‹ Les Littératures populaires de toutes les nationsChapitre 29 sur 32 · LA TRUIE. SAUVAGE · texte numérisé non relu

LA TRUIE. SAUVAGE

IN jeune seigneur, étant un jour à la chasse, dans un grand bois, non loin de son château, rencontra une truie sauvage. Il la coucha en joue, et il allait faire feu, lorsqu'il fut bien étonné de l'entendre parler ainsi :

— Ne tire pas sur moi, car tu dois m'épouser !

— Dieu, que dites-vous? Moi épouser une truie sauvage ! s'écria le seigneur.

— Oui ; retourne à la maison, quand tu voudras, et rappelle-toi ce que je t'ai dit ; je serai ta femme !

Et il retourna à la maison, tout triste et pensif.

— Que t'est-il arrivé, pour être si triste, mon fils ? lui demanda sa mère.

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— Hélas I ma mère, j'ai été à la chasse et j'ai rencontré une truie sauvage, et comme je la couchais en joue, elle a pris la parole, comme un homme, et m'a dit qu'il me faudrait l'épouser.

— Hélas ! mon pauvre enfant, si elle l'a dit, il faut que cela soit. Cette truie habite un vieux château, à l'autre extrémité du bois.

A partir de ce jour, la truie venait tous les jours visiter le jeune gentilhomme, et celui-ci en avait tant de chagrin, qu'il était près d'en perdre la raison. Enfin, un jour, obsédé de ses visites et de ses instances, il dit :

— Eh bien! puisqu'il faut que cela soit, finissons-en, et allons à l'église 1

Et ils se rendirent i l'Oise.

Le curé, fort surpris, faisait des difficultés pour unir un chrétien à une truie sauvage.

— Mariez-nous hardiment, dit la truie, car â vous me voyez sous cette forme, c'est ma mère qui en est la cause.

Et le curé les unit.

La truie emmena alors son mari à son château, qui était fort beau. Son père était mort, mais, sa mère vivait encore et habitait le château avec elle.

Le jeune gentilhomme s'habitua à sa femme, et finit par l'aimer telle qu'elle était.

La truie devint enceinte.

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