‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 119 sur 130 · Cette aventure, le prototype de notre n Tentation de · texte numérisé non relu

Cette aventure, le prototype de notre n Tentation de

i Vntoine ■ si fréquente dans les vieux récits; les

peuvent tout, on va en avoir la* preuve, elles

dieux eux mêmes redoutent le feu de leurs yeux qui

pourrai) consumer leur < Hj mpe.

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éperdues; le roi court rétablir l'ordre, mais désor mais le voilà reconnu, el déjà Le trouble naissant de Çakuntalâ répond à sa passion.

Acte M. Monologue désolé du vieux bouffoo Madhavya : il esl éreinté, il en a assez de ces chasses continuelles ; on court tout le temps ; la nuit, le piétinement des bêtes empêche de fermer l'œil ; le jour, on mange à des heures indues, et le rôti esl brûlé- Pour comble, le roi ne s'est-il pas avisé de s'amouracher d'une jeune habitante des bois '.' el maintenant il n'esl plus question de rctourner à la cour, il faut moisir dans ces marécages. Survient le roi, à qui le pauvre brahmane répète ses doléances, tandis que sou général en chef, pour lui faire sa cour, déclare avoir pris goûta la chasse, l'exalte en une stance fougueuse, « ne rêve que plaiesel bosses ». Le roi l'envoie veiller à la sécurité de l'ermitage ; puis, resté seul avec Ma dhavya, il lui fait confidence de son amour. L'entretien est interrompu par l'arrivée de deux ermite-. venus pour implorer la protection de Dusyanta contre une bande de Râksasas démons, cf. p. 162) qui trouble leurs sacrifices. En même temps, un messager vient, de la capitale, au nom de la reinemère, l'invitera y rentrer pour une cérémonie religieuse. Retenu fort opportunément par son devoir de guerrier, il s'excuse auprès d'elle en lui envoyant Madhavya, qui ne tient plus en place depuis qu'il y a démons sous roche ; et, pour le rassurer, mais

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surtoui | r écarter des témoins importuns ou bavards, il le fuit accompagner de toute sa suite, en lui donnant le change sur ses projets d'amour, de peur que le birbe n'en fasse pari aux dames du sérail.

L'acte III est, toul entier, une merveille. Après un courl prologue, où l'on apprend que le roi ;i mis les Râksasas en fuite, on le voit entrer luimême, seul, rêveur et triste, cherchant à la trace la bien aimée dont la pudeur Vè\ ite :

« Les tiges dont ses doigts ont détaché les Qeurs Laissent voir leur blessure ouverte;

La sève j monte encore et redescend en pleurs, Bla riche, a u long de l'écorce \ erte .

Il assiste, caché, à un entretien où ses amies lui l'uni avouer son chaste amour ; puis il se montre, et celles-ci, à la suite de quelques allusions délica tement voilées, saisissent un prétexte pour se retirer. Alors commence l<- duo d'amour, craintif, tendre, exalté, sensuel : toutes les cordes vibrenl dans cette symphonie haletante. L'entrée de la mère adoptive de Çakuntalâ rompt l'entretien, et le roi, resté seul, se repent desa réserve; mais il a eau née.

Acte IV. — Çakuntalâ a consenti à s'unir au roi selon lerite des Gandharvas, c'est-à dire ;i contracter avec lui un mariage secret, parfaitement li'-^i

l. Les stances citées sont extraites de la traduction de Bergaigne i i L< hugeur : Sacountala, Paris, Jouaust, l vs i .

HG i i S LITTERATURES DE L'INDE

time et respectable selon les coutumes de l'Inde1. Le roi l'a quittée en lui promettant de la faire bientôt venir à sa cour. Elle songe à lui, enfermée dans la hutte, et voici qu'un ascète errant frappeà la porte: absorbée dans ses pensées, elle ne l'entend pas : aussitôl - ces ascètes sont m colères ! — il prononce contre elle, toujours sans qu'elle l'en tende, une effroyable malédiction : Dusyanta perdra le souvenir de son mariage, et ne la reconnaîtra point lorsqu'il la reverra. Ses compagnes courent après le moine, se jettent à ses pieds, mais la malédiction d'un ascète est i rit- vocable : tout ce qu'il peut faire, c'est la modifier ; le roi ne reconnaîtra Çakuntalâ que si elle lui montre un anneau. Les jeunes filles se tranquillisent, car elles savent que le roi a donné une bague à son épouse. Sur ces entrefaites, Kanva, qui était en voyage, est de retour : on l'a mis au courant de la situation, et il décide que sa fille doit sur-le-champ revêtir ses atours de noces, partir pour rejoindre son mari. Suit la scène des adieux à l'ermitage, un peu traînante à notre goût, mais relevée d'une opulente poésie. Écoutons ce qu'y chantent les silvains et les dryades :

« Sur ta route, enfant, que l'étang verdisse Et cache ses eaux sous les lotus bleus ! Pour toi, le soleil éteindra ses feux, L'arbre épaissira son ombre propice ;

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