LE CHATEAU DU DIABLE
|L y a bien longtemps vivait un fermier qui, tant bien que mal, avait réussi à élever ses trois enfants, tous garçons.
L'aîné se nommait Richard et le deuxième Pierre. Quant au cadet, il s'appelait Jean de son petit nom. Les trois jeunes gens étaient assez aventureux et s'ennuyaient au diable dans leur village. Aussi Richard vint un jour trouver son père et lui dit :
— « Mon père, me voici en âge de choisir un métier. J'ai bien réfléchi et je n'ai trouvé rien de mieux que d'aller à l'armée. Je viens donc vous demander la permission de vous quitter et d'aller m'engager comme soldat.
— Richard, j'avais toujours eu l'intention de faire de toi un bon cultivateur ; mais puisque ta vocation te pousse à embrasser l'état militaire, je ne m'y opposerai point. Tes deux frères seront là pour m' aider, du reste. Voici dix écus qui t'aideront à faire ton voyage. Adieu, et que Dieu te bénisse ! Un dernier mot : sois toujours honnête. »
Richard serra précieusement ses dix écus dans sa poche, embrassa son père et ses deux frères et partit s'engager.
Au bout de trois mois, Pierre qui s'ennuyait beaucoup de ne pas avoir de nouvelles de son frère, se résolut à s'engager, lui aussi, et à l'aller rejoindre.
Il demanda donc à son père de lui permettre de se faire soldat.
— « Mon Dieu! s'écria le fermier; tu veux partir aussi ! Mais je t'avais choisi pour me remplacer dans ma petite ferme. Tu veux donc me laisser seul avec ton frère Jean ? Réfléchis bien avant de te décider tout à fait .
— Mon père, c'est tout résolu ; j'y ai bien réfléchi, je ne puis résister au goût décidé que j'ai pour le métier de soldat.
— En ce cas, je ne te retiens pas ; pars et que Dieu te garde. »
Et le père mit dix sous tout neufs dans la main de son fils qui s'en alla pour l'armée.
Trois ans après, Jean, le seul enfant qui restât auprès du fermier, vint trouver celui-ci et lui demanda aussi la permission d'aller à l'armée.
— « Pour le coup, c'est trop fort ! La tête te tourne donc comme à tes frères ? Ils sont partis depuis longtemps, tu le sais, et nous n'en avons plus entendu parler. Reste ici pour cultiver nos champs.
— Mon père, j'ai réfléchi à tout cela depuis longtemps; mais la tentation est par trop forte. Je veux goûter de la vie de soldat. Il faut que j'aille, sans plus tarder, rejoindre Richard et Pierre.
— Je ne veux point te faire de la peine. Il me reste dix liards , prends-les et cours à l'armée. »
Jean embrassa son père et partit.
Il marcha toujours droit devant lui jusqu'au moment où il arriva à la ville et de là au régiment. Jugez de Pétonnement et de la joie qu'éprouvèrent Richard et Pierre en voyant leur frère Jean !
Six mois plus tard, il arriva que Richard, ayant bu quelques verres de trop, insulta son capitaine. Il passa 'en conseil de guerre et fut condamné à mort.
Richard vint trouver ses frères et leur dit :
— « On vient de me condamner à mort; je dois être pendu dans deux heures ; on m'a permis de venir vous dire adieu, et comme je sais un moyen de sortir de la ville sans être vu, vous allez me suivre et nous aurons le temps de nous échapper. Nous irons dans un pays étranger où Ton ne nous connaisse point.
— Soit I Fuyons, » répondirent les trois frères.
Et, prenant leurs épées, ils sortirent de la ville dont ils ne tardèrent pas à s'éloigner. Il y avait bien deux jours qu'ils marchaient sans se reposer, quand ils arrivèrent à un carrefour. Trois chemins étaient devant eux. Ne sachant lequel prendre, Richard, en sa qualité d'aîné, dit à ses frères :
— « Nous allons prendre chacun un chemin différent. Celui d'entre nous qui trouvera quelque habitation où nous puissions loger, avertira les autres par un coup de sifflet. Ceci convenu, mettons-nous en route chacun de notée côté. »
Us partirent alors par trois chemins différents. Jean, le premier, aperçut un moulin tout isolé dans la plaine. Vite, il donna le coup • de sifflet convenu pour avertir ses frères, qui vinrent le re-
joindre et il alla frapper à la porte de l'habitation du meunier.
