‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 127 sur 130 · Le monologue et la farce · texte numérisé non relu

Le monologue et la farce

Beaucoup de scènes de comédie, on l'a vu (p. 278), sont de véritables monologues, l'acteur

1. L'irrespect témoigné aux sectes est bien caractéristique de l'époque : le brahmanisme a vaincu (cf. p. 110) ; il ne garde dans sa victoire aucun ménagement envers ses rivaux hétérodoxes.

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r spétant les questions ou les réponses qu'un person ■ in\ isible est censé lui faire. < îertaines pièces sonl t.. m entières construites sur ce modèle, ''t. comme notre monologue, elles inclinenl à la charge, sans exclure pour cela les élans de poésie élevée. Tel esl le curieux Vasantat'daka « Grain de beauté du printemps ». de Varada, où, du lever du soleil à celui de la lune un flâneur très sensible aux charmes de la nature el du beau sexe, bal le pavé, 3 fait mainte rencontre désagréable, indifférente ou galante (surtout!), et traduil ses impressions en un langage familier sans trivialité et distingué sans trop d'apprêt. Mais évidemment ces menues choses ne valent guère que par le ton dont elles sont dites et la mimique qui les accompagne.

La farce, qui l'ait partie intégrante de presque tous les drames, môme les plus sérieux, peut aussi composer à elle seule tout un spectacle; mais alors elle revêt un caractère grossier et licencieux qui la rend à peine digne de figurer dans une histoire lit téraire. L'Inde a raffolé de récits picaresques : le roman de Dandin les multiplie à plaisir, etlasarabande un peu conventionnelle des moines bons vivants n'est pas plus choquante, somme toute, dans les nouvelles orientales que dans nos fabliaux narquois; seulement, la gaudriole qui se conte du bout des lèvres, en souriant et gazant, risque de devenir à la scène une arlequinade ou plate ou répugnante.

M i i - l ni II: \ M m s DE L'INDE

Le Dhùrtasamâgamav. A Fripon fripon el demi », ru deux actes, de KaViçêkhara XVe siècle), mel ;iu\ prises deux religieux mendiants, le maîtreet li' disciple, qui se disputent les faveurs d'une courtisane: «'Ile les renvoie à se pourvoir de^ anl un saint brahmane, qui, jugeant le cas épineux, décide de garder en dépôt l'objet du litige; sur quoi son ami, le bouffon, s'ingénie à détourner le dépôt. Ces parades aemanquent pas deverve. Labichea fait mieux, sans doute, mais seulement dans ses bonsjours.

Il faut une forte dus,' de confiance en soi, doublée de quelque inexpérience de la psychologie de la gaieté, pour intituler une pièce Hâsyârrj,ava « l'( )céan du Rire». C'est pourtant ce qu'aosé faire un nommé Jagadîça, de date inconnue. On n'entreprendra pas d'analyser les deux actes de cette pochade ordurière, moins vénéneuse pourtant, — puisqu'elle tourne les préceptes de débauche en bouffonnerie, — que les Aphrodite contemporaines qui affichent le vertueux effort de les travestir en esthétique.

Laissons là ces pauvretés : c'est bien encore du théâtre, mais ce n'est plus le théâtre. Un riche manteau de pourpre, d'une seule pièce chez le maitre unique, fait de lambeaux rapportés chez les épigones même immédiats, mais toujours brodé de perles plus souvent vraies qu'habilement imitées, tel nous apparaît le vêtement de la Muse qui dans l'Inde est à la fois Melpomène, Terpsichore et Thaï ie.

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