LA FILLE QUI TUA SON ENFANT
C'est en cueillant la violette, C'est en cueillant la violette, Qu'elle a perdu ses amourettes.
Le fils du roi vint à passer (bis),
— Où est-elle cette prisonnière ?
L'on dit partout qu'elle est si belle.
— Viendrez demain, nous la verrons (bis), Nous la verrons sur un échelle,
Que le bourreau sera derrière.
Montée jusqu'au troisième chevron (bis), Elle s'y retourne de derrière elle ; Elle aperçoit sa pauvre mère :
— Ma mère, çà n'vous fait-y point d'peine (bis), D'avoir élevé une fille si grande,
Devant vos yeux, de la voir pendre ?
— Ma fille, nous avons de l'argent (bis), Nous en donnerons à la justice,
Ce sera pour te sauver la vie.
— Ma mère, d'argent il n'en faut pas (bis), Car toute fille qui a fait la folie,
Il est bien juste qu'elle soit punie.
Ma mère, j'ai t'encore une sœur (bis), Ah ! de grâce, prenez-y bien garde, Car les gendarmes en veulent à elle I
Allez vous-en dans ce grand bois (bis) , Dessous cette épine fleurie, Vous entendrez l'enfant crier.
(Chanté en septembre 1882, par Madame E, Camoy, dgie de quarante-et-un ans, d Warloy-Baillon [Somme])»