‹ Les Lipomes RétropéritonéauxChapitre 22 sur 38 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le seul traitement des lipomes rétropéritonéaux, tumeurs à développement progressivement et indéfiniment croissant, est l’extirpation chirurgicale. Mais cette extirpation, comme toute intervention opératoire, comporte une contre-indication : la faiblesse trop grande du malade. Nombreux, hélas ! sont ceux qui arrivent devant le chirurgien en état de cachexie lamentable, amaigris au possible, dyspnéiques, les membres inférieurs œdématiés et capables à peine de se tenir debout. Dans ces cas, aucune intervention ne doit être tentée, et ceux qui ont voulu agir quand même ont souvent vu leur malade mourir sur la table d’opération (Homans) ou peu après l’opération sans avoir repris connaissance (Rosmanit-Kolisko).

Il est donc superflu d’insister sur la nécessité d’un diagnostic précoce, et de ses avantages : avantages

. pour le patient qui se présente en bonnes conditions,

avantages pour le chirurgien qui enlèvera sans peine

une petite tumeur au lieu d’avoir à s'attaquer à ces

énormes masses qui remplissent tout l'abdomen, adhèrent aux viscères et qu’il faut parfois poursuivre jusque dans la cuisse ou jusque dans le médiastin, Mieux vaut encore, à notre avis, l’intervention ultra-

CA Ne

précoce, « sans même attendre la maturité du diagnostic de la tumeur (1) ».

Donc, tout lipome rétropéritonéal PR — OUES

seulement soupçonné chez un sujet en bon état général doît être opéré à bref délai.

Les voies d'accès. — Il y a deux voies d’accès : la voie antérieure transpéritonéale et la voie postérieure ou lombaire.

La voie postérieure a été employée plusieurs fois pour

des lipomes périrénaux, soit que l’on eût diagnostiqué

une tumeur rénale, soit qu'ayant porté un diagnostic juste, on ait adopté cette voie comme la meilleure. May et Neumann l'ont utilisée (Obs. 66 et 77).

A priori, il semble que ce soit une bonne méthode et qu’on la doive conseiller. Quoi de plus naturel et de plus logique que de découvrir et d’extirper une tumeur périrénale par la même incision qui sert chaque jour à la découverte et à l’extirpation du rein.

En réalité, elle n’est possible que pour les lipomes de petit volume. C’est dire que ses indications sont extrémement restreintes, car les lipomes rétropéritonéaux sont presque toujours d'énormes tumeurs. Et même la plupart du temps, le néoplasme est beaucoup plus étendu qu'on ne l'avait soupçonné. Comment alors le poursuivre ‘jusqu’en ses derniers retranchements ? Comment en extirper les prolongements pelviens où un Jobe secondaire logé dans la fosse lombaire opposée ? Manœuvres aveugles au cours desquelles on risque de

{1) Roux (loc. cit.).

Page 1