CHAPITRE XIII
l'œuveb britannique pour l'envoi de livres (d'enseignement) AUX PRISONNIERS DE GUERRE
Peu après l'ouverture des hostilités, trois Anglais, prisonniers dans le camp improvisé que constituaient les baraques dépendant du champ de course de Ruhleben, près Berhn, écrivirent à leurs amis en Grande-Bretagne, pour leur demander de leur envoyer des hvres pour s'instruire.
L'un des destinataires était M. (à présent Sir) Alfred T. Davie-s. secrétaire perpétuel de la section galloise du Conseil de l'Instruction Publique. Cette demande l'impressionna tellement que non seulement il y satisfit sur-le-champ, mais encore il se mit en campagne pour organiser un système d'envois de livres en faveur de tous les prisonniers de guerre britanniques internés en Allemagne. Son appel en vue de recueilhr des livres, vieux ou neufs, rencontra un accueil favorable, mais comme la condition sociale des prisonniers allait de celle de professeur de faculté à ceUe de jockey, ce n'était pas une mince besogne que de trouver des livi'es appropriés aux différents goûts et aux différentes capacités. Cependant, l'organisation du Service de
l'Enseignement dans les Camps, et un second appel au public, sanctionné par le Président du Conseil de l'Instruction Publique, rendirent possible l'envoi à Ruhleben, au cours de la première année, d'environ neuf miUe volumes, qui fournirent aux deux cents conférenciers et à leurs élèves, tirés du nombre des quatre mille civils qui étaient internés à cet endroit, une bibliothèque appréciable où puiser.
Avec l'approbation du Ministère des Affaires Étrangères, on entreprit des démarches pour étendre aux prisonniers d'autres camps le service qui s'était montré si bienfaisant à Ruhleben. Des enquêtes menées par les légations britanniques à La Haye, Copenhague et Berne, et par les ambassades des États-Unis à Berlin, Vienne, Sofia et Constantinople suscitèrent des demandes des divers camps de prisonniers en Hollande, en Allemagne, en Autriche, en Turquie, en Bulgarie et en Suisse. Toutes ces demandes obtinrent satisfaction à l'aide des livres rassemblés au siège du Conseil de l'Instruction Publique.
Comme on ne permettait pas aux particuliers d'envoyer des livres aux prisonniers auxquels ils s'intéressaient, l'Œuvre des Livres était le seul intermédiaire par lequel le public anglais pouvait être sûr que ses parents ou ses amis, prisonniers en Allemagne, obtiendraient les livres qu'ils avaient demandés. Les deux censures allemande et britannique tenaient cette œuvre pour responsable de ce qu'elle expédiait. Naturellement tous les livres sur la guerre étaient éUminés. Dans certains camps, dès qu'un livre contenait des allusions à