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LA MORNE EXISTENCE DES PRISONNIERS DE GUERRE

D'après un croquis de RaeiTiaekers

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DANS CERTAINS CAM J S DE I'ltlSOXXlEKS LE COIFFEUR FOURNISSAIT DES JOURNAUX ILLUSTRÉS A SES CLIENTS

l'Angleterre ou aux Anglais en tant que champions de la liberté, il était fortement mutilé ou complètement interdit ; souvent des cartes étaient arrachées des livres. On ne pouvait envoyer qu'un petit nombre de revues, comme la plupart contenaient des articles sur la guerre. Les livres publiés dans les pays neutres avaient infailliblement leur dos déchiré par suite de la recherche des lettres ou autres objets prohibés, et parfois ils subissaient de sérieux retards. Mais en général les livres arrivaient en temps raisonnable, d'ordinaire dans un intervalle allant de quatre ou cinq semaines à deux mois, et en dépit de toutes les difficultés l'œuvre réussit à pourvoir les hommes de ce qu'ils voulaient. On distribuait des formules sur lesquelles les prisonniers pouvaient indiquer leurs désirs, et à l'arrivée de celles-ci au bureau central (au Musée de South Kensington) on regardait promptement les titres et on expédiait les livres demandés. On y joignait une carte postale sur laquelle le destinataire pouvait marquer si le livre lui convenait ou non. Environ soixante-dix pour cent des cartes renvoyées exprimaient la satisfaction. On gardait une table par fiches, qui contenait une fiche pour chaque individu qui avait jamais demandé un livre, avec l'indication de la nature de sa demande ; cela fournissait un indice quant aux besoins du prisonnier, en cas qu'il ne fût pas suffisamment expKcite dans ses demandes ultérieures, ce qui arrivait fréquemment. Un registre des demandes par ordre chronologique, quelque chose comme le livre des acquisitions d'une bibhothèque, servait de guide supplémentaire

relativement à la date des demandes et à celle des envois de Londres. Ces renseignements personnels étaient nécessaires pour plusieiu's raisons. Dans beaucoup de cas, l'Œuvre des Livres était la seule source d'information pour les amis et les parents anxieux d'avoir des nouvelles de l'arrivée des livres. En outre, dans leur vif désir d'en recevoir, les prisonniers écrivaient souvent à différentes personnes, puis, s'ils n'avaient rien reçu dans le temps qu'ils jugeaient raisonnable, ils écrivaient aux mêmes personnes de nouveau. Toute cette correspondance était communiquée à l'Œuvre et les renseignements détaillés permettaient d'éviter les doubles emplois.

En ce qui concerne le choix des livres, le personnel peu nombreux et en majorité volontaire se reposait sur les éditeurs, sm* l'avis des rédacteurs des périodiques traitant de sujets techniques, sur celui des sections spéciales des universités, d'un membre de l'administration du Musée Britannique qu'on pouvait atteindre par téléphone, et sur celui des sociétés et des particuliers.

Parmi les principaux sujets sur lesquels on désirait des livres il y avait l'agriculture ; l'art (y compris la peinture à l'huile et l'aquarelle, le pastel, le dessin et la perspective, l'imprimerie et la lettre) ; l'architecture ; les atlas ; l'aviation ; la biographie ; la langue celtique (gaëlic et gallois) ; la céramique ; le commerce ; la finance et la banque ; les dictionnaires et les grammaires (anglais et autres, surtout italiens, espagnols et russes) ; les encyclopédies ; la profession d'ingénieur dans ses

différentes branches ; la science forestière ; les métiers ; l'hindoustani ; le fer et l'acier ; le droit ; les phares ; la religion musulmane ; la musique de différentes espèces ; l'histoire naturelle ; la navigation ; les pompes ; la littérature russe ; les télégraphes et téléphones ; la vente et les voyages.

