‹ Les Lipomes RétropéritonéauxChapitre 16 sur 38 · ANATOMIE MICROSCOPIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE MICROSCOPIQUE

Les lipomes rétropéritonéaux ne sont que rarement des lipomes vrais. Dans la majorité des cas, il y à association, en proportions diverses — presque toujours avec prédominance lipomateuse — du tissu adipeux avec du tissu muqueux ou fibreux, où osseux ou carti- —lagineux. Il y a même association du tissu adipeux avec le tissu embryonnaire qui constitue le sarcome. Mais nous avons rejeté de notre étude tous les cas où examen histologique avait démontré du sarcome, non pas à cause de la différence anatomique entre le lipome et le sarcome qui, pour nous, est peu: de chose, mais à cause de la grande différence clinique qui existe entre un lipome, tumeur bénigne et un sarcome, tumeur maligne. Toutefois, il nous à paru intéressant de rapporter à la suite des observations de lipomes — — simples ou complexes — six observations dans lesquelles, au milieu d’une masse énorme de lipome ou de lipo-myxome, on avait trouvé par places quelques îlots de tissu sarcomateux. Nous considérons que ces cas, aussi bien au point de vue anatomique qu’au point de vue clinique, font le passage entre les tumeurs bénignes et les tumeurs malignes. Nous les avons appelées formes de passage. Nous avons donc ainsi deux

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groupes, d'observations : dans un premier groupe de . quatre-vingt-deux observations, nous étudions les cas où l’examen histologique n’a pas révélé le moindre amas sarcomateux ; dans un deuxième groupe de six observations, nous étudions les cas où quelques masses sarcomateuses se noient au sein d’une abondante lipomÿxatose,

Les observations du premier groupe se décomposent comme suit : É |

Ou eue NE PES COR nn nds ÉipreGhromes 02 LUS 740 PARD y OMReR S Lunies Mas 0e 10

<hpôo-myxo-fibromés"";;.., +. 4 Lipomes avec association de tissu osseux,

Cartiapineux, muqueux, éte. .-.:1..".5 Hipomes en partie calcifiés. . . . . ...° 4

Dans tous les autres cas, la nature histologique de la tumeur n’est pas précisée.

Nous ferons tout d’abord remarquer que tous les tissus qui forment ces tumeurs complexes sont tous des tissus du type conjonctif, et que tous les tissus du type conjonctif, à l’exception de deux d’entre eux —tissu musculaire lisse et tissu endothélial de recouvre- ment des séreuses ou de tapissement des vaisseaux — s’entremêlent pour contribuer à la genèse de ces masses rétropéritonéales. [l est donc à peine utile de définir

AN AD ne histologiquement ces tumeurs. Comme pour tout tissu conjonctif, on y trouve trois choses dans chaque cas :

19 Une substance fondamentale ;

20 Des cellules fixes spécialisées, et dont la spécialisation même constitue les différentes variétés de tissu conjonctif. C’est ainsi qu’on a des adipoplastes pour les lipomes, des fibroplastes pour les fibromes, des ostéoplastes et des chondroplastes pour les ostéomes et les chondromes ;

39 Des produits d'élaboration cellulaire qui se disposent en général en faisceaux fibnllaires plus où moins abondants.

Nous laissons un instant de côte le myxome et le sareome pour nous occuper seulement des tumeurs à type de lipome, fibrome, ostéome et chondrome. Ces dernières tumeurs ne sont que la reproduction du tissu adipeux normal, du tissu fibreux normal, du tissu cartilagineux et osseux normal.

Le lipome pur est caractérisé par les adipoplastes, cellules le plus souvent arrondies, les unes petites, le plus grand nombre grosses où même énormes, surchargées de réserves graisseuses emmagasinées, avec un petit noyau relégué à la périphérie de la cellule. Hs sont séparés les uns des autres par un réseau de fibrilles

-conjonctives délicates et une substance interstitielle peu abondante.

Le fibro-lipome se caractérise par la prolifération conjonctive plus abondante. La trame de la tumeur est un tissu de faisceaux serrés dans les maïlles duquel

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se trouvent de grosses masses de tissu adipeux lâche.

Enfin, on a trouvé parfois du tissu osseux ou du tissu cartilagineux au sein des lipomes formant ainsi des Zipomyxochondromes ou des lipomyxofibro-ostéomes.

Arrivons maintenant au myxome et au sarcome.

Jusqu'ici, toutes les tumeurs que nous avons étudiées dérivent de variétés de tissus conjonctifs adultes. [ n’en est plus de même du sarcome et du myrome : le sarcome dérive du tissu conjonctif embryonnaire et le myxome d’un tissu qui est l'intermédiaire entre le tissu conjonctif embryonnaire et le tissu conjonctif adulte. Expliquons-nous.

