénital.

Le 18 Mai le malade est revenu après 15 jours de traitement martial (5 centigr. par jour de protoxalate de fer).

L’ictère est inchangé.

Globules rouges 3.000.000

Hémolyse 70 % Hémolyse initiale 78 Hémolyse totale 28

Le 20 Juin, l’ictère semble avoir subi une légère recrudescencé, malgré la continuation du traitement martial. Les urines contiennent une très forte proportion d’urobiline.

L'anémie s’est aggravée :

Globules rouges 2.600.000 Globules blancs 9.000 Hémoglobine 60 % Polynucléaires neutrophiles 54 Eosinophiles 1 Grands mononucléaires 6) Moyens mononucléaires 20 Lymphocytes 29 formes de transition Î La courbe d’hémolyse s’est allongée:

Hémolyse initiale 80 Hémolyse totale R

L'anisocytose, la poikilocytose, la polychromaphilie persistent. Il existe de nombreux hématies granuleuses

(8 pour 100), mais pas d’'hématies nucléées.

Plaquettes 240.000 Cholestérine du sérum

(méthode de Grigaut) 0 gr. 96 Cholémie

(méthode de Fouchet) 1/7000 Albuminoïides totaux du

sérum 78 gr. 60

Le 3 Juillet 1926, l’ictère, l’anémie, la fragilité globulaire persistent sans changement :

Hémolyse initiale 78 Hémolyse totale 42

the

Plaquettes 220.000 Cholémie 1/7000 Réfractométrie 58,5 — T4 gr. d’alb Cholestérine 0,70 Lipoides totaux du sérum 2 gr. 25

Sur les instances répétées du malade, nous nous décidons à faire pratiquer la splénectomie.

Le 4 Juillet 1926, le Professeur Gosset, après anesthésie à l’éther, enlève une rate énorme, friable, non adhérente, allongée surtout dans le sens vertical.

Vidée de son sang, elle pèse encore 1 kg 300.

A la coupe, elle est fortement congestionnée.

Les corpuscules de Malpighi sont riches 6n cellules germinatives et envahis par places par des trousseaux fibreux.

Mais surtout les cordons de Biüllroth sont très fortement congestionnés et gorgés d’hématies de forme et d'aspect normaux.

Les sinus sont modérément congestionnés et riches en grands macrophages bourrés de pigments.

Le malade est revu le soir de l'opération plongé dans un état de choc alarmant. Le cœur est rapide, à tension basse, malgré les grandes quantités de sérum injecté sous la peau.

L’examen du sang montre une accentuation de l’anémie (1.800.000 globules rouges) et une réaction leucocytaire très vive (18.000 globules blancs, avec 8? pour 100 de polynucléaires).

Le lendemain (5 J'uillet) la température s’est élevée à 40°. Le malade respire difficilement et l'examen montre l'existence d’un gros foyer de congestion pulmonaire de la base droite. L’ictère est: plus foncé que jamais et cependant la résistance globulaire s’est brusquement améliorée (H = 58) (HT = 4?) tandis que l’anémie persiste :

Globules rouges 1.800.000 Globules blancs 18.000 Hémoglobine 60 % Polynucléaires 8?

Lymphocytes 12 Eosinophiles 1 Plaquettes 340.000 Hématies nucléées ANS

Pas d’hématies granuleuses.

Le 10 Juillet: les signés pulmonaires s’améliorent, la température revient à 37° du jour au lendemain. L'ictère encore net la veille, disparaît presque complètement de la peau et des muqueuses. La résistance globulaire reste:

Hémolyse initiale 5,8 Hémolyse totale 4,2

Mais l’anémie persiste et ne se répare que très lente-

ment :

Globules rouges 2.200.000 Globules blancs 12.000 Polynucléaires 59 Eosinophiles 3 Grands mononucléaires 3 Moyens mononucléaires 151 Lymphocytes 3 Myélocytes 3 %

Aniso et poikilocytose Pas d'hématies granuleuses.

Il n'y a pas d'hématies nucléées mais de nombreux corps de Jolly:

Hémoglobine 80 Plaquettes 426.000

Sérum incolore, d'aspect normal

Cholémie 1/40.000 Albuminoïides totaux 84 gr.

