‹ Les Littératures populaires de toutes les nations (volume 4)Chapitre 59 sur 69 · LES FUNÉRAILLES DU CHASSEUR · texte numérisé non relu

LES FUNÉRAILLES DU CHASSEUR

utrefois vivait un chasseur renommé qui dépeuplait toutes les forêts de son pays.

Il était devenu la terreur des cerfs, des sangliers, des loups, des ours et même des lions. Aussi ces divers animaux se réunirent-ils un jour dans une grande forêt pour chercher le moyen de se débarrasser du terrible chasseur. On invita aussi le lièvre, le renard, la fouine, voire même le lapin et quelques autres bêtes dont le nom m'échappe. Et là le sanglier, roi de la forêt en l'absence du lion, empêché par une blessure que lui avait faite l'homme, son ennemi, s'assit sur

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— Cest convenu ! jurèrent les jminjui . »

Le lendemain arrivé, le chasseur aperçât le sanglier, le visa et lui tira un coup de fusil. Maïs la balle glissa sur le cuir de ranimai, et ce dernier courut sur l'homme qu'il renversa. Le loup, Tours, le renard, même la fouine, le blaireau, le lièvre et le lapin vinrent à l'aide du sanglier et eurent bientôt fait de tuer le terrible chasseur.

Ceci fait, le sanglier reçut les compliments de ses amis.

— « Mais, dit l'ours, ce n'est pas tout. Nous avons tué le chasseur, c'est fort bien. D nous faut

faire ses funérailles avec les mêmes cérémonies qu'emploient les hommes.

— C'est vrai ! — C'est vrai ! hurlèrent les autres animaux. »

L'ours courut à un gros chêne qu'il déracina et il en fit un cercueil pour le chasseur. Puis, la fouine s'étant chargée de la fosse, le convoi se mit en marche. Le renard marchait en tête remplissant les fonctions de curé ; le loup, devenu chantre, psalmodiait le De profundis; puis le sanglier portait le mort ; le lièvre tenait le cierge mortuaire ; le lapin marchait derrière le cerf, qui pleurait à chaudes larmes.

Arrivés à la fosse, les animaux s'arrêtèrent; la fouine descendit le corps dans le trou qu'elle avait creusé, et le renard prononça un grand sermon qui fit pleurer tous les assistants. La fosse comblée, le lièvre rejoignit son terrier en compagnie de la fouine et du lapin, et les autres bêtes rentrèrent à leur logis.

{Conté en 1882, par Georges Charpentier, âgé de neuf ans).

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