LE SERVICE A BORD DES TRANSPORTS
Les bureaux d'expéditions de l'Association des Bibliothèques Américaines à Hoboken, New York, Brookljni, Ne\^^ort News, Boston et Charleston ont pourvu plus de cent cinquante transports de bibhothèques permanentes à l'usage des troupes revenant de France. Quand le navire entre au port en Amérique, on remplace la collection et l'on met à bord un nouveau
stock de magazines pour le prochain voyage. Tout d'abord on fournit les livres à raison d'un pour quatre hommes, mais la demande était si considérable qu'on s'aperçut bientôt qu'il fallait doubler et même tripler la proportion. Les officiers demandaient un livre par homme. Les livres se sont montrés d'un grand secours pour diminuer l'ennui et les privations du voyage et maintenir la tranquillité et la satisfaction parmi l'équipage. On rapporte qu'une fois qu'un transport non poiu-vu de bibliothèque avait été immobiUsé pendant cinq jours, le besoin de lecture se fit tellement sentir J
que les hommes découpèrent et se partagèrent un vieux 1
journal de Boston et une ancienne revue. A la fin de •
l'internement, plusieurs d'entre eux pouvaient réciter mot à mot les annonces pour le savon à barbe, la pâte dentifrice et les grands magasins.
La plupart du temps c'étaient les secrétaires de l'Y. M. C. A., les aumôniers ou quelque officier du navire qui prenaient soin des livres. Cependant l'essai qu'on fit de les confier à des bibUothécaires professionnels eut un tel succès que le Service de Guerre des BibHothèques résolut de placer un bibUothécaire à bord de chaque transport contenant au moins quatre mille hommes.
Les constatations du premier bibliothécaire à bord d'un transport, M. H. H. B. Meyer, de la Bibhothèque du Congrès, présentent naturellement un intérêt tout spécial. Il rapporte que six jours après que le Mongolia qui transportait 4.400 hommes eut quitté la France, chacun des 1.700 livres de l'Association était en main. « Les hommes avaient soif de Ure. Dès qu'ils-