Cholestérine 0 gr. 88 Lipoides totaux 2 gr. 80

Le 16 Juillet, l’ictère a disparu, l'état général est meilleur; l’anémie se répare lentement :

Globules rouges 2.800.000 Globules blancs 12.000 Hémoglobine 80 % Polynucléaires neutr. 60 Eosinophiles F Mononucléaires 1 Moyens mononucléaires 20 Lymphocytes 13 Myélocytes è

Pas d’hématies granuleuses Nombreux corps de Jolly

Plaquettes 390.000 Hémolyse initiale 28 Hémolyse totale 40 Cholestérine 0 gr. 9% Lipoides totaux 3 gr.

Le malade part se reposer en Bretagne, à la fin de Juillet.

Il est revu en Bretagne le 12 Août dans un excellent état de santé. Il court, nage, joue au tennis, sans aucune fatigue.

Le faciès 6st bronzé par le soleil, mais il n'y a pas trace de subictère aux téguments ni aux conjonctives :

Globules rouges 4.300.000 Globules blancs 10.000 Hémolyse 85 % Polyneutrophiles 64 % Eosinophiles è

Moyens mononucléaires 10 Grands mononucléaires 3 Lymphocytes 18 Myélocytes 3 Hématies nucléées 1

Nombreux corps de Jolly La résistance globulaire reste aux mêmes chiffres:

Hémolyse initiale 5,6 Hémolyse totale 3,8 Plaquettes 420.000

Le 2? Octobre, } mois après l’opération, le malade revenu à Paris depuis un mois, a passé récemment des eæamens et se sent très fatiqué.

Un peu de subictère est reparu aux conjonctives et les urines contiennent à nouveau de l’urobiline:

Globules rouges 3.860.000 Globules blancs 11.000 Pas d’'hématies granuleuses

Hémolyse initiale 56 Hémolyse totale 40

C'ependant la résistance globulaire est restée la même, et la cholémie est voisine du chiffre normal (1/36.000) : Cholestérine 1 gr. 16

Lipoides totaux du plasma 3 gr.

Le 30 Octobre après 3 jours de repos, l’état général est meilleur mais il persiste un peu de subictère très léger aux conjonctives :

Globules rouges 3.080.000 Globules blancs 8.000 Hémolyse initiale 56 Hémolyse totale 36 Réfractométrie 84 gr. d’alb.

Cholémie 1/36.000 Cholestérinémie 1 gr. 16

Lipoides totaux du plasma 3 gr.

Le 10 Décembre 1926 le malade qui a beaucoup travaillé pour la préparation de ses examens, accuse à nouveau une grande fatique.

Le subictère est redevenu très net aux iconjonctives, et la cholémie s’est élevée à 1/25.000.

La résistance globulaire s’est légèrement améliorée et

la courbe d’hémolyse est plus courte:

Hémolyse initiale Hémolyse totale

Cependant l’anémie s’est de nouveau accentuée :

Globules rouges 3.600.000 Globules blancs 3.600 Polynucléaires 48 Eosinophiles 3 Grands mononucléaires 3 Moyens mononucléaires 2 Lymphocytes #1 Transit 2 Plaquettes 280.000 Albumines totales du sérum 82 gr. 80 Cholestérine 1 gr. 15 Lipoïdes totaux du plasma 3 gr. 76

Le 6 Janvier 1927, la fatigue et le subictère persistent :

Globules rouges 3.360.000

Globules blancs 8.000 Résistance globulaire :

Hémolyse initiale 55

Hémolyse totale 42

Cholémie 1/22.000

Cholestérine 1 gr 15

Lipoîides totaux du plasma

Le 20 Janvier 1927 — le malade vient de souffrir pendant 10 jours d’une angine phlegmoneuse qui n’a nulle-

ment aggravé son état.

PR (IC or

Au contraire il semble que, malgré la fièvre, le repos ait heureusement agi et les conjonctives sont presque nettes de subictère:

Globules rouges 3.800.000 Globules blancs 9.000 Hémolyse 90 & Cholémie 1/40.000 Hémolyse initiale 60 Hémolyse totale 42 Cholestérine 0,95 Lipoîides totaux Le 18 Novembre 1927 — le malade est revu après

dix mois d'absence en très bon état. Il travaille sans fatique et n’a pas d’ictère :

Globules rouges 4.750.000 Globules blancs 8.000 Hémoglobine 80 % Plaquettes 200.000 Résistance globulaire :

Hémolyse initiale 54

Hémolyse totale 40

Cholémie 1/27.000 Cholestérine 1 gr. 25 Lipoides totaux 4 gr. 55

Le 17 Juillet 1928 — le malade est à nouveau fatiqué et subictérique. Cependant le chiffre globulaire est inchangé (4.900.000) et la résistance s’est encore améliorée (52,40) de même que le taux des lipoïides (5 gr. 20).

