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Le théâtre hindou a connu tous les genres, y
c pris le genre ennuyeux : il a eu, comme notre
moyen âge, des pièces où les personnages se sonl appelés Foi, Piété, Concupiscence el Raison, où les tréteaux onl t'ait concurrence à la chaire, et le
dialogue scénique aux itro> erses de la scolastique.
Le premier essai connu de cette muse austère, \r seul qui mérite une rapide mention, c'esl le drame en six actes intitulé Prabàdhacandrôdaya m le Lever
,!.■ la Lune (le la parfaite c aissance », • iposé
au \ I siècle, par le poète Krsnamicra, en l'honneur
d' ■ doctrine moniste où se combinenl le culte de
Visnu el la philosophie 'lu Vêdânta '. < >n y voit le moine Faux-Semblanl qui égare les hommes, la courtisane Hérésie qui les séduit, Piété qui cherche en vain à quel dieu se prendre, Jaïnisme el
©te. L'acte lil se termine par une sorte de farandole, <i"i, d'après la description qu'en donnent les stances accompagnatrices, doil être du plus i : * \ issant effet.
I. On se souvient que, pour l'Inde philosophique, chacun des dieux de la Trimùrti est à la fois tous l< s dieux el tout l i a i vers
318 LES lll l lli VU RES DE L'INDE
Bouddhisme qui la tirentchacun à soi et se querellent
jusqu'à ce que l'i\ resse les réc «lie '. Science qui
est une bète féroce el menace de dévorer Foi, Védantisme qui anéantil la vaine illusion de l'être, et, planant sur tous ces contraires, Foi-en-Visnu qui les absorbe en sa synthèse suprême. Et je n'ai pas oommé le quarl des rôles !. .. A.vec tout cela, l'action esl moins banale i|u'on ne serait d'abord tenté de le croiic : l'auteur a su prêter quelque vie à ces entités exsangues; il a résisté a la tentation de multiplier outre mesure les sentences morales auxquelles le sujet prêtait trop aisément ; et ses longues -tance- ont un déroulement majestueux, quoique la pensée y soit d'ordinaire traînante et sans relief.
«Voici ce que j'ai gagné, cl voici ce que je vais gagner encore; et du capital acquis je puis me faire ici profit, et puis tel autre. » Ainsi tu ne songes qu'à accroître ton bien ; mais ce que tu ignores, c'est que, dans les ténèbres de l'égarement qui t'enveloppent, l'ogresse Kspérance va te saisir et te dévorer.