On recevait des demandes bizarres, telles que celles des « Pierres de Vénus », des « Œuvres de Pluton » et du « Français simplifié par Victor Hugo ».

Le but de l'œuvre était de protéger les prisonniers de guerre anglais internés dans les pays ennemis ou neutres contre toute déchéance intellectuelle et de leur aider à racheter le temps de leur captivité 1° en leur procurant des hvres d'étude ; 2° en assurant la reconnaissance par les universités et autres jurys de leurs études pendant leur internement ; 3° en leur permettant d'utihser leurs loisirs forcés de manière à être mieux armés après la guerre pour la bataille de la vie. On dit qu'il y a eu 6.700 œuvres de guerre et 160 œuvres pour les prisonniers de guerre, mais seulement une œuvre ayant pour but de fournir des livres d'étude aux prisonniers de guerre. Ainsi l'Œuvre des Livres ne faisait double emploi avec aucune autre œuvre de guerre.

L'enseignement qu'on donnait au Camp de Ruhleben s'adressait à trois catégories d'individus : !« ceux dont l'internement avait interrompu les études en vue des examens d'entrée des facultés, des divers grades universitaires, ou des examens nautiques du Conseil de Comr merce ; 2° ceux qui étaient déjà entrés dans une car-

Tière commerciale ou libérale ; 3° ceux qui se livraient à des études par simple amour du savoir.

« Ce sera une sm'prise pour beaucoup », disait Sir Alfred Davies en 1918, « que d'apprendre que quelque 200 conférenciers et maîtres, et quelque 1.500 élèves, répartis en neuf sections d'études (arts, langues, sciences, navigation, connaissances de l'ingénieur, musique, etc.) •ont travaillé assidûment dans le camp, et que parmi ces victimes civiles de la Grande Guerre, il se fait peut-être autant de travail sérieux qu'en peut prétendre n'importe quelle université de l'Empire Britan* nique aujourd'hui ».

Un progrès intéressant fut réalisé grâce à un arrangement qui permit aux prisonniers fréquentant les cours d'assurer à de certaines conditions la reconnaissance de leurs efforts à leur retour dans leurs foyers. Le Conseil de Commerce, qui accueillit cette idée avec -enthousiasme, se montra disposé, en calculant la période de travail nécessaire à l'obtention d'un brevet de compétence, à tenir compte d'un certificat d'études faites durant l'internement, rédigé sur une formule •spéciale. Cette formule, à l'usage des camps, fut établie après avoir consulté divers jurys et corps professionnels, dans le but d'obtenir et de conserver des renseignements authentiques sur les études faites par n'importe quel prisonnier d'un camp. On espérait que ce diplôme pourrait assurer aux prisonniers un avantage matériel, lorsque viendrait pour eux le moment de reprendre leurs occupations interrompues par la guerre. •C'est ainsi qu'un homme qui désirait devenir capitaine.

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second, ou ingénieur de première ou de seconde classe dans la marine marchande, patron ou aide d'un bateau de pêche, et qui était prêt à consacrer quelques heures par jour à des études suivies dans un camp où l'on donnait un enseignement systématique sur la navigation et le matelotage, pouvait faire compter ce travail en vue de ses diplômes.

Le 14 novembre 1914, le Camp de Ruhleben ouvrit sa propre bibliothèque, composée de quatre-vingt-trois livres, envoyés par l'ambassadeur des États-Unis, M. Gerard et par M. Trinks. D'après M. Israel Cohen ^, « on pouvait se procurer des livres, des brochm'es et des cartes chez le libraire du camp (M. F. L. Musset) ; et sur les murs de nombreux box ou dans les corridors des écuries on voyait collées de grandes cartes des différents théâtres de la guerre, sur lesquelles on suivait le cours des opérations chaque jour. Beaucoup de prisonniers découpaient également dans leurs journaux les petites cartes qui illustraient le récit de campagnes particulières et les gardaient pour s'y reporter à l'avenir. Comme ces diverses publications devaient être commandées au libraire du camp et passaient entre les mains des autorités militaires, ces dernières pouvaient empêcher l'introduction de tout imprimé considéré comme dangereux ».

