‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 21 sur 130 · LE STYLE BRAHMANIQUE US · texte numérisé non relu

LE STYLE BRAHMANIQUE US

monstres à l'étal adulte. « Or, en telle année, le Bol viendra: tu construiras un navire et tu m'invoqueras; le flot venu, tu t'embarqueras, et moi, je te tirerai 'le là. t) Manu donc Péleva et le porta à la mer. Or, en L'année désignée, il construisit un navire et invoqua le poisson : le tint venu, il s'embarqua, et |i> poisson nagea vers lui: à la corne 'lu poisson il attacha le câble île son navire, et ainsi il navigua jusqu'à la montagne du nord. Le poisson lui dil : « Je t'ai sauvé: amarre ton navire a nnarbre et prends garde que le îlot ne t'em porte de la montagne; puis. à mesure que l'eau baissera, m en descendras toul doucement. » Il en descendit tout doucement : c'esl pourquoi la pente de la montagne du nord' '|ui est de ce côté-ci s'appelle « la Descente de Manu o. Or, le Ilot avail balaj é ions les êtres, et Manu demeurait seul. II vécut dans la prière et la pénitence, étant désireux 'le postérité*. Un jour qu'il faisait une oblation d'aliments cuits, il lit dans l'eau libation des ingrédients requis: petit lait, beurre, crème aigreet

Fromage mou. An bout d'un an. il en naquit une jeune

fille : elle en sortit comme confite 'le beurre, car il \ avail une Baque de beurre dans chaque empreinte 'le son pas. M it ra et Varuna la renconl rèrenl : Qui es tu? » lui il iront ils. ,< La fille de Manu.- Dis «pie tu es à nous. — Non : celui qui m'a engendrée, c'est à lui 'pie

1 I..- Himalaya? Le rédacteur devait L'entendre ainsi, mais tel n'est pas le 9ens primitif; car la Légende avail déjà pris naissance au temps où les Aryas habitaient encore la région transhimâlayenne. \u reste, il ne faut

chercher dans ces récits aucun renseigne m. a plus

forte raison aucune précision, historique m géographique. • hacun des Manus marque Le début 'I un Manvantara i p. i l,n. L), c'est .l 'lue qu ilesl L'ancêtre d'une humanité nouvelle: Le Manu en question est celui de l'humanité actuelle.

je suis. » Ils lui demandèrent Bon amitié: elle La leur accorda, ou non, on ne sait; toujours est il qu'elle aborda Manu, a Qui es-tu? o lui dit il • " l'a Bile. -Comment, ma chère, serais-tu ma Bile'? - - Cette libation d'antan que tuas versée dans l'eau, petit-lait, beurre, crème aigre el fromage mou, c'est d'elle que.tu m'as endrée. Je suis bénédiction : donne-moi donc place rituelle dans le sacrifice, si tu donnes place rituelle dans le sacrifice, tu te multiplieras en postérité et bétail, et, quelque bénédiction que tu profères en m'y adjoignant, elle se réalisera toute. » Il lui assigna donc sa place au milieu du sacrifice; car c'est Là le milieu du sacrifice, ce qui se trouve entre Les oblations préalables et les oblations consécutives. Avec elle il vécut en prière et pénitence, désireux de postérité, et par elle il engendra toute cette descendance qu'on appelle « les entants de Manu o (les bommes), et toute bénédiction qu'il proféra en l'.\ adjoignant, elle se réalisa. (Çatapatha-Br., I. 8, 1.)

J'ai donné Ce texte in extenso, quoique étrange et un peu long, parce qu'il est un type parfait du récit brahmanique : d'abord, les absurdités y fourmillent, sans jamais troubler la sérénité du rédacteur ; puis, celui-ci ne conte pas pour conter, pour nous apprendre, par exemple, l'histoire du déluge, ou nous expliquer comment la terre se repeupla à la suite de cette catastrophe, mais pour dégager congrûment le sens intime de l'oblation rituelle dite ilâ et de la place qu'elle occupe dans le sacrifice. Ainsi toujours : c'est au même motif tendancieux que nous devons la conservation, dans

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