II. 25, t. IV, p. 299, p. 261 Chez Froissart (1). I
fflonstpelet
Pour Monslrelet également, il est proijable que Montaigne emploie l'édition de Denys Sauvage {[Inî] (2), modernisée elle
(1) On pourrait joindre à cette liste encore quelques faits que Montaigne peut avoir pris chez Froissart, par exemple ce qu'il dit de la bataille d'Auray (1, 38, t. I, p. 195) ; mais sa phrase n'est pas assez semblable à celle de Froissart pour qu'on puisse aflirmer que c'est à Froissart qu'il a emprunté cette anecdote. Il en est de même des autres.
(2) Chroniques d'Enguerran de Monfttrelet, Gentilhomme jadis demeurant a Camhray en Camhraisis. Contenans les cruelles guerres civiiles entre les maisons d'Orléans et
t. II,
t. II,
t. II,
t. IV,
t. II,
aussi, plutôt que des édilious eu caraeferes i;()tlii(|ues qui avaient précédé, et dont la dernière date de l.'ilS. l'ourlant, aucun des Ijassages pour les(|uels j'ai confronté ces diverses éditions ne permet d'être allirniatif. A la source indiquée par les commentateurs (1), il faut joindre le rapprochement suivant (2) :
« Encore ne faut il pas oblier la « Lequel maistre Pierre Paoul,
plaisante assiete qu'avoit a cheval docteur en théologie, chevauchoit
un maistre Pierre Pol, docteur en très souvent en habit de docteur
theologiOAIue Monstrelet recite avoir avecques ledit cardinal parmy Paris,
accoustunié se promener par la ville tout d'un costé comme chevauchent
de Paris et ailleurs assis de costé les nosbles femmes » (Monslr. éd.
comme les famés ». 1572, ch. 46, '.' 61 r-j. I. 48, D. t. I, p. 2i5.
Du Bellay
Coste a signalé de nombreux emprunts aux Mémoires des frères du Bellay. Ces Mémoires venaient de paraître (lo69) lorsque Montaigne s'est mis à écrire. Leur succès fut très grand au début: pendant cinq ans (1569-1574 , chaque année on en vit paraître une édition, et quelquefois deux. II nous faut ajouter aux indications de Coste, que, très vraisemblablement, c'est dans la première édition que Montaigne a lu ces Mémoires. Voici le titre que devait porter son exemplaire : Les mémoires de Mess. Martin du nellaij Seigneur de Langeij. Contenans le discours de plusieurs choses adcenues au Royaume de France, depuis l'an M. D. XIII jusqucs au trcspas de Roy Françoys premier, ausquels l'aulheur a
de Rourcjongne, l'occupa/ion de Paris et Normandie par les Anglais, Vexpulsion d'iceux, iV" autres clioses mémorables adcenues de son temps en ce lîoijaume, ($• pays est ranges. Histoire de bel exemple et de grand fruict aux François, commenceant en l 'an M.CCCC. ou finist celle de Jean Froissart, et finissant en l'an M.CCCC.LXVII. Peu outre le commencement de celle de mess. Philippes de Commines. lîeceue et corrigée sur l'exemplaire de la Librairie du Rotj, et enrichie d'abbregez pour l'introduciion d'icelle, ^ de tables fort copieuses A Paris chez Guillaume Chaudière, rue sainct Jaques, à l'enseigne du Temps et de l'Homme Sauvage MD.LXXII. Avec privilège du Rog.
(1) Essais, I, 48. D. t. I, p. 245 Les Gascons. .. Monstrelet, J, 66. f. 10 15.
(2) Vn aulre fait hisl(irif|ue, allégné dans les Essais, vient encore il(^ Mniislroiet ni, 36. D. t. Il, I». 324 . . Maliumet second ...Monstrelet [II, 68); mais Montaij,Mie ne l'a pas pris directement à .Monstrelet; c'est a l'Anli-Macliiavel do Gentillet (|ii'il le doit (cf. mon livre sur Les Sources et l'éoolution drs Essais an nom de Gentillet).
inséré trois livres, et quelques fragments des Ogdoades de Mess, (iuillaume du Bellay Seigneur de Langey son frère. Œuvre mis nouvellement en lumière, et présenté au Roy par Mess. René du Bellay, chevalier de l Ordre de sa Majesté, baron de la fMnde. héritier d'iceluy Mess. Martin du Bellay. A Paris, à l'Olivier de /*. l'IIuillier, rue S. Jacques, 1569 avec privilège du Boy.
