AIT
mation intestinale. Depuis cet âge, ces poussées ictériques douloureuses se répètent à plusieurs reprises, augmentant de fréquence au cours des années, et depuis plusieurs mois, elles lui rendent l’existence pénible. C'es poussées apparaissent soit sans raison spéciale, soit à la suite de l’ingestion d'aliments difficiles à digérer. Elles sont marquées avant tout par des douleurs qui siègent à la région épigastrique et qui irradient à droite et à gauche, mais plus particulièrement à droite dans l’hypocondre. Ce sont des douleurs continues présentant à intervalles irréguliers des parozysmes et qui se calment un pêu sous l'influence de compresses chaudes. Ces douleurs s’accompagnent de nausées et de vomissements alimentaires ou bilieux. Ces poussées sont ordinairement fébriles. Certaines d’entre elles se sont accompagnées d’une température à 39° et même 40°. Pendant ces crises la jaunisse s’accentue, les urines deviennent très foncées, mais jamais les matières n’auraient été décolorées et elles restent d’une couleur franchement normale. Ces poussées durent de 5 à 6 jours. Elles se calment progressivement, laissant la malade
longtemps abattue.
Dans l’intérvalle des crises, c’est la fatigabilité qui est le symptôme dominant et qui, pour la malade constitue une vraie infirmité. L’ictère régresse considérablement, mais il ne disparaît jamais complètement. Cependant il n’est ordinairement pas suffisamment foncé pour constituer une gêne dans la vie courante.
En dehors d£ cette fatigabilité, la malade se plaint d’un prurit fréquent, mais toujours provoqué, quand elle mange certains aliments tels que poissons, charcuterie.
Au mois de Mars 1932 on avait déjà trouvé une énorme rate sur les caractères de laquelle nous reviendrons. Il
existait à ce moment sur la partie droite du cou une fistule bacillaire qui était alors traitée par les rayons ultra-violets. Il n'existait aucun signe clinique ni radiologique de tuberculose pulmonaire.
A ce moment, l'examen du sang donnait les résultats SUÎIvAnts :
Numération globulaire :
Hématies 2.550.000 Leucocytes 7.000 Formule leucocytaire :
Polynucléaires 87 % Lymphocytes 6 Moyens mononucléaires 3 Grands mononucléaires 2 formes de transition 2 Hémoglobine (Tallquist) To Hématies granuleuses 25 à 380 % Résistance globulaire :
H1 = 76, H21= 70, H3 = 60 Dans les urines:
réaction de l’urobiline positive réaction de la bilirubine négative réaction de Hay négative
La malade est revue en Juin 1932. La fistule bacillaire est alors tarie et depuis lors la guérison s’est maintenue.
Le Bordet-Wassermann est négatif.
La numération globulaire donne:
Globules rouges 3.570.000 Globules blancs 9.200 Plaquettes 255.000 La formule leucocytaire est la suivante :
Polynucléaires 70 %
Eosinophiles 0,5 %
Lymphocytes 15 Grands mononucléaires 1,5 Moyens mononucléaires q Formes de transition 7 Hématies granuleuses 80 % Hémoglobine 75 % Résistance globulaire très abaissée Cholestérol du sérum 1 gr. 14 Bilirubine du sérum 1/15.000
(Ces deux dosages ont été effectués par M. Laudat).
En Janvier 1933 la malade revient consulter pour sa fatique persistante et pour un état nauséeux permanent. Elle est tellement fatiguée qu’elle semble accepter volontiers l’idée d’une splénectomie dont on lui avait déjà parlé pour la lui déconseiller vers 1919.
À l’examen, malade en assez bon état général qui présente sur la partie latérale droite du cou, une cicatrice violacée, fermée, reliquat de la suppuration que nous avons mentionnée plus haut et qui aurait duré six mois.
Il existe un ictère généralisé, mais extrêmement léger, avec une teinte plus foncée aux conjonctives et aux muqueuses.
La malade se plaint toujours de prurit quand elle ingère certains aliments. Elle ressent en outre une douleur sourde dans la région épigastrique et dans le flanc gauche.
A l’abdomen la rate est énorme, son bord inférieur descend à 3 travers de doigt au-déssous de l’ombilic. Son bord antérieur atteint la ligne médiane. L’organe est un peu douloureux au palper, sa surface est dure mais régulière.
Le foie déborde un peu les fausses côtes.
L'examen clinique ne révèle rien aux poumons, ni au Cœur.
St Ve
Au système nerveux, les reflexes achilléens et rotuliens sont abolis (reliquat de paralysie infantile sans doute) rien aux yeux.
L'examen du sang donne les chiffres suivants :
Globules rouges 3.700.000 Globules blancs 7.800 Polynucléaires 90 % Lymphocytes do %# Moyens mononucléaires 3 % Grands mononucléaires 2. % Hémoglobine 75: %
Résistance globulaire (hématies déplasmatisées) : H1 = 68, H2 =.60, H3.= 5 Cholestérolémie 1 gr. 02 Lipidémie 5 gr. 75 Nous soumettons alors la malade au traitement Suivant: ingestion quotidienne pendant trois semaines de quarante gouttes d'ergostérol irradié en solution huileuse à 1%. Nous perdons alors la malade de vue et c'est seulement à la fin de Mars 1933 qu'elle vient nous retrouver pour des troubles généraux et digestifs. Pendant la fin de Janvier et pendant tout le mois de Février, nous apprend-elle, sa santé a été sensiblement normale. Depuis le début de Mars, au contraire, elle a été reprise par la fatigue, les nausées et les douleurs abdominales qui l'ont fait consulter si souvent. Pourtant son ictère est beaucoup moins accentué qu'en Janvier : tout se borne presque uniquement à une coloration des muqueuses. Nes urines, qui ne sont pas très foncées, renferment un peu d'urobiline, ni pigments, ni sels biliaires, ni albumine, ni sucre. L'examen général n’apprend rien de plus qu'auparavant. On retrouve la splénomégalie avec ses mêmes caractères. Une numération globulaire nous donne les chiffres suivants:
Globules rouges 3.600.000 Globules blancs 9.000 Polynucléaires 87
Lymphocytes A Moyens mononucléaires %.% Hémoglobine 7 %
En étudiant la résistance globulaire, nous avons la surprise de constater qu’elle s’est améliorée :
H1'= 50, H2 = 36, H3 = 44 (Hématies déplasmatisées)
D'autre part un dosage de cholestérol sanguin nous montre là aussi une amélioration puisque nous le voyons passer de 1 gr. 02 à 1 gr. 54.
Faut-il attribuer ces améliorations, d’ailleurs assez peu considérables, à notre tentative thérapeutique ? Il serait téméraire de l’affirmer, en raison du grands laps de temps qui sépare l'administration d’ergostérol de l’époque où l’on a pratiqué les examens de laboratoire. Il ne s’agit peut-être là que d’une constatation fortuite, mais il nous paraît tout de même intéressant de noter que l’amélioration de la résistance globulaire est parallèle à l'augmentation de la cholestérolémie.