On recevait encore des livres de la Mission Maritime à Hambourg et de la Bibliothèque Mudie. En juillet 1915,

1. Le camp de Prisonniers de Ruhleben, ou le journal de dix-neuf mois de captivité, Londres, Methuen, 1917, p. 212. (The Ruhleben Prison Camp : A Record of Nineteen Months 'Internment.)

il y avait deux mille revues anglaises et américaines, trois cents livres allemands, et cent trente livres français. En moyenne on prenait deux cent cinquante livres par jorn*. Comme il y avait un impiimeur dans le camp, on décida d'imprimer un catalogue. Les demandes qu'on faisait à la bibliothèque ainsi accrue étaient aussi curieuses que variées, mais on pouvait satisfaire à presque toutes en puisant sur les rayons. On demanda des livres en quarante-neuf langues et on les obtint. Les dictionnaires et les livres sur l'électricité étaient constamment en circulation. Quelqu'un désirait un livre sur l'agriculture tropicale, un autre prisonnier voulait un manuel sur le filage du coton et un troisième le « Siège de Constantinople » de Schlumberger. Un autre encore demanda par écrit, et obtint grâce à la générosité de l'éditeur, un superbe ouvrage sur « Les Tombeaux sculptés de Rome », sujet sur lequel il comptait écrire lui-même, une fois remis en liberté.

Vers la fin de la guerre, la bibliothèque de Ruhleben comptait huit mille volumes et une collection documentaire de deux mille. Holzmunden possédait trois mille volumes à la signature de l'armistice. « La bibliothèque », écrivait un prisonnier de ce dernier camp, « ofiErait des facihtés spéciales aux officiers qui prenaient part aux séances d'un club oratoire, établi pour la libre discussion des sujets d'intérêt primordial et des problèmes susceptibles de se poser après la guerre ».

Plusieurs prisonniers envoyèrent de Dœberitz une demande détaillée comprenant « la loi sur les locations agricoles, un traité sur les moteurs, la navigation pra-

tique, l'élevage des abeilles et l'ameublement (périodes et styles) ». Un soldat écrivait : « Nous travaillons dans des carrières avec des Français et je voudrais être en état de leur parler davantage. » Un marin : « Je parle assez bien le russe, mais non selon la grammaire. » Un instituteur avouait que « personne ne savait mieux que lui combien il déclinait ». Il demanda et reçut des livres de psychologie pédagogique, de façon à se remettre au courant de sa profession. Le but de cette institution était de procurer exactement à chaque prisonnier le livre ou les livres qu'il désirait ou dont il avait besoin sur n'importe quel sujet et dans n'importe quelle langue.

« Pas d'inondation », telle était la règle qu'on appliquait à la fois aux donateurs et aux destinataires, d'après Sir Alfred Davies. A l'appel « Alimentez-nous de livres », on joignait la demande d'envoyer d'abord une Uste de livres, avec leur date de publication, afin que les directeurs de l'Œuvre du Livre pussent désigner ceux qui étaient susceptibles d'être utilisés. De cette manière, ils purent se protéger contre ceux qui voulaient nettoyer leur bibliothèque en se débarrassant de vieux romans et de vieux livres scolaires. En fait, ils reçurent une provision constante de livres historiques, techniques, géographiques et autres, susceptibles de rendre service, tous en bon état et beaucovip très récents. Une cartouche avec le nom du donateur et l'indication que le livre était dû aux bons offices du Conseil de l'Instruction Publique était insérée dans chaque volume.

« Il n'est pas douteux que, quand vous êtes plongé

dans la lecture d'un livre intéressant, vous avez des chances d'oublier votre situation et de vous croire un homme hbre », écrivait un prisonnier de guerre anglais à un ami de Londres. Captivorum animis dent libri libertatem.

