‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 24 sur 130 · Époque et esprit des Castras · texte numérisé non relu

Époque et esprit des Castras

Le mol çâstra signifie ou « doctrine» ou « traité» : les Hindous n'y font point de différence. Naturellement il peut s'appliquer à tout ordre de connais sances ; mais, en tant que livres d'autorité canonique, il ne vise que les Dharma Castras, «codes de moralité o ou « de légalité », comme on voudra; car ces deux idées, elles aussi, se confondent dans l'Inde, où les simples obligations morales 9ont de devoir strict comme les relations légales, et où les sanctions pénales île- délits ressemblent de bien près aux nombreuses expiations prescrites aux pécheurs. En fait, les Castras, dont vingt au moins sont connus et qui ont existé en bien plus grand nombre, sont de véritables encyclopédies religieuses, rnoralr> et juridiques, pour la plupart très déve-

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loppées. Chaque école brahmanique a tenue honneur de posséder le sien, el le Çâstra n'est en gé aérai autre chose que l'amplification considérable el versifiée de quelque Sûtra antérieur, existant ou perdu, sur lequel il fonde la valeur deses préceptes, a telle enseigne «pi'' maint auteur de Sûtra passe pour avoii composé également lf Çâstra correspon dant : le Code de Manu, par exemple, procède du Sûtra domotique en usage dans la très vieille famille des Mânavas.

Mai- la langue des Castras, à elle seule, en dénonce la jeunesse relative : elle n'a plus rien de védique, rien même des archaïsmes épiques qui émaillent encore le Mahâbhàrata; c'est du -.inscrit classique, sage et sobre, touffu seulement si on le compare au grec ou au latin, mais largement élagué, indigent et nu en regard de la magnifique efflorescence des formes védiques. Le vers, quand l'ouvrage est en vers, — c'est le cas le plus fréquent, — est ce qu'on nomme en classique le ç.lùka, c'est-àdire un genre d'anustubh (p. 28) assez monotone, le sermo pedestris de lapoésie hindoue. Ces singuliers articles de code, tous d'égale longueur, se déroulent a perte de vue, avec les clausules diiambiques qui en martellent le milieu et la chute. Il faut avaler cette littérature à petites doses, si l'on ne veut succomber à l'ennui ; mais le style en est habituellement simple et clair, et l'on ne saurait recommander une lecture plus profitable aux débutants qui

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