TES
large. « Il était de la grosseur du poing et avait la forme d’un rein. {{ fiottait dans la cavité péritonéale. » Flotter
dans la cavité péritonéale, voilà qui ne ressemble guère aux lipomes rétropéritonéaux !..….. ; .
Un lipome opéré par Trèves (1), contenu entre les feuillets du ligament large droit ;
‘Un lipome trouvé par Pollock (2) à l'autopsie dans le tissu du ligament large.
Il est évident que dans tous ces cas il s’agit de lipomes du ligament large. Et ces petites tumeurs facilement énucléables ne rappellent que de bien loin les grosses masses des lipomes rétropéritonéaux dont lextirpation est souvent si laborieuse et si périlleuse.
Faut-il établir une classification des lipomes rétropéritonéaux ? Certains auteurs (Adami, Proust et Trèves) ont cru pouvoir classer les lipomes en trois groupes : lipomes périrénaux, lipomes mésentériques, lipomes pariétaux simples.
. Nous n’admettons pas cette classification. D’après ce que nous venons de dire, le terme de lipomes mésentériques ne doit pas figurer dans cette étude. Il a été employé à tort pour désigner des lipomes rétropéritonéaux présentant des prolongements mésentériques.
Restent les lipomes périrénaux et les lipomes pariétaux simples. Or, tous les lipomes rétropéritonéaux sont et restent principalement des lipomes pariétaux.
(1) Trèves. — Trans of the Clinical Society of, London, 1893, p. 101. (2) Porrock. — The Halj-Yearly Abstract of£the}Medic. Sciences, 1852,
Les lipomes périrénaux sont tout autant que les autres en connexion intime avec la paroi abdominale postérieure sur laquelle ils s’insèrent tous. Enfin, nous nous proposons de montrer plus loin que tous les Hpomes rétropéritonéaux sont péri ou juxéarénaux.
Par conséquent, nous n’admettons pas cette classification et nous ne pensons pas qu’il soit utile d’en établir une quelconque. Sans nous préoccuper plus qu'il n’est utile des rapports des lipomes avec le mésen- +ère, le rein ou tel autre organe abdominal, nous étudierons les lipomes dans leur ensemble, et nous ver-. rons qu'ils présentent tous une même physionomie clinique et qu'ils relèvent tous de la même technique opératoire, du moins dans ses grandes lignes.
ÉTIOLOGIE
On ne sait rien des causes préparatrices, occasionnelles ou déterminantes des lipomes rétropéritonéaux. __ En tant que tumeurs, ils subissent les lois du déterminisme générateur des tumeurs en général — lois dont l'essence nous échappe encore. Peut-être cependant est-il permis de penser que ces masses rétropéri- tonéales, si considérable que soit leur volume, ne sont pas, ou, tout au moins, ne sont pas toutes, des tumeurs vraies, mais plutôt le résultat d’un processus d’inflammation lent et chronique, dont les raisons d’être doivent être dépistées dans chaque cas particulier. C’est là “un point sur lequel nous nous proposons de revenir . après avoir montré par notre exposé histologique qu’il est des lipomes rétropéritonéaux auxquels ne convient
nullement la dénomination de tumeur.
- Il est toutefois une condition étiologique qui paraît bien établie : elle se rapporte au sexe. La femme, beau- coup plus souvent que l’homme, est victime du lipome rétropéritonéal. Des quatre-vingt-huit cas qui font Pobjet de notre étude, soixante-deux, soit plus de 70%, ont été vus chez la femme; vingt-deux, soit 25 %,, chez l’homme ; dans cinq cas, le sexe n’est pas indiqué. Ainsi, dans les trois quarts des cas, c’est la
femme qui est atteinte, sans qu’il semble, d’ailleurs,
possible d'expliquer cette prédominance par les divers états de la vie sexuelle. Le lipome se rencontre tout autant chez la femme impubère que chez l’adulte, chez la nullipare que chez la pluripare, avant qu'après la ménopause.
L'âge est donc indifférent — et dans les deux sexes. Il est des lipomes observés dès les premiers mois de la vie: May (Obs. 66) a opéré une enfant d’un an. Il
est des lipomes extraits chez des vieillards de 70 ans : Von Eiselberg (Obs. 32). En général, il est impossible.
de déterminer avec quelque précision l’âge auquel naît un lipome rétropéritonéal. Le malade, inattentif observateur de soi-même ordinairement, et en tout cas
inhabile à découvrir une tumeur naissant dans la pro-
fondeur du ventre, ignore le moment où commence son mal. Le lipome, indolore à ses débuts, n’occasionnant plus tard que des troubles par compression, ne révèle son existence que lorsqu'il a déjà acquis un volume assez considérable, capable de gêner le fonctionnement des organes abdominaux. Le chirurgien enfin est généralement consulté quand la tumeur a pris des proportions imposantes ; mais nous sommes alors loin du
jour de la naissance. Il est donc impossible de savoir
à quel moment, et par suite à quel âge de la vie, le lipome commence à se développer.
Quant à noter les âges auxquels les différents por-
teurs de lipomes ont comparu devant le chirurgien où se sont résignés à l’opération, nous nous en abstien-
drons : ce sont là des circonstances fortuites, variables
ee
avec ne de chaque sujet, eb ce ne serait vrai-
- ment pas faire œuvre étiologique.
: Pour résumer ce chapitre, nous dirons donc que la É … notion étiologique connue, c’est que le lipome 1 rétropéritonéal a été observé beaucoup plus souvent | Re chez la femme que chez l'homme. à |
rt”