— « Qui est là ? » dit une voix à Pintérieur.
— « Nous sommes trois pauvres voyageurs égarés sur ce chemin, et nous voudrions à manger pour le moment et un gîte pour la nuit.
— A manger I II m'est impossible de vous satisfaire. Passez donc votre chemin et allez vous promener.
— Mais nous ne connaissons pas le pays ; nous sommes étrangers.
— Cela ne me regarde pas. Passez au pied du Chdteau-du-Diabîe, vous arriverez à la ville voisine. Mais, pour Dieu I ne vous avisez pas d'entrer dans ce château ; le Diable y égorge les voyageurs assez imprudents pour y pénétrer.
— Alors, bonjour meunier. »
Et les trois frères se dirigèrent vers le Château du Diable, où ils ne tardèrent pas à arriver. Tous les appartements s'ouvrirent devant eux. Dans une salle ornée magnifiquement se trouvaient trois couverts dressés comme à dessein.
— « On ne peut mieux faire les choses 1 » pensèrent les trois frères, et ils se mirent à table devant l'excellent repas qui s y trouvait disposé. Ils
mangèrent d'excellent appétit, comme vous pouvez le penser ; puis ils songèrent à aller se coucher.
Ils trouvèrent une chambre et deux lits dans lesquels se couchèrent Richard et son frère Pierre. Quant à Jean, il ferma la porte au verrou et veilla à la sûreté de sts frères.
Vers minuit, un grand bruit se fit entendre dans le château et sembla en ébranler jusqu'aux fondements : c'était le Diable qui venait pour ouvrir la porte et surprendre les jeunes gens en dormis.
— « Oh 1 là 1 oh 1 » lui cria la sentinelle, « on n'entre pas ainsi sans ma permission.
— Laisse-moi entrer, te dis-je !
— Non, non.
— Si tu veux m'ouvrir, je te donnerai une serviette magique à l'aide de laquelle tu obtiendras, quand cela te fera plaisir, un repas tel que tu le désireras.
— J'accepte, mais à cette condition, toutefois, que tu me jureras de ne rien faire à mes frères et à moil
— Je le jure 1 » hurla le Diable.
Le jeune soldat ouvrit la porte et le démon entra dans la chambre où étaient endormis les deux
jeunes gens. H fit quelques cabrioles et disparut par la cheminée.
Le lendemain, ce fut Pierre qui resta en sentinelle pendant que ses deux frères se couchaient.
Minuit arriva. Le Diable se présenta encore et trouva porte dose.
— « Ouvre-moi ! cria-t-il à travers la cloison. — Que me donneras-tu, si je t'ouvre ?
— Je te ferai cadeau d'un bâton.
— Et qu'en ferai-je ?
— Il te donnera tout autant d'or que tu pourras le désirer.
— J'accepterai à cette condition que tu me jureras de ne rien faire à mes frères et àmoi !
— Je le jure ! »
Pierre ouvrit ; le Diable sauta comme la veille, de ci de là par la chambre et disparut.
La nuit suivante, c'était à Richard de monter la garde.
Le Diable arriva vers minuit, frappa à la porte et demanda la permission d'entrer dans la salle. Richard refusa.
Le Diable qui tenait à entrer lui dit :
— « Pour la dernière fois, ouvre-moi la porte et je te donnerai un manteau qui te rendra invi-
sible et à l'aide duquel tu pourras te transporter en un instant où tu le désireras.
— Jures-tu de ne point te venger sur mes frères ou sur moi?
— Je te le jure. »
Le Diable ayant juré, entra dans la chambre, donna la serviette, le bâton et le manteau merveilleux, cabriola tout à son aise, et encore une fois disparut par la cheminée.
Le lendemain, Richard, Pierre et Jean quittaient le château emportant avec eux les cadeaux du Diable.
A peine arrivés dans le parc, ils entendirent un grand bruit, la terre trembla, et ils virent le Château du Diable s'écrouler tout d'une pièce.
A une lieue de là, Richard proposa à ses frères de faire l'expérience de la baguette, du manteau et de la serviette du Diable, pour s'assurer si celui-ci ne les avait pas trompés.