Un prisonnier, désespéré de la monotonie de sa captivité, écrivait « qu'il allait devenir fou, s'il ne recevait rien à lire », et son cas en éclaire beaucoup d'autres. Pour appuyer la demande de livres ou d'argent de Sir Alfred Davies, un correspondant adressa au Times de Londres un appel en faveur des prisonniers de guerre britanniques. « Vous avez nourri, vous nourrissez leur corps », disait-il. « Aux prisonniers en Allemagne vous envoyez le pain dont ils ont grand besoin, de même que des sardines, du jambon, des confitures, de la pâte dentifrice, des revues et autres objets de luxe qu'ils apprécient vivement. Mais les prisonniers ne se nourrissent pas seulement de pain, et un pot de marmelade ou une histoire captivante par Pierre ou Paul ne peut pas combler le vide. Il leur faut une nourriture pour l'esprit, de même que pour l'estomac et l'imagination, et ils ne peuvent s'en passer, sans que leur esprit s'affaiblisse... Il ne faut pas que les mois ou les années de captivité soient du temps perdu. Leur malheur peut même tourner à leur avantage (comme d'autres malheurs causés par la guerre le prouvent chaque jour) grâce au système qui permet d'occuper les loisirs forcés à des études profitables... Il n'est pas seulement question d'entreprendre cette excellente cure de l'ennui qui consiste à se mettre une étude quelconque

sous la dent. Il faut plus encore que de permettre aux jeunes prisonniers d'achever leur éducation et de rester au même niveau que leurs émules plus favorisés. Le fer est entré dans l'âme de beaucoup ou de la plupart de ces hommes. Leur procurer les moyens d'un rude travail intellectuel, c'est peut-être faire davantage que de leur permettre de tirer quelque profit de leur malheur. Cela peut influer sur toute leur attitude dans la vie, sur leur caractère et l'assiette future de leur esprits Cela peut nous les rendre pleins de vitalité et de joie, et non aigris et désespérés ; cela peut conserver pour un travail heureux et plein d'espérance dans le monde ce qui, sans cela, aurait pu être irrémédiablement perdu. De toutes les œuvres qui existent pour venir en aide aux prisonniers, militaires ou civils, celle-ci est certainement la plus efficace ».

« Ce n'est pas seulement une source de distractions », écrit le Professeur Gilbert Murray. « Les distractionsont leur importance, sans doute, mais elles ne sont pas difficiles à trouver là où sont réunis un certain nombre de jeunes Anglais. L'Œuvre a pour but deprocurer une occupation intéressante et utile à des hommes pour lesquels une telle occupation est une question de vie ou de mort. Il y a des milliers de nos compatriotes prisonniers qui peuvent affronter la mort et la souffrance avec une énergie presque incroyable, mais qui peuvent n'être pas capables de résister à la lente démoralisation de la captivité, sans but pour l'avenir et sans distraction pour leur faire oublier leurgamelle et leurs geôliers ».

Une lettre de félicitations signée par quelque quatrevingts hommes de lettres fut présentée le 27 février 1917 au Très Honorable H. A. L. Fisher, membre du Parlement, Président du Conseil de l'Instruction Pubhque. Elle était ainsi conçue : u Que plusieurs dizaines de milliers de livres, dont les plus récents et les meilleurs dans les langues les plus diverses et sur un grand nombre de sujets — les arts, les sciences, la technologie, la navigation, le commerce et différentes industries — aient été recueillis ou achetés et distribués gratuitement aux destinataires sans grever aucunement les Finances Pubhques, c'est là une œuvre si méritoire que nous ne pouvons permettre qu'elle reste ignorée 'de notre pays. Le fait qu'elle ne rentre pas dans les devoirs habituels d'un service de l'État, mais que c'est une œuvre non combattante d'un caractère propre et se rattachant à la guerre ; qu'elle a été fondée volontairement et conduite avec succès par des fonctionnanes civils et autres travailleurs volontaires, en plus de leurs fonctions ordinaires et en présence de sérieuses difficultés, ce fait ne sert à nos yeux qu'à rehausser sa valeur et à accroître notre reconnaissance, qui s'étend à la fois -aux fonctionnaires et à leurs aides mentionnés cidessus, ainsi qu'au Conseil de l'Instruction Publique, qui, en fournissant le local nécessaire, a rendu l'entreprise possible ».

