ANATOMIE MACROSCOPIQUE
- Les lipomes rétropéritonéaux se présentent en général comme des masses énormes qui, à l’ouverture du ventre, paraissent occuper la totalité de Pabdomen. IL n'apparaît d’abord qu’une tumeur gigantesque, recouverte d’un feuillet séreux très mince, s'étendant du diaphragme au bassin, sans qu’on puisse, au premuüer abord, en deviner le point de départ. On pense tout de suite au kyste de l’ovaire : une ponction est faite et ne donne rien. En y regardant de plus près, on aperçoit un segment intestinal qui traverse en écharpe sa face antérieure, ou qui longe en s’incurvant sur le pôle supérieur : c’est le colon, ascendant ou descendant, dévié et aplati. Si l’on essaye alors de faire le tour de la tumeur avec la main, on note qu’elle ne se continue pas avec le ligament large, ni l’utérus, mais qu’elle repousse et comprime ces organes, on reconnaît l’intestin couché en bordure le long du néoplasme, enfin l'estomac, la rate et le foie appliqués contre le diaphragme lui-même remonté. On sent la paroi abdominale postérieure à laquelle adhère la tumeur et l’on est sûr alors qu'il s’agit d’un lipome rétropéritonéal. Ainsi se montrent d'ordinaire les lipomes, tumeurs géantes, les plus volumineuses et les plus lourdes que les bras des chirurgiens aient jamais connues. Les
Op
lipomes pesant de 40 à 50 livres sont fréquents : dans le cas de Waldeyer (Obs. 84) 63 livres ; Billroth (Obs.29) 58 livres ; Terrillon (Obs. 23) 57 livres ; Péan (Obs. 22) |
50 livres ; Homans (Obs. 17) 57 livres; Van der Veer
(Obs. 85) 56 livres. Dans l'observation inédite que
nous rapportons, la tumeur pesait 52 livres. Très fréquentes aussi les tumeurs de 20 à 40 livres. Quant à celles qui pèsent moins, leur nombre constitue la minorité.
La forme des lipomes est variable : exceptionnellement ils présentent une surface régulière et arrondie. Le plus souvent ils sont dissymétriques, de contours irréguliers, et montrent à leur face antérieure une série de masses secondaires qui sont autant de lobes.
La lobulation est, du reste, un fait constant du hpome pur. Les lobes sont de volume inégal variant de la grosseur d’un œuf à celle du poing ou d’une tête d’enfant.
Ils sont séparés les uns des autres soit par des sillons
parfois très profonds, soit par des travées conjonctives lâches qui permettent de les isoler facilement et de pratiquer l’ablation de la tumeur par délobulation, si lon veut bien nous accorder ce néologisme. | Mais la lobulation, toujours nette dans le lipome pur, s’atténue beaucoup dans les lipo-myxomes et finit par disparaître complètement dans certaines formes que lon a appelées les /po-myxomatoses diffuses de l’abdomen. Ce sont les cas où la néoplasie, développée en ‘ nappe derrière le péritoine postérieur, s’infiltre dans tout l’espace rétropéritonéal. Le chirurgien tombe alors dans un tissu mou, sans lobulation par travées
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