H prit la serviette, la déplia sur le gazon et commanda :
— « Par la vertu de ma serviette, j'ordonne qu'un délicieux déjeuner se trouve servi sur l'heure en cet endroit. »
Ce qui se trouva fait aussitôt. Après avoir bien
jeunes gens. Il fit quelques cabrioles et disparut par la cheminée.
Le lendemain, ce fut Pierre qui resta en sentinelle pendant que sqs deux frères se couchaient.
Minuit arriva. Le Diable se présenta encore et trouva porte close.
— « Ouvre-moi ! cria-t-il à travers la cloison. — Que me donneras-tu, si je t'ouvre ?
— Je te ferai cadeau d'un bâton.
— Et qu'en ferai-je ?
— Il te donnera tout autant d'or que tu pourras le désirer.
— J'accepterai à cette condition que tu me jureras de ne rien faire à mes frères et à moi !
— Je le jure ! »
Pierre ouvrit ; le Diable sauta comme la veille, de ci de là par la chambre et disparut.
La nuit suivante, c'était à Richard de monter la garde.
Le Diable arriva vers minuit, frappa à la porte et demanda la permission d'entrer dans la salle. Richard refusa.
Le Diable qui tenait à entrer lui dit :
— « Pour la dernière fois, ouvre-moi la porte et je te donnerai un manteau qui te rendra invi-
sible et à l'aide duquel tu pourras te transporter en un instant où tu le désireras.
— Jures-tu de ne point te venger sur mes frères ou sur moi ?
— Je te le jure. »
Le Diable ayant juré, entra dans la chambre, donna la serviette, le bâton et le manteau merveilleux, cabriola tout à son aise, et encore une fois disparut par la cheminée.
Le lendemain, Richard, Pierre et Jean quittaient le château emportant avec eux les cadeaux du Diable.
A peine arrivés dans le parc, ils entendirent un grand bruit, la terre trembla, et ils virent le Château du Diable s'écrouler tout d'une pièce.
A une lieue de là, Richard proposa à ses frères de faire l'expérience de la baguette, du manteau et de la serviette du Diable, pour s'assurer si celui-ci ne les avait pas trompés.
H prit la serviette, la déplia sur le gazon et commanda :
— « Par la vertu de ma serviette, j'ordonne qu'un délicieux déjeuner se trouve servi sur l'heure en cet endroit. »
Ce qui se trouva fait aussitôt. Après avoir bien
bu et bien mangé, Jean prit la baguette et dit :
— « Par la vertu de mon bâton, je commande que nos poches se trouvent remplies d'or sur l'heure. »
Les trois frères se virent obligés de jeter nombre de pièces d'or qui les chargeaient tellement qu'ils ne pouvaient se lever.
Puis s'enveloppant tous trois du manteau, ils s'écrièrent :
— « Par la vertu de notre manteau, nous demandons à être transportés à Paris, en France. »
Ils y furent aussitôt. Ils entrèrent dans un hôtel, se firent servir à boire et sortirent dans la ville.
On entendait le bruit des trompettes et des tambours : c'étaient les officiers du roi de France qui annonçaient par toutes les rues que celui-ci donnerait sa fille en mariage et la moitié de son royaume à celui qui, en une heure, pourrait apprêter un festin splendide pour cinq cents ambassadeurs étrangers qui venaient d'arriver au palais.
— « C'est ce qu'il nous faut, » s'écria Richard, « je vais prendre la serviette magique et j'irai trouver le roi. »
Il retourna à son hôtel, y prit la serviette du
Diable, et courut au palais du roi. Les gardes voulurent Pempêcher de passer; mais quand il leur eut dit qu'il voulait parler au roi, ils le conduisirent en présence de ce dernier.
— « Que veux-tu ? » lui dit le roi.
— « J'ai entendu par hasard ce que vos officiers viennent d'annoncer par la ville, et je viens préparer le dîner demandé, si toutefois vous me renouvelez la promesse de me donner la main de votre fille et la moitié de votre royaume.
— Je te le promets. Mais comment comptes- tu t'y prendre?
