Forme pâlie du mot sanscrit bôdhiaattca
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corriger ce i"i bavard. Apparemment cette tortue aura lié connaissance avec des flamants, qui lui auront proposé de l'emmener en Himalaya, Ils lui onl mis un bâton en bouche e( onl pris leur essor. Elle a entendu quelqu'un parler, n'a pu tenir sa langue, ;i voulu parler, ;i lâché le bâton, esl tombée du liaul des airs, a péri, o Puis tout haut : « ( rra ad roi, les bavards qui ne sauraient tenir leur langue, encourent de pareils mal heurs, o Après quoi il récita :
(Vers. ) « C'est elle qui s'est tuée en élevant la voix : elle tenait ferme le bâton; en parlanl elle a péri. — Instruit par cet exemple, ô héros entre tous les hommes, il faut, pour le bien, ne point parler hors de propos. Voyez: c'esl pour avoir trop parlé que la tortue a péri.»
(Prose.) « ("est pour moi qu'il dit cela-», pensa le roi. « Révérend ». dit-il, « c'est pour moi que vous dites cela? — î îrand roi, que ce soit vous ou un autre, qui parle trop subit pareil sort, » Et il lui conta ce qui s'était passé. Le roi, dorénavant, fui silencieux et réservé.
Lorsqu'il eut achevé cette parabole, le Maître en révéla l'application antérieure aux personnages actuels: <( En ce temps-là », dit-il, « la tortue, c'était KLôkâlika; les deux jeunes flamants, c'étaient deux des doyens de notre communauté; le roi, c'était Ananda ; et le sage conseiller, c'était moi. » Ceci est le conte de la Tortue. (Jâtaka pâli, 215.)
Tableau bien composé, cadre inepte ; et c'est ainsi d'un bout à l'autre. La variété et la monotonie de ce genre ne peuvent ressortir que d'un second exemple.
'.( Qui possède les quatre vertus » : cette histoire fut
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contée par le Maître, alors qu'il résidait dans le Bois des Bambous. Elle \i-;iit l'attentat ourdi contre sa \ i'- I ).-ii- 1)'"\ adatta. < >r donc, le Maître apprenant que I >êvadatta voulait attenter à ses jours: «Ce n'esl pas d'aujour d'hui », dil il. 'i ô moines, que Dêvadatta attente à ma vie : il y a attenté antérieurement : mais il n'a pu accomplir son dessein »; el il conta cette histoire du temps jadis.
Au temps jadis, quand Brahmadaîta régnait à Béiiarcs, le Bôdhisatta s'incarna en unsinge. Il prit de l'âge, et, devenu de la taille d'un poulain, robuste, il vécut solitaire sur le bord d'une rivière, au sein de laquelle s'élevait un [loi planté de manguiers, d'arbres à pain et autres arbres fruitiers de toute sorte. Entre la rive el l'île il 5 a un récif à Qeur d'eau. Le Bôdhisatta, fort el agile, saute de sa rive sur le récif el du récit dans l'îlot ; là, il se repaît de fruits ;ï loisir, reprend au soir
!'• même chemin, rentre .-ni gîte, et rec< nce le len
il<-iii.ïiii ; ainsi se passe ^:i \ ie. ' Ir, dans cette rivière, \j\.-iit avec son épouse un crocodile. Celle-ci, voyant I'- Bôdhisatta qui passait '•! repassait, eul envie de se régaler 'I'- son cœur. Elle 'lit ;'i son mari : ci 11 m'est venu une envie folle de manger le cœur de ce roi des singes. C'est bon », 'lit le crocodile, « tu l'auras : ce soir, ;i son retour de l'Ilôt, je m'en \.-ii- l'attraper, » Et il alla se coucher sur le récif. Le Bôdhisatta, sa journée faite, s'apprête au soir à quitter l'îlot, regarde son récif, '•i se dit : " Mais ce récif émerge plus que d'habitude: qu'est ce à dire ? » Il mesure de l'œil la hauteur de l'eau el celle du rocher : « L'eau », se 'lit il. « n'a monté ni décru dans la journée, el pourtant le rocher a \ isiblemenl grandi : il faut qu'il 5 ail dessus un crocodile <|ui me guette, vssurons-nous-en, Il ne b I feint
