‹ Les livres à la guerreChapitre 12 sur 59 · LA CROIX ROUGE AMERICAINE · texte numérisé non relu

LA CROIX ROUGE AMERICAINE

Au printemps de 1918, le service des bibliothèques de la Croix Rouge en France se faisait dans dix-huit hôpitaux de base, vingt hôpitaux de campagne et neuf autres stations diverses. Le représentant de la Croix

Rouge à Paris recevait de Londres environ deux mille volumes par mois et payait de douze à quatorze cent» francs par mois d'abonnements à des périodiques ; en plus il avait reçu quelque deux mille volumes d'un comité de la Nouvelle Angleterre et des dons analogues d'autre part. Des baraques de récréation placées sous la surveillance et la direction de l'Y. M. C. A. avaient également été édifiées dans les hôpitaux de nombreuses bases au profit du personnel.

Des représentants spéciaux de la Croix Rouge Américaine faisaient fonctions d'agents de réception aux centres de répartition. Comme les hôpitaux de campagne s'accroissaient à raison de six par mois, il devint nécessaire d'expédier et de distribuer rapidement un grand nombre de livres.

Le Comité des Bibliothèques du Chapitre de Londres de la Croix Rouge Américaine s'efforçait de fournir :

1° La Croix Rouge Américaine en France des livres nécessaires à ses propres hôpitaux et à ceux du corps expéditionnaire américain.

2^ Les hôpitaux des bases américaines en France, où les médecins, les infirmières et les infirmiers étaient américains, de livres et de revues et journaux américains.

3^ Les Américains malades ou blessés se trouvant en Angleterre, dans les hôpitaux tant anglais qu'américains, de livres, de revues et de journaux.

4° Les hôpitaux dans certaines bases navales américaines et dans quelques stations navales isolées de toute espèce de lectiures.

« Le choix des livres que nous distribuons », écrivait M. Lawrence L. Tweedy, président du Comité des Bibliothèques, « dépend de l'usage auquel ils sont destinés. Si l'on doit les distribuer immédiatement dans les salles, où il faut en détruii'e beaucoup presque surle-champ par crainte de la contagion, et où les hommes ne demandent qu'à se distraire, nous nous bornons presque exclusivement aux romans, et aux romans faciles. Quand nous fournissons des bibliothèques plus ou moins permanentes pour le personnel des hôpitaux ou pour des stations navales, nous essayons de leur donner un peu de livres de tous les genres, comme des classiques, des essais, de la poésie et des biographies, mais encore des romans en majorité. »

Ces livres provenaient soit de dons — le nombre en était très restreint — soit d'achats sur le marché de Londres. On s'en tenait presque exclusivement aux éditions populaires, brochées ou reliées en toile et coûtant de six pence à un shilling. Comme la carrière de ces livres était très courte, il fallait songer continuellement à les remplacer. On n'essaya point d'importer ■des hvres d'Amérique ; on avait besoin du tonnage pour des objets plus essentiels et l'on espérait que tôt ou tard l'Association des Bibliothèques Américaines serait à même de faire des envois sur une grande échelle. Le Comité des Bibliothèques désirait vivement la réalisation d'un arrangement de ce genre, comme on demandait d'outre-mer beaucoup plus de livres qu'on n'en avait «t que les achats pour les troupes américaines tendaient à faire monter le prix des livres sur le marché.

Page 1