Le tissu conjonctif embryonnaire, tissu indifférent, en ce sens qu’il peut donner naissance indifféremment à lune quelconque des variétés de tissu conjonctit adulte, est le père de tous les tissus conjonctifs adultes, c’est-à-dire que tous dérivent de lui. Il est formé de plasmodes et de cellules embryonnaires conjuguées en un réseau continu (syncytium). Les plasmodes sont des masses protoplasmiques multmucléées (1). Les cellules embryonnaires se caractérisent par la prédominance de la masse du noyau sur celle du protoplasma ; par Pétat indifférencié du protoplasma; par labsence

(1) « Dominici appelle plasmodes, par opposition à syncyliums, des formations constituées par une masse de protoplasme parsemée de noyaux. Les plasmodes représentent des cellules agrégées en une masse commune où disparaît toute différenciation morphologique en cellules individualisées. Les syncytiums sont, eux aussi, des formations constituées par une masse de protoplasme parsemée de noyaux représentant la fusion de plusieurs cellules en une formation commune. Mais ici la masse protoplasmique commune est pour ainsi dire découpée en segments dont chacun correspond à une cellule. » RuBENs-Duvar, Cytologie des inflammations cutanées, Thèse de Paris, 1908.

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de produit d’élaboration intracellulaire différencié (graisse, etc.). Enfin, la disposition en réseau continu achève de caractériser le tissu conjonctif embryonnaire. Les sarcomes sont des tumeurs conjonctives à type embryonnaire.

Si nous étudions maintenant le tissu d’un m yxome, nous voyons que les cellules plasmodiales ont disparu, que les cellules embryonnaires sont devenues fusiformes on étoilées. Elles sont toujours anastomosées entre elles, mais par des prolongements très grêles, et la distance qui les sépare est plus grande. Enfin, on trouve une substance fondamentale dite mucus. En un mot, disparition du syncytium. C’est à ce tissu intermédiaire entre le tissu conjonctif embryonnaire et le tissu conjonctif adulte qu'on donne le nom de tissu muqueux. Les tumeurs qui en dérivent sont les myxomes. Le tissu muqueux s'allie en proportions diverses avec le tissu adipeux et le tissu fibreux pour donner les lipo-mixomes et les Hpo-fibro-myxomes. On à beaucoup discuté pour savoir quel était dans les lipo-myxomes le premier tissu qui commençait à proliférer. Waldeyer pense que le tissu adipeux dérive par métaplasie du tissu myxomateux. C’est aussi l'avis de Salzer qui qualifie la tumeur qu’il a observée de myxome lipomateux. D’autres auteurs, au contraire, se basant sur l’existence dans l’espace rétropéritonéal de tissu adipeux et l’absence de tissu muqueux, croient que la métaplasie se fait en sens inverse, du tissu adipeux vers le muqueux. | | Pour notre part, nous ne pensons pas qu’il soit pos-

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sible d'établir une régle à cet égard. Nous savons, en eftet — c’est une chose aujourd’hui admise — que les différents tissus conjonctifs, aussi bien adultes qu’embryonnaires, peuvent se transformer les uns dans les autres. Le tissu adipeux peut se transformer eh mu- queux ou en fibreux où en sarcomateux et inversement, Par conséquent, il est très possible que la prolifération cellulaire dans l’espace rétropéritonéal commence par le myxome et se poursuive ensuite en lipome ou parallèlement en lipo-myxome. Tirer argument de-ce qu'il y a là normalement du tissu adipeux et pas de tissu muqueux.... mais alors, toutes les tumeurs de l’espace rétropéritonéal devraient être primitivement des lipomes ; or, il existe des sarcomes purs.

Pour en finir avec l’étude histologique des lipomes, nous dirons que les éléments jusqu'ici étudiés ne sont pas lés seuls qu’on rencontre dans ces tumeurs. Il n’y a pas que des cellules fixes à types divers du tissu __conjonctif, il y a aussi des cellules migratrices. I suffit - de lire la note histologique de l’observation inédite que nous rapportons (Obs. 1) pour voir que l’on trouve parfois des mononucléaires de différentes tailles, surtout des lymphocytes, des clasmatocytes, des mastzellen.

- Par contre, on ne rencontre ni polynucléaires éosino-

philes ni polynucléaires neutrophiles.

Notons encore des lésions vasculaires bien mises en lumière dans Observation 1 : tuméfaction de l’endothélium vacsulaire, ébauche de vascularite oblitérante, infiltration leucocytaire périvasculaire.

- Enfin, dans les interstices de tissu conjonctif on

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