— Que vous importe ! Montrez-moi la salle du festin. »
Le roi la lui indiqua, et Richard s'y enferma. Ayant pris sa serviette, il l'étendit sur le sol et dit:
— « Par la vertu de ma serviette, je commande qu'un dîner de cinq cents couverts, le plus beau qu'il soit possible d'imaginer, se trouve servi à l'instant. »
Il avait à peine achevé que tout se trouva préparé pour la réception des ambassadeurs. Le roi fut tout surpris :
— « Tu as rempli toutes tes obligations, » dit-il
au soldat, « il ne reste plus qu'à tenir les miennes. Je vais appeler ma fille ; le mariage se fera demain, quand les envoyés du roi d'Angleterre seront repartis. »
La princesse arriva et emmena Richard dans sa chambre. En montant l'escalier qui y conduisait, la fille du roi voulut savoir comment Richard s'y était pris pour se tirer si vite d'embarras.
— « Cela m'a été bien facile. Voici une serviette qui, sur mon désir, sert à boire et à manger. »
Et Richard montra la serviette à la princesse qui s'en empara. Il voulut la lui reprendre, mais la fille du roi se mit à appeler :
— « Au secours ! Au secours 1 on me fait violence 1 »
Les gardes accoururent et emmenèrent Richard dans une autre tour où ils l'enfermèrent.
Ses frères, ne le voyant pas revenir, le crurent mort.
Quelque temps après, les officiers du roi annoncèrent de nouveau par la ville de Paris que leur maître donnerait sa fille et la moitié de son royaume à celui qui lui fournirait assez d'or pour payer la rançon de son fils, prisonnier du roi de Prusse.
Jean prit sa baguette merveilleuse et se présenta au palais du roi. On le fit entrer dans une vaste salle contenant une foule de sacs qu'il fallait rem* plir d'or pour payer la somme demandée.
Le jeune homme prit son bâton et dit :
— « Par la vertu de mon petit bâton, je commande que ces sacs soient remplis de louis et de pistoles. »
La baguette, comme toujours, fit son devoir.
Le roi présenta sa fille au jeune homme et lui dit qu'il pourrait l'épouser le lendemain.
La princesse, ainsi qu'elle l'avait fait â Richard, dit à son fiancé :
— « Venez visiter mes appartements avec moi. Vous ne vous en repentirez pas, je vous l'assure.
— Soit ! dit le jeune homme, qui ne se doutait de rien. »
La princesse voulut voir le bâton magique et s'en saisit dès que Jean le lui eut montré.
— « Rendez-moi ma baguette, ou je vous jette par la fenêtre 1 » s'écria Jean.
— « Au secours 1 Au secours 1 La garde 1 » cria la jeune fille.
Et avant que le soldat eût pu se défendre, il fut
saisi, lié, garrotté et jeté dans la prison où déjà se trouvait son frère Richard.
Pierre restait seul. On annonça une troisième fois par la ville que le roi donnerait sa fille et la moitié de son royaume à celui qui pourait le transporter en peu de temps chez un roi qui demeurait dans un pays fort éloigné.
Pierre, qui n'avait pas vu revenir ses deux frères, se promit d'aller au palais et de prendre ses précautions.
Il examina fort attentivement les alentours du château du roi et alla se présenter à la porte. On le fit entrer.
D s'enveloppa avec le roi dans le manteau qu'il avait obtenu autrefois dans le Château du Diable, et dit :
— « Par la vertu de mon manteau, je commande que nous soyons transportés en un instant dans le palais du roi aux douze chevaux de feu. »
Et aussitôt ils furent arrivés dans le palais demandé.
Après avoir rendu visite au prince du pays et s'être entretenu quelque temps avec lui, le roi voulut revenir dans son pays. Pierre prit le manteau
et revint le soir même en France dans la ville de Paris.
Le jeune homme n'eut rien de plus pressé que de dire au roi :
— « Eh bien ! me donnez-vous votre fille ? »
Le roi lui répondit :
— « Elle va venir te trouver. Vous pourrez vous marier dans une heure. En attendant que je donne les ordres pour la cérémonie, tu pourras visiter le château avec ma fille. »
La princesse arriva et emmena le jeune homme dans sa chambre. Puis elle s'empara du manteau merveilleux.
