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PREMIER GROUPE

Lipomes à tissus multiples, mais sans sarcome

Os. I. — Inédite. — A. S.., domestique, âgée de quarante ans, entre dans le service du docteur Demoulin, à l'hôpital Saint-Louis, le 20 Janvier 1909, pour une tumeur abdominale.

Aucun antécédent héréditaire. Réglée à douze ans, elle à eu cinq enfants ; pas de fausses couches. Règles régulières, un peu douloureuses.

La malade ne se souvient d'aucune affection antérieure. Il y a dix ans, elle eut pendant une certaine période dont elle ne peut préciser la durée des vomissements alimentaires qui ont disparu : sans traitement spécial.

Depuis deux ans seulement, elle a commencé à s’apercevoir que son ventre augmentait de volume et s’en est iuquiétée. Son médecin, le docteur Gautry, de Nangis (Seine-et-Marne), lui parle d’une opération ; la malade effrayée se confie à une rebouteuse qui lui fait : des pansements vaginaux et lui ordonne des cataplasmes sur le ventre,

Pendant toute cette période, les fonctions organiques ne semblent pas gênées ; la malade urine bien, mange de bon appétit, va régulièrement à la selle, ne se plaint ni de troubles respiratoires ni de troubles cireulatoires.

Au mois de Décembre 1908, elle éprouve pourtant des difficultés à aller à la selle, un lavement quotidien devient nécessaire.

Quand elle arrive à l'hôpital, nous constatons les signes suivants :

Femme très amaiïgrie, d'aspect cachectiquo, au visage émacié, au teint terreux et présentant d’une façon parfaite le type du « facies ovarien ».

On est tout d’abord frappé de l’énorme saillie que forme le ventre, saillie qui, lorsque la malade est couchée, occupe tout l'abdomen depuis le pubis jusqu’au rebord costal qu’elle soulève,

Cette saillie, bien qu’assez régulière, pointe pourtant un peu au niveau de l’ombilic. Celui-ci n’est pas déplissé.

Peau de l'abdomen très tendue. Circulation collatérale sus et sous-ombilicale.

En posant la main sur le ventre, on perçoit une masse mollasse, régulière, que l’on explore facilement à travers la paroi amineie dans toute son étendue. Cette masse donne d’une façon très nette la sensation de flot. Elle n’est pas mobilisable dans son ensemble.

Elle est uniformément mate, d’une matité absolue, sauf une petite zone sonore un peu au-dessus de l’ombilic. Cette matité ne se déplace pas quand on fait coucher la malade sur lun ou Pautre côté.

Le toucher vaginal montre un col petit et dur. Le corps utérim ne peut être senti par la maïn posée sur l'abdomen. Les mouvements imprimés au col de l’utérus ne sont pas transmis à la tumeur.

Les annexes ne peuvent être reconnues. -

En présence de ces données, on diagnostique un kyste de l'ovaire et, après avoir examiné les urines qui n’ont ni sucre ni albumine, le cœur et les poumons qui sont sains, on décide d'opérer la malade le surlendemain.

OPÉRATION le 22 Janvier 1909 par M. Demoulin aidé par nous. — Anesthésie au Roth-Dræœger bien tolérée. Laparotomie médiane sous-ombilicale. Après ouverture du péritoine pariétal antérieur, on tombe sur une masse d'apparence graisseuse et qui donne au toucher la sensation de finctuation. Croyant à un kyste de l'ovaire,

une ponction est faite dans la masse : pas de liquide. Il s’agit done d'une tumeur solide.

Large incision de la paroi abdominale antérieure jusqu’au voisinage de lappendice typhoïde de façon à découvrir la tumeur dans toute l'étendue de sa face antérieure. On constate alors que toute la partie ainsi mise à jour est recouverte du péritoine lisse et sain. Aucun organe — ni le grand épiploon, ni l'intestin grêle, ni le colon transverse — ne s’interpose entre la tumeur et la paroi abdominale antérieure. Seul, un segment du gros intestin, reconnaissable à ses bandelettes longitudinales et qui n’est autre que le colon descendant, traverse en écharpe, de gauche à droite, la partie supérieure de la tumeur, contre laquelle il s’est aplati.

La tumeur semble au premier abord remplir tout l'abdomen. En la contournant, on arrive cependant à sentir, bien loin, tout en haut, contre le diaphragme, le foie et la rate, tout en arrière et a

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