‹ Les livres à la guerreChapitre 11 sur 59 · ON DEMANDE DES NOUVELLES DU PAYS · texte numérisé non relu

ON DEMANDE DES NOUVELLES DU PAYS

« Je suis ici dans la R. F. A. avec des pruneaux qui éclatent sur ma bille et j'ai l'intention de m'en tirer », écrivait un soldat américain à Frederick Palmer. « Si vous avez des journaux américains ou des revues qui traînent, veuillez me les em^oyer, comme je suis loin de la Californie. »

On réclamait de toutes parts des nouvelles du pays et il fallait envoyer de nombreuses revues et de nombreux journaux des États-Unis. Les publications étrangères ne pouvaient naturellement pas prendre la place de celles auxquelles les hommes étaient habitués. On recevait des périodiques donnés par des particuhers ou des institutions d'Amérique, et on en achetait à Londres par l'intermédiaire de la « Dorland News Agenc}^ » qui, grâce aux efforts du Gouverneur Edge de New Jersey, obtint des remises spéciales pour la Croix Rouge Américaine et l'Y. M. C. A.

Une lettre que le Colonel Theodore Roosevelt avait reçue de France d'une américaine le porta à engager le public des États-Unis à envoyer des journaux à nos soldats. La lettre décrivait l'hôpital de la Croix Rouge à Neuilly. « Les salles sont déjà pleines et les galeries sont bordées d'hommes sur des brancards qui attendent qu'on panse leurs blessures. Ils sont splendides et ne se plaignent pas. Ils brûlent d'avoir des nouvelles du pays et il n'y a rien qu'ils désirent davantage que des journaux de chez eux. Je voudrais que vous fassiez

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savoir qu'il faut leur envoyer plus de journaux de chez eux. Ils ne veulent pas des vieux journaux qu'on a mis au rancart après les avoir lus, mais des journaux du jour expédiés régulièrement. » « J'adresse un pressant appel pour qu'on envoie non seulement des journaux de New York et de Boston, mais tous les journaux américains », disait le Colonel Roosevelt en publiant cettelettre. « Il faut ramasser des fonds pour qu'on envoie régulièrement aux hôpitaux les journaux des régions auxquelles appartiennent les soldats qui ont des chances d'y aller. »

On demanda aux Conseils de Défense des divers États de fournir les journaux locaux, et l'on reçut en réponse à cet appel des journaux de villes plus ou moins importantes de chaque État.

Aux stations balnéaires où l'on envoyait les soldats convalescents et dans tous les hôpitaux qu'elle pouvait atteindre, la Croix Rouge distribuait chaque matin des journaux quotidiens — dont beaucoup étaient des journaux européens imprimés en anglais — et, chaque semaine, des revues américaines et européennes. Au front on distribuait les journaux anglais d'Europe aux magasins et aux postes de la Croix Rouge à l'heure où ils arrivaient de Paris par le train. On ne déchirait jamais un journal avant que chaque soldat du secteur l'eût parcouru.

Quelques courts extraits de lettres reçues par le Comité de Vigilance du Chapitre de Londres de la Croix Rouge Américaine montreront le cas que les soldats faisaient des journaux et des revues qu'on leur envoyait.

Un Américain, qui avait été s'engager au Canada et «tait en France depuis un an, écrivait que la possibilité qu'on avait de lire rendait plus courtes des heures interminables.

Un autre, écrivant d'un hôpital miUtaire canadien dans le comté de Kent, envoyait une cotisation d'un dollar à la Croix Rouge en demandant qu'on songeât à lui, quand ce serait possible, pour un journal ou une lettre personnelle.

<( Ça a été fameux de recevoir ces journaux de New York )), écrivait un membre d'une escadrille en convalescence dans un hôpital militaire du Wiltshire. « Les Popular Mechanics ont été reçues comme un vrai don du ciel. La Saturday Evening Post vaut pour moi son pesant d'or. Quand j'étais à l'université de Yale, je me rappelle combien les livres et les études perdaient de leur valeur chaque jeudi quand le facteur apportait cette revue. » Un quatrième soldat disait que la lettre du Comité de Vigilance l'avait trouvé au Ut, s'imaginant qu'il était l'un de ceux qu'on oublie. « Vous ne pouvez concevoir quel réconfort me procurent ces journaux de chez nous », ajoutait-il. « Je Us jusqu'aux annonces des grands magasins. »

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