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LE COLLEGE KAKI CANADIEN

Une expérience intéressante en matière d'enseignement a été tentée au Camp Witley occupé par des troupes canadiennes en Angleterre. La baraque où était la bibliothèque de l'Y. M, C. A. et les trois baraques adjacentes furent cédées par les autorités pour les besoins de l'enseignement et devinrent le collège originel de « l'Université kaki Canadienne ». Des casiers abondamment pourvus de livres s'étendaient tout le long de l'extrémité de la baraque et des tables et des chaises occupaient les deux tiers de sa longueur. Une alcôve était réservée aux officiers et aux professeurs et il y avait une petite salle à l'usage de l'officier en charge. Tous les cours se firent d'abord dans la baraque de la bibHothèque, mais comme celle-ci était comble, on y adjoignit une seconde, puis une troisième baraque. On donnait des certificats pour le travail accompli convenablement dans les différentes classes d'anglais, de français, de littérature classique, de mathématiques et d'agriculture. Les cours furent d'abord faits par des volontaires, mais par la suite ils furent compris dans les devoirs militaires de ceux qui les donnaient.

D'après le prospectus « le Collège Kaki Canadien avait pour but de permettre à tous les soldats canadiens, en Angletene ou en France, d'employer leurs loisirs au développement de leur instruction et à leur préparation en vue d'occuper à leur retour au Canada des

situations plus importantes et plus lucratives dans la vie civile. »

« Je crois que je retournerai à l'école )>, telle était la réponse de maint soldat canadien à qui l'on posait la question ordinaire sm' ses projets pour l'après-guerre. Beaucoup d'entre eux revinrent à l'école alors qu'ils étaient encore dans le rang, car il y avait un autre collège canadien pour les soldats, à Seaford dans le Sussex, près de Brighton, où l'on faisait des cours sur la mécanique, l'agriculture et les humanités. Il y avait une classe d'itaUen moderne et une, plus suivie encore, d'espagnol, car les Canadiens s'intéressent beaucoup aux affaires du Mexique et de l'Amérique du Sud. On avait organisé l'enseignement pour toutes les catégories d'individus, depuis ceux qui n'avaient qu'une instruction rudimentaire jusqu'aux étudiants des universités. On faisait passer des examens et l'on déhvrait des certificats. On aidait les hommes à compléter leurs études interrompues et à se préparer en vue de bonnes situations après la guerre. Des hommes faits, possédant un métier, mais une instruction insuffisante, connurent ainsi toutes les comphcations de la lecture, de manière à déchiffrer les ordres affichés, à écrire leurs lettres personnelles et à tenir leurs comptes. A l'autre bout de l'échelle, il y avait les étudiants mobilisés qui faisaient la besogne de trois mois d'université en six semaines. Pour tout cela, il fallait des livres et les étudiants en kaki venaient chaque jour en emprunter à la bibUothèque du collège.

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