CHAPITRE II [ LES CASTRAS
Entre la période brahmanique et la composition tle la plupart, sinon même de tous les Castras, se placent très certainement la prédication et l'expansion du bouddhisme : l'auteur qui range ces livre* saints immédiatement à la suite des précédents se voit donc obligé de se défendre contre la présomption d'une grave faute de méthode. En réalité, la faute serait dans l'ordre inverse et consisterait à confondre la chronologie des doctrines avec celle des ouvrages. Les <;à>tras sont tous, sans doute, plus jeunes (pie le bouddhisme ; mais, d'abord, ils passent pour très anciens, d'une antiquité fabuleuse parfois, et, sans entrer aveuglément dans le point de vue hindou, nous ne pouvons nous refuser à en tenir compte, dans la mesure du moins où ce préjugé a influe sur la façon dont l'Inde a compris sa littérature et, par contre-coup, sur cette littérature elle-même. Ensuite, et surtout, le bouddhisme procède des système^ philosophiques de l'Inde, plus
ÉPOQUE ET ESPRIT DES CASTRAS .'il
particulièrement, on le verra, du Yoga; et ces systèmes, qui sont, eux aussi, des Castras dans la nomenclature indigente et confuse de la littérature sanscrite, ont trouvé dans les ouvrages dits Çâstraa leur expression la plus ancienne et la plus adéquate. En d'autres ternies, pour comprendre à fond le bouddhisme, il est indispensable de porter d'abord ses regards sur une évolution de la pensée et sur un état social qui ne nous sont attestés que par des documents post-bouddhiques, mais sont de beaucoup antérieurs aux ouvrages qu'ils ont inspirés.