Lorsque Pierre voulut le lui reprendre, elle appela la garde. Mais Jean, qui était fort agile, sauta par une fenêtre dans la cour du palais et se cacha dans le bûcher.
On le chercha en vain toute la journée, il fut impossible de le trouver.
Le soir venu, Pierre sortit de sa cachette et pénétra dans le jardin du roi. Ayant aperçu de belles poires sur l'un des arbres du jardin, Pierre grimpa le long du poirier et alla cueillir des fruits. D remarqua que l'arbre portait deux sortes de poires, des grosses et des petites. Il en prit des
deux espèces, en remplit ses poches et descendit.
Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsque, ayant mangé Tune des grosses poires, il vit son nez s'allonger subitement de six pieds... Il continua néanmoins sa collation et mangea des petites poires. Son nez revint à sa longueur ordinaire. Voyant de quelle utilité ces fruits pouvaient être pour lui, il n'en mangea plus et s'en alla. Des maçons construisaient une muraille ; ils demandèrent au jeune homme pourquoi il passait à une heure si avancée ; mais il leur répondit qu'il venait de parler au roi et ils le laissèrent sortir.
Le lendemain, il y avait grande fête au palais. Une des suivantes de la princesse se mariait. Pierre l'ayant appris se déguisa de son mieux et se rendit au château pour y vendre les poires qu'il avait cueillies. On présenta les fruits au moment du dessert. Chacun était ravi de voir de si belles poires, et il n'en resta bientôt plus. Aussi le nez de tous les invités s'allongea-t-il de six pieds.
La fille du roi ayant mangé deux poires, se vit avec un nez long de deux toises 1
Un médecin fut appelé. Il jugea nécessaire de couper cette espèce de queue. Une vieille femme
mourut pendant l'opération et personne ne voulut se laisser couper le nez.
Pierre se présenta et s'offrit de guérir la princesse si le roi voulait lui rendre ses deux frères, la serviette, le bâton et le manteau merveilleux.
De plus, il réclama la main de la fille du roi et la moitié de la France. Le roi fut très heureux d'accepter.
Pierre guérit la princesse et les autres invités, grâce aux petites poires qu'il avait pris soin de conserver. Il épousa la jeune fille le jour même et vécut dès lors fort heureux avec son père, ses frères et les nombreux enfants qu'il eut par la suite.
Quant au bâton, au manteau et à la serviette rapportés de la Maison du Diable, je ne sais ce qu'ils sont devenus. Si un jour je l'apprends, je vous en ferai part.
(Conté le 6 janvier 1878, par M. Alfred Habotiry, d'Acheux [Somme]).
Cf. le conte de Campbell : Les Trois Souhaits dans West Highlands Popular Talcs, ou le premier épisode se retrouve à peu près semblable : Château abandonné, repas, chambre avec lits. Seulement le diable est remplacé par trois grandes filles rouges qui viennent se coucher avec les jeunes gens. Après trois
jours, elles leur donnent une bourse, une nappe et un sifflet merveilleux. L'épisode de l'enlèvement des objets magiques par k princesse y est aussi presque semblable. De même pour le poirier devenu pommier dans le conte cité. Au lieu de faire allonger ou raccourcir le nez, ces pommes font pousser des cornes de cerf que d'autres font disparaître. Dans un conte picard que j'ai publié dans la Remania, t. VIII, p. 243 : La Bague magique, grâce à la formule Dominus vobiscum et à U bague, le nez s'allonge d'un pouce pour se raccourcir d'un demipouce avec la formule Et cum spiritu tuo. Dans un conte de Grirara : Le Krautesel, le héros trouve une salade qui a le privilège de métamorphoser en âne. Une version de ce dernier conte, L'Arbre au Ne%, offre l'épisode de la pomme allongeant démesurément le nez d'un pauvre soldat. Nombre de contes erotiques se rapprochent de ces contes. Cf. également : Mfil— lenhoff, Le Ruban bleu; Carit Etlar, Les Exploits de Svend; Loys Brueyre, Contes populaires de la Grande-Bretagne, p. 138; Gubernatis, vol I, p. 182, 288, etc., etc., et toutes les variantes qu'a données M. Cosq,uin dans la Romania, à la suite de son conte lorrain : La Bourse, le Sifflet et U Chapeau.