‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 53 sur 130 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

NÊO- BRAHMANISME

Le bouddhisme, on l'a vu, a presque disparu du l'Inde, après y avoir voeu, côte à côte avec le brahmanisme, l'espace de dix siècles au moins. Il en à disparu sans convulsion violente, sans trace appa rente de persécutions sanguinaires, par la force des choses, semble-t-il, ou plutôt par l'habileté des brahmanes, qui. pour avoir raison de' cette prédication populaire, ont su s'appuyer sur d'autres cultes, populaires aussi, les englober dans le leur, le vivifier par eux et les épurer par lui, conclure, en un mot. avec certaines sectes plus ou moins liété rodoxes, mais moins intransigeantes que celle du Buddha, une sorte de compromis qui les fondii avec l'orthodoxie en un semblant d'unité. Il va de soi, d'ailleurs, que celle-ci non plus ne sortit pas indemne de l'aventure qui la sauva : le néo-brâhmanisme qui préside aux destinées religieuses de l'Inde du moyen âge et des temps modernes, a gardé du védisme des légions de dieux qu'il n'adore plus que de nom. du brahmanisme le pâle souvenir

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«l'une liturgie tombée en désuétude, de la philoso phie moniste la notion d'un Dieu lu qu'il hypos tasie en trinité : tou! demeure, el tout est chang<

< v qui caractérise la religion actuelle, c'esl pré cisémenl cette Trimûrti bien connue et justement admirée: Brahmâ le créateur, Visnu le conserva leur; Çiva le destructeur : — splendi de synthèse du plan de l'univers, qui f;iit de la destruction incessante la condition nécessaire d'une création nouvelle et réalise aux yeux de la l'unie le mot profond de notre Cl. Bernard: « La vie, c'estla mort»? — ( )ui : mais que l'on ne s'j trompe pas, ce n'est pas la pensée philosophique qui a créé ce groupe, elle n'en est sortie qu'après coup: c'esl hasard si ces dieux se sont rencontrés et associés, hasard s'ils ont présenté des attributs qui ont donné prise à l'antithèse; leur- naïfs adorateurs, les fidèles qui, dès l'époque du Buddlia, avaient voué une dévotion ex çlusive, les uns à Çiva, les autres ;'i Visnu, n'y en tendaient pas tant de malice; il- révéraient l'un îles deux dieux et ignoraient à peu près l'autre; quant a Brahmâ, il- l'ignoraient totalement. Leurs croyances, faites ;'i la mesure de l'âme populaire et, par certains côtés, peu différentes de celles du bouddhisme décadent, qui faisait du Buddha un dieu, avaient peu à peu conquis ceux que rebutait l'abstruse théosophie du brahmanisme; et, quand celui-ci se mit en devoir de regagner le terrain perdu, il ne trouva rien de mieux à faire, que de

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garder sa théosophie pour le secret de ses écoles, et de prêcher publiquement à la masse les dieux qu'elle adorait déjà. Les brahmanes étaient l'élite : • ■M rallianl autour d'eux viçnuites et çivaïtes, ils devinrent le nombre: dans ces conditions,- ils devaient vaincre. Ils vainquirent. Nous connaissons déjà leur dieu (p. 73): les deux autres, sous leur h;i guette magique, devinrent, comme lui, des symboles du Grand Tout; mais eux, ce n'était pas le sacerdoce qui les avait créés, ils sortaient inopinés des bas fonds du folklore.

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