Ogs. V. — De Gennes et Laudat. Résultats éloignés d’une splénectomie pour ictère hémolytique — évolution de la lipidémie. Sté Méd. Hôp. Paris, } Novembre 1937, p. 1.417. |

Il s'agissait d’un jeune homme de 28 ans, M. C... qui était venu nous consulter à l’hôpital Cochin pour un ictère datant de la première enfance. Les caractères de cet ictère sans rétention cholurique, la présence d’une énorme splénomégalie nous avaient fait d’emblée porter le diagnostic d’ictère hémolytique congénital. L’examen du sang avait confirmé ce diagnostic en révélant la présence d’une grosse anémie et d’une fragilité globulaire considérable (80-52).

Sur les instances répétées du malade nous nous décidons à faire pratiquer la splénectomie et le Professeur Gosset, le } Juillet 1926, enlève sans incidents une rate énorme qui, vidée de son sang, pèse encore 1 kg. 500.

Nous revoyons le malade à plusieurs reprises en 1929, l’état général est bon, le chiffre globulaire tantôt normal, tantôt légèrement abaissé, mais il existe toujours un léger subictère des conjonctives et la résistance dlobulaire n’est pas entièrement normale.

À la fin de 1929, le malade s'engage dans les équipages de la marine et part dans un long voyage autour du monde. Pendant tout ce temps, malgré la vie rude et les fatigues causées par les climats tropicaux, la santé du malade reste excellente et ses conjonctives ne montrent plus trace de subictère ?

En 1931, il rentre en France et entre comme ouvrier dans une usine d'automobiles. Après quelques mois d’une santé bien conservée, il présente brusquement au mois d’octobre une crise douloureuse très violente de la région vésiculaire accompagnée de fièvre et de vomissements. L’un de nous est appelé auprès de lui au cours de sa crise et constate un ictère franc des téguments et des muqueuses. Les urines sont foncées et contiennent des pigments biliaires vrais en quantités importantes.

La réaction de Hay est positive, les matières sont dé-

colorées, le chiffre globulaire est normal. La résistance est voisine de cellé que nous avions trouvée en 1929 (52-40).

Sous la simple action de la diète et du repos, la douleur se calme, les vomissements cessent, l’ictère disparat en dix jours environ, mais il persiste une légère teinte jaune des conjonctives.

En Avril 1932 le malade présente une nouvelle crise de caractères analogues.

Le 22 Août, au cours d’une crise très violente accompagnée d’un syndrome passager d’ictère par rétention, l’examen du sang montre l'absence d’anémie (4.800.000) d’une résistance normale (48-32), une cholestérolémie élevée (28-45) et une lipidémie considérable (7,45), malgré Vabsence d’hémolyse on constate cette fois encore un ictère franc avec des urines contenant des pigments et des sels biliaires.

Le malade entre pour quelques jours à Saint-Antoine où l’exmen direct (sans tétraiode) ne montre pas la présence d’ombres calculeuses. Mis à un régime sévère, le malade s'améliore rapidement mais présente encore des crises douloureuses vésiculaires.

Nous retiendrons en résumé les points suivants:

1° — La splénectomie entraîne une hypercholestérolémie et une hyperlipidémie et elle diminue la fragilité globulaire.

2° __ L'augmentation de la résistance globulaire qui suit la splénectomie est dans l’ensemble parallèle à celle de la cholestérolémie et de la lipidémie.

3° — Cette augmentation est parallèle aux variations du coefficient

cholestérol du sérum Lipides totaux du sérum

tant que les chiffres du cholestérol et des lipides sériques sont au-dessous de la normale et tendent vers une valeur normale.

4 — Elle cesse de leur être parallèle quand ces chiffres sont exagérés.

5° — C'est donc ailleurs et peut-être dans les variations lipoïdiques des hématies qu’il faut rechercher les raisons des variations de la fragilité globulaire.

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