d'entamer une conversation avec le rocher. « Hé! n>
LES LlTl M! \ H RES DE L'INDE
cher! » L'aul re ne souffle mot. De plus belle et pai trois fois : « Rocher ! » Môme silence. Alors: « Eh bien, rocher, d'où vient qu'aujourd'hui tu ne me répondes pas? — Il paraît », se dil le crocodile, « que les autres jours le rocher répond à cebeausinge : je vais donc lui répondre. Eh bien, roi des singes? - Qui es- tu? ■ Un crocodile. Et que fais-tu là".' —Je te guette pour manger ton cœur. — Pas d'autre chemin », pensa le Bôdhisatta, « ici il me faut user de ruse. Ami crocodile ». reprit-il, «je m'abandonne à toi. Ouvre la gueule, el tu m'attraperas à l'arrivée. » Or, quand les crocodiles ouvrenl la gueule, iU Eermenl les yeux. L'autre, oubliant ce détail, ouvrit la gueule : ses yeux se fermèrent . Le voyez-vous., couché, la gueule bée, les yeux clos".1 Le Bôdhisatta saisil le joint, prend sonélan, lui saute sur la tête, repari comme l'éclair, et le voici à, la rive. A la vue de ce prodige, le crocodile se dit : « Ce roi des singes a l'ail un vrai miracle. O roi des singes », s'écrie-t-il, « en ce monde, l'être .doué des quatre vertus triomphe de ses ennemis: tu les possèdes toutes, je pense. » Après quoi il récita :
(Vers.) a Qui possède les quatre vertus, comme toi, ô roi des singes, véracité, justice, force d'âme, renon cernent, il échappe à tout ennemi. »
Le crocodile, après avoir ainsi loué le Bôdhisatta. retourna en son repaire.
Le Maître avait dit: « Ce n'est pas d'aujourd'hui, ô moines, (pie Dèvadatta attente à ma vie: il y a attenté antérieurement. » Établissant alors la connexion. il révéla l'application du conte aux personnages actuels : « En ce temps-là, le crocodile, c'était Dèvadatta ; son épouse, c'était Cincamânavikâ ; et le roi des singes, c'était moi. » Ceci est le conte du Roi des Singes. (Jâtaka pâli, 57.)
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On doit savoir gré au bouddhisme de dous avoir conservé ces charmants récits; mais c'esl à eux qu'il faut rendre hommage, de ce que même l'espril et le décor bouddhistes u'onl point réussi à les gâter.
Résu ii- nous : au considérable apport intellectuel el moral du bouddhisme dans la montalito de L'Inde, ue répond pas — tant s'en faut — un égal apport esthétique. En fait de beauté Littéraire, l<i bouddhisme vaut surtout par ce qu'il a tiré du dehors. Mais cela, justement, fail à nos yeux son prix : il non- Livre 1»'- premiers spécimens authentiquemenl datés d'une poésie autre qu'hymnique et d'une prose autre que sacrée. Ici. toutefois, à La différence de ce qui s'observe en général, ce n'est pas La Littérature profane qui est sortie de La Littérature sacrée, en s'en détachant comme un fruit mûr: c'est une religion qui s'est assimilé un vaste corps de produits »1<- La muse profane pour le faire servir a ses desseins. Littérairement, Le bouddhisme est donc un fait isolé. < l'est assez dire qu'il ne -aurait servir de transition entre la [' el La IIepartiede cet ou\ rage. Pour saisir le lien qui les unit, il nous faut franchir une étape de plus.