‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 37 sur 130 · LE BOUDDHISME · texte numérisé non relu

LE BOUDDHISME

De stade m stade nous voici parvenus à celui où la pensée hindoue enfante une nouvelle religion et, avec elle, une littérature nouvelle. A l;i différence des précédents, celui-ci est daté: Gautama, dii Buddha, « l'Éveillé, l'Inspiré », mourut en 480 avant J.-C, âgé de 80 ans; et, bien que cette donnée, la seule absolument --lire de sa vie, ne puisse passer pour rigoureusement historique, elle in' -aurait non plu- -'écarter beaucoup de la vérité. Ver- la même époque, semble-t-il, et dan- La même région, — vallée moyenne du Gange, — prêcha un nommé Mahâvira « le grand homme», ditJina « le Victorieux », dont les disciples senommèrent d'après lui jniiiiis. Bien que les deux doctrine- se ressemblassent beaucoup à L'origine el fussent unies par le lien commun de la haine du brahmanisme, elles ne manquèrent pas il entrer en antagonisme, qu'elles commencèrent à déborder sur le reste du pays. Ardentes au prosélytisme, elle- eurent bientôt couvert de leurs communautés une grande

partie de l'Inde el > remportèrent sur La religion dominante nombre de succès partiels, dus à la faveur de rois fervents el convertisseurs, tels que «•et Açôka, pieux bouddhiste, qui régna sur l'Inde septentrionale peu après l'invasion d'Alexandre, el qui nous a laissé, par ses édits gravés sur le nu-, les plus anciens documents datés de l'histoire hindoue. Du Nord, le bouddhisme pénétra dans le Népal, où il fleurit encore, passa le Himalaya, et de proche en proche gagna le Tibet, la Chine, et enfin le Japon et I'Annam. Au Sud se forma un autre foyer de propagande: l'île de Ceylan, convertie au IIIe siècle avant J.-C., devint et est restée la citadelle inexpugnable du bouddhisme, poste avancé d'où il a rayonné sur la Birmanie, le Siam el l'archipel indo-malais. Ainsi les deux branche-, -•'•parées par des siècles de propagande divergente, sont venues se rejoindre sur le sol étranger, témoin et seul reste de leurs anciennes conquêtes.

Car, à part Ceylan, qui ne fait point partie de l'ilindoustan officiel, le bouddhisme, qui possède encore dans l'Extrême Orient des millions de sectateurs, n'en a presque plus dans son pays d'origine. Le dernier recensement accuse, sur 2£? millions d'habitants pour la Péninsule, 208 millions d'orthodoxes, 57 1/2 millions de musulmans, et 8 1/2 seulement de bouddhistes et jaïnistes réunis. Comment le brahmanisme a, sans guerre, sans persécution historiquement démontrable, regagné

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le terrain perdu, c'est ce que l'on comprendra mieux, peul être, après avoir lu le chapitre suivant. Mais on se tromperait Eort, ici comme partout, en prenant les statistiques à la lettre : mortes dans l'Inde, ces doctrines s'y survivent par leurs effets et j sont plus vivantes, en un certain sens, que l<i brahmanisme qui les recouvre. Le bouddhisme a popularisé, sous la seule Eorme où la masse les pût saisir, les propositions les plus hardies de l'an cienne philosophie. Il ;i imprégné le peuple de son esprit, en bien el en mal : pitié universelle, même envers les animaux, et exquise douceur de mœurs, mais aussi résignation passive qui eonfine à la veulerie. A travers l'innombrable variété des symboles qu'elles adorent, c'est encore lui qui fait l'unité religieuse de toutes les âmes hindoues.

Lorsqu'on s'adresse aux masses, il faut parler leur- langues. Le bouddhisme du Nord est le seul qui s'exprime en un sanscrit plus ou moins pur, souvent fort mélangé. « îelui du Sud a sauvé et pro

..'■ au loin une dialecte pràcrit, le pâli, dans lequel est rédigé toul son énorme canon. Quant aux jaïnistes, ils ont pour organes divers dialectes prâcrits1, suivant qu'ils appartiennent à l'une des deux sectes rivales des Çvêtàmbaras >< vêtus de blanc d, ou des Digambaras « vêtus de l'air du temps ». c'est à

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