‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 111 sur 130 · HIST01R · texte numérisé non relu

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comme on voit, d'Ujjayinî. Si rapides sonl dans l'Orient les révolutions des empires qu'en moins d'un siècle l'hégémonie s'y déplace ; maisleshabi tudes littéraires restent immuables, surtout lors qu'elles trouvent à s'appuyer sur la Eaveur de quelque souverain lettré. Harsa eut de bonnes raisons de protéger les lettres : il « - 1 .- 1 ï t lui-même auteur dramatique. Il «'-t resté le type de ces despotes éclairés, éclectiques et tant soit peu sceptiques qui, sans acception de nationalité ou de croyance, firent bon accueil à tous les bommes distingués de leur temps et s'efforcèrent d'en assembler autour d'eus une pléiade variée. Mal lui <-w prit en définitive; car un voisin brutal, qui probablement ne faisait point de vers, empoisonna •!«■ désastres la fin de son îvjrni'. Il n'a guère réussi qu au grand Frédéric d'être nu prince dilettante.

L'Inde en eut au moins un autre en la personne de Bbôja, qui régna au XIe siècle et dont le roman littéraire intitulé Bhôja Prabandha, par Ballâla, est censéla biographie. Cet invraisemblable auteur, (pli semble avoir élevé l'anachronisme à la hauteur d'un principe, dous représente son héros en\ ironné

d'une c ■ de savants et de poètes, parmi lesquels

il range, entre autres, Kâlidâsa. Ainsi chez dous, mais dans l'opérette seulement, on annonce Molière à une audience <ln roi ( îhilpéric.

Si l'histoire traite ainsi ses quasi-contemporains, je laisse à penser ce qu'elle fait des rois du temps

jadis. On s'en es1 aperçu déjà par l'exemple de Vikramâditya Un siècle après son ère,e1 sur l'autre versanl de l'ère chrétienne (78 aprèsJ . < '■). s'oui re l'ère çaka, la plus usitée dans l'Inde, qui date de la naissance du roi d<vs Çakas (Saces ou Indo-Scj thés) Çâlivâhana. Comme Vikramâditya passa pour le grand champion de l'indépendance de la Péninsule contre les envahisseurs étrangers, on ne put moins faire que de voir dans ce* deux grands souverains les représentants symboliques et mythiques des longues rivalités qui divisèrent ces races ennemies. et de les rapprocher par un tour de force chronologique aussi hardi que celui qui transporta Charlemagne huis les murs de Jérusalem. Dans le Vîracaritra « Aventures du Héros », composé par un nommé Ananta à une date inconnue, la guerre se perpétue entre les descendants des deux princes, au milieu desquels s'introduit un tiers légendaire, le brahmane Çûdraka : nous le retrouverons comme dramaturge, sans d'ailleurs pouvoir davantage, à cet autre titre, garantir son existence; quoi qu'il en soit, l'affaire se termine par la victoire du roi de Mâlava, et le Çaka se voit obligé d'abandonner sa capitale Pratisthâna, située au confluent du Gange et de la Yamunâ, Nul doute qu'il n'y ait à toutes ces relations un substratum historique, mais de quelle épaisseur? plutôt mince, si nous en croyons l'auteur lui-même, qui revendique expressément le douteux mérite d'avoir imité le Râmâyana.

En somme, la moins trouble de ces sources pseudo historiques, c'esl la chronique versifiée des rois du Cachemir connue sous le titre de Râjata ratigin'i " Rivière des Rois n etcomposée au milieu du X 1 1 siècle par un oommé Kalhana. Elle se divise en huit livres, donl chacun forme un ta ranga ■■ un flol « du majestueux cours d'eau. Le I 3 qui en fait le sujet, situé ;'i l'extrême N . I ». de l'Inde, «lut de bonne heure à son délicieux climal el à |a prépondérance d'une race blanche très pure une en ilisàtion avancée el brillante ; et, comme d'autre part sa richesse excita la convoitise de maint conquérant, il se trouva intimemenl mêlé, peul être sanstrop l'avoir voulu, à la vie el aux vicissitudes des royaumes de l'Hindoustan propre ; Vikramâ ditya, notamment, en Eut suzerain el le gouverna de sa lointaine résidence d'Ujjayinî; puis il en fil don à l'un des poètes de sa cour (III, 125-252), que récemmenl on a essayé à tort d'identifier avec Kâlidàsa. Ce sont moins des faits précis que des traits de mœurs, qui rassortent de ces stances redondantes, entrelardées de sentences el enjolivées d'ornements surannés; mais, dans une histoire donl seules les grandes lignes non- intéressent, puisqu'elle n'a eu jamais aucun retentissemenl sur la nôtre, les traits de mœurs nous sont plus précieux que ue sérail une collection de faits sans lien.

A l'autre extrémité de la Péninsule, au S.-E., l'ile de Ceylan possède une histoire plus digne de

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confiance encore, quoique plus ancienne; car elle remonte à peu près jusqu'au temps de la conversion de l'île au bouddhisme (245 av. J.-C, cf. p. 78). A partir de ce temps, la nouvelle religion, jalouse

de son origine et de ses progrès, ;i tenu plus ou moins fidèlemenl ses annales dans salangue sacrée, et deux chroniques versifiées en pâli, l'une du IV". l'autre du Ve siècle de notre ère, le Dîpavarttsa « Généalogie de l'Ile' » et le Mahâoawsa « Grande Généalogie », nous renseignent par contre-coup sur les dynasties indigènes et, fort sommairement, sur leurs faits e1 gestes. Mais la valeur littéraire de ces textes est en raison inverse de leur valeur documentaire, et la rédaction en stances n'y constitue qu'une sèche mnémotechnie, fort compromise d'ailleurs par les gaucheries et les anomalies qui les défigurent.

Les Hindous sont les rois des conteurs, je l'ai déjà dit, et le Pancatantra » les Cinq Chapitres » est leur chef-d'œuvre. Les Jâtakas (p. 103) nous ont déjà révélé leur talent, mais quelque peu déformé par le caractère tendancieux de la narration. Rien de pareil dans le Pancatantra, encore qu'il procède, lui aussi, d'une source bouddhiste: ce sont

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