‹ Les livres à la guerreChapitre 26 sur 59 · IL FALLAIT AUSSI DES LIVRES TOUR LES INFIRMIÈRES ET LES VISITEURS · texte numérisé non relu

IL FALLAIT AUSSI DES LIVRES TOUR LES INFIRMIÈRES ET LES VISITEURS

sa vie. Seuls, les livres peuvent la leur faire oublier quelques minutes, une heure peut-être. Je ne puis demander des livres avec de telles pensées sur le cœur ; ce sont eux qui en demandent, et sûrement ils n'en demanderont pas en vain ».

L'Armistice accrut la demande de livres d'une manière considérable. « Les malades et le personnel n'ont plvis l'excitation de la guerre », écrit M^^® Gaskell, (( et il est difficile de tenir tête à la soif de lectures de toutes espèces ». On demande surtout des livres techniques relatifs aux professions et aux métiers. Pour faire face à ces besoins, le Ministère de la Guerre a étabh un plan d'éducation dans tous les centres d'armée, comportant un officier chargé de l'instruction dans tout hôpital de plus de mille Uts et une petite bibhothèque pour son usage auprès des malades.

Quoiqu'il ne soit plus nécessaire d'envoyer chaque semaine des livres à Salonique, en Egypte et à Bombay, des envois réguliers sont nécessaires à Constantinople. En février 1919, on avait déjà envoyé plus de trente miUe volumes à l'expédition dans la Russie du Nord, dont l'appétit pour la lecture semble insatiable. A la demande de la Bibliothèque de Guerre, l'Association des Bibhothèques Américaines choisit et acheta, pour le compte de la Bibhothèque de Guerre, deux mille livres américains, qu'on expédia en Sibérie de San Francisco. La Croix Rouge, qui se rend compte des besoins considérables de l'heure actuelle, a continué à prêter son assistance à l'œuvre.

« La guerre a révélé combien d'actes dans notre

conduite habituelle reposent sur l'instinct naturel », disait le poète lauréat dans une adresse à Oxford en faveur de la Bibliothèque de Guerre. « Chacun de nous, quand il est harassé ou dans la détresse morale, cherche un adoucissement à ses souffrances dans la distraction de l'esprit, et notre commun remède est un hvre d'histoires. Le grave évêque Butler déclare que nos pensées ne sont jamais aussi oisives que lorsque nous Usons. Il ne voulait pas parler de la lecture de ses sermons. Il voulait dh-e, je suppose, que, lorsque nous pensons véritablement, nos pensées s'engendrent d'eUes-mêmes dans notre esprit, ce qui, vu l'examen intense et conscient que nous en faisons, est une opération laborieuse — comme nous le voyons aisément quand nous nous efforçons de la pratiquer, car elle apparaît alors comme la plus fatigante de toutes nos énergies. Mais quand nous ne faisons que lire (sans étudier), les pensées nous sont fournies de l'extérieur ; et l'esprit reste immobile et pour ainsi dire dans un repos semblable à celui du corps sur un ht ou un canapé.

« Or cette sorte de distraction mentale a prouvé son efficacité dans les conditions les plus pénibles, même à l'article de la mort. Des hvres d'une lecture facile sont donc un réconfort important pour le soldat et sont également nécessaires aux blessés, dont l'état constant de souffrance et de faiblesse exige autant la distraction que l'angoisse, le péril continuel et la tension d'esprit des tranchées ; aussi faut-il fournir des hvres en quantité illimitée. Il est inutile de faire de grandes distinctions entre eux : certains sont évidemment pré-

LIVRE QUE VENAIT DE QUITTER UN JEUNE OFFICIER POUR FAIRE UN RAPPORT DANS UN ABRI

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