‹ Les Littératures populaires de toutes les nations (volume 2)Chapitre 107 sur 113 · S IV. — GARGANTUA AU CANADA · texte numérisé non relu

S IV. — GARGANTUA AU CANADA

u Canada se trouve le cap Gargantua, non loin du cap Gros, qui, avec le cap Iroquois, son vis-à-vis et son pendant, forme

ce que le célèbre naturaliste Agassiz appelait les

portiques du lac Supérieur. »

(A. de Lamothe, Cinq mois che^ Us Français ^AnU-

rique^ p. i88).

Il serait curieux de rechercher si Gargantua a laissé quelques traces dans les traditions populaires canadiennes, où l'on retrouve tant de ressemblances avec celles « de l'ancienne patrie. » Mais c'est une étude que peuvent seuls faire les savants canadiens, dont plusieurs sont très zélés pour la littérature populaire de leur pays, resté en déjùt de tout si profondément français.

Page 12. — Le Sabot de Gargantua se trouve sur la route de Saint-Brieuc à Plainte!, et son palet à Donges. Ce sont deux mégalithes.

(Communiqué par M. René Kerviler).

Page io6. — On raconte autrement la manière dont Gargantua fit la plaine de Mordreuc.

« Gargantua avait un jardin; des ânes venaient le ravager. Gargantua, en colère, firappa du pied et il en fit un large trou, dont la plaine en s'y jetant forma la plaine de Mordreuc. Gargantua fut débarrassé des ânes pillards ; mais, dans sa colère, il s'était cassé deux dents, et ces deux dents crachées par lui vinrent tomber sur la grève : ce sont deux menhirs. On voyait jadis, sur l'autel même (situé au bas de l'église), les têtes d'ânes rappelant cette folle histoire. »

(Ogée, a-^. SAtMT-SvLuc).

Dans la légende ordinaire, c'est le jardin de saint Suliac, abbé d'un monastère voisin, que les ânes viennent ravager. Cf. M"» de Cemy, p. 13-15.

Les substitutions d'un héros à un autre sont fréquentes, et la légende gargantuesque en offre de nombreux exemples.

Page 157. — Gargantua s'était assis sur la cathédrale d'Avranches ; il avait un pied sur Tombelaine et un sur le mont Saint-Michel. Il avait à côté de lui un hédou (blaireau) qui lui servait de chien et était presqu'aussi grand que son maître. Quand Gargantua se levait, le bédou sautait sur le Grouin du Sud et de là sur le mont Saint-Michel : en deux sauts il y était.

Quant Gargantua voulait manger, quarante hommes de corvée, vingt de chaque côté, lui enfournaient les aliments avec des pelles à marc. Quant les bourgeois d'Avranches étaient fatigués, on mandait les sauniers de la baie du mont Saint- Michel qui venaient, par bande de quarante par paroisses, avec leurs pales (pelles) à sablon sur l'épaule.

Quant il soulageait son humaine nature dans la rivière de Sée, la rivière débordait : c'était une avaîaison (inondation).

Gargantua avait un sabre qui coupait sept lieues avant le fil.

^Communiqué par. M. Couraye du Parc).

Ces épisodes se retrouvent dans les légendes précédentes, sauf le grand blaireau qui lui servait de chien ; le sabre qui coupe sept lieues avant le fil est connu dans les contes populaires.

Page 241. — « A Hyèvre-Paroisse , un lieu dit porte la dénomination de sous le fauteuil de Gargantua. Avec le tombeau de Gargantua, près de Vuillafans (Doubs), et la Roche de Gargantua, près de Clairvaux (Jura), je ne connais pas en Franche- Comté d'autres traditions de ce genre sur le héros de Rabelais. »

( Répertoire des travaux historiques 1883, n« 3, p» 416).

Page 246. — M. Ch. de Gargan a publié à Metz, eni88i, la Généalogie historique de la maison de Gargan, in-80 de 570 pages.

Page 317. — A Malines, il y a tous les trois ans une procession où figure une famille de géants. Il en est de même à Anvers. A Bruxelles, on promène aussi parfois des géants. Ces processions ont lieu encore en beaucoup d'autres localités de la Belgique.

(Communiqué par M. F. L. Gilot).

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