Il y a d'abondants témoignages en faveur de l'œuvre, qui proviennent des camps, des parents des prisonniers et de l'Armée aussi bien que de la Marine. Le bibliothécaire du Camp de Dœberitz écrivait que depuis le

début de 1915, ils avaient une splendide bibliothèque générale, mais qu'ils avaient manqué de livres d'enseignement jusqu'à ce qu'ils se fussent adressés à l'Œuvre des Livres pour les Prisonniers de Guerre Britanniques. Il ajoutait que depuis lors, le cas d'une demande restée sans qu'on y eût satisfait n'existait pas, quel que fût le genre de commerce ou d'étude qu'elle concernât. « Je puis vous assurer que plus d'un homme sortira de captivité plus instruit qu'il n'y était entré, grâce à votre système d'envois de livres », écrivait-on de Cassel.

En septembre 1917, on avait déjà pourvu 200 camps de livres, pour lesquels on avait reçu 6,500 demandes des prisonniers. Le nombre de colis envoyés pour y satisfaire s'élevait approximativement à 7.500, contenant 43.700 livres. Le stock de South Kensington montait en moyenne à 12.000 volumes au moins. Les dépenses s'élevaient à 250 livres sterling (plus de 6.250 francs) dont les cinq sixièmes représentaient les frais d'achat des livres.

En tout six cents camps et bases d'internement recevaient des livres en cinquante-deux langues, comprenant divers dialectes de l'Inde Orientale, le gaëlic (irlandais et écossais], le chinois et le ja.ponais, le maori et l'espéranto. Tous les livres ne provenaient pas de dons. Certains officiers avaient les moyens de les payer et les payaient, quitte à en faire cadeau par la suite à la bibliothèque du camp.

L'évêque Bury, qui visita le camp de Ruhleben à titre officiel, dit qu'on y étudiait tellement qu'il méritait

d'être appelé l'Université de Ruhleben, On peut se faire la meilleure idée du côté intellectuel de l'existence qu'on y menait par le volume qui a été édité par Douglas Sladen : « A Ruhleben, Lettres d'un prisonnier à sa Mère ^ » (Londres, Hurst et Blackett, 1917). L'auteur de ces lettres est un jeune étudiant anonyme du nombre de ceux à qui l'on doit l'esprit qui régnait à Ruhleben. Deux jours après son arrivée au camp, il fut présenté à un petit groupe qui Usait « Le Rire » de Bergson dans les conditions les plus extraordinaires. Il enseigna le français à une classe mixte dont les élèves allaient d'un matelot à un étudiant avancé de l'Université d' Aberdeen. Il lut les pièces de Schiller avec quelques camarades et, à lui tout seul, vint à bout du « Theœtetus » de Platon. Il enseigna également à quelques camarades les rudiments du latin et il avait même l'intention de faire faire du grec à l'un d'eux.

Quelques journaux de Londres parvenaient parfois à se gUsser dans le camp. Comment ils y étaient entrés, on l'ignorait officiellement, mais les traces de pouces qu'ils portaient et leur apparence misérable après qu'ils avaient fait le torn* du camp montraient avec quelle faveur on accueillait les nouvelles courantes du monde extérieur. M. Israel Cohen dit que jusqu'à avril 1915, la Berliner Zeitung am Mittag fut la seule source officielle d'information pour les nouvelles courantes. Les journaux dont on s'était servi pour envelopper les paquets envoyés aux prisonniers étaient rigoureusement

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