Dans la seconde édition, donnée à Paris par Pierre L'IIuillier, en 1570, l'orthographe de quelques noms propres a été rectifiée. Quelques-uns des noms cités par Montaigne prouvent qu'il n'a pas profité de ces corrections. Il écrit par exemple, dans le trente-quatrième Essai du premier livre (( Founqueselles » le nom d'un obscur personnage que du Piellay appelle « Fouquorolles » ; certainement l'anecdote où Montaigne le fait figurer a été i)uisée par lui chez du Bellay: elle est très exactement reproduite de ses Mémoires. La déformation du nom propre s'expli(|uerait difTicilement, si, dans l'édition de 1569, dans la première édition par conséquent, on ne trouvait la forme « Fonquesolles » (|ui n'est pas celle des Essais, mais qui en est voisine et qui l'explique. Dans le même Essai, Montaigne écrit a Aronne », conformément à l'édition de 156Î), tandis que les éditions suivantes donnent (( Eronne ».
Ces détails suffisent à établir que Montaigne lisait l'édition de 1569. Seule l'édition d'Heidelberg (1571) présente les mêmes particularités orthographiques que celle de Paris (1569) ; elle en est la reproduction fidèle. Il est possible que Montaigne l'ait possédée; mais parmi tous les volumes de sa « lil)r;iirie » qui ont été retrouvés, aucun ne vient d'Heidelberg, beaucoup au contraire viennent de Paris. Il est donc très probable que Montaigne avait la première édition sortie des presses de L'Huillier.
Aux emprunts signalés par Coste, il faut joindre une allusion du cinquième Essai du premier livre, pour laquelle aucune source n'est encore mentionnée. Montaigne, après avoir déclaré que « C'est une reigle en la bouche de tous les hommes de guerre de nostre temps qu'il ne faut jamais (|ue le gouverneur en une ])lace assiégée sorte luy mesmes pour parlementer», ajoute: « Du temps de nos pères, cela fut reproché ans seigneurs de Montmord et de L'Assigni, defïandans Mouson contre le Conte de Naiisaut. » Le
fait est raconté au premier livre des Mémoires de iln Ik'lkuj. On y retrouve les mêmes noms, et l'auteur y dit que le roi lit ',\ ces seigneurs des reproches : u Attendu qu'ils s'estoient faicts loris de bien garder la place, et aussi que les deux lieutenants du lîoy estoient ensemble sortis au ('am|) de Tennemy pour parlementer ; cliost! won usitée parniy les hommes (|ui l'ont profession des armes. »
En revanche, quelques-unes des sources in(li(|uées parCoste me paraissent discutables. Dans l'Essai intitulé : « .1 demain les affaires » (II. 4), parmi des personnages f|ui, par négligence, difïérèrent de lire quelque avis pressant et coururent par là de grands dangers, Montaigne nous cite l'histoire de M. de Houtieres, un cajjitaine d'hommes d'armes sous François I'^'\ « Du temps de nos pères, dit-il, Monsieur de Boutieres cuida perdre Turin, poui", estant en bonne compaignie à souper, avoir remis à lire un advertissement c[u'on luy donnoit des trahisons f[ui se dressoient contre cète ville ou il commandoit. » L'anecdote de Boutieres à Turin est en elïet rapportée chez du Bellay; mais les circonstances y sont bien difïérentes. Cliez du Bellay, ce n'est pas pour souper plus tranquillement en comi^agnie, que Boutieres néglige de lire l'avertissement qu'on lui adresse ; du Bellay dit formellement (jue (( Par oubliance, ou par avoir trop d'atïaires, il ne regarda dedans la dite lettre. » Il est possible que Montaigne ait appris ce détail chez du Bellay, et que, plus tard, sa mémoire le lui ait rendu infidèlement; mais il est possible également (|u'il ait su la chose autrement, peut-être par des récits oraux de son père, qui avait fait des campagnes en Italie. U se pourrait f|u'il ait eu ([uelque source plus sûre que le témoignage de du Bellay qui voulait peut-être excuser Monsieur de Boutieres. En tous cas, si nous avons un emprunt à du Bellay, c est un emprunt inexact, et. en faisant cet emprunt, Montaigne n'avait sans doute pas le volume entre les mains.
Voici le tableau des vingt-six emprunts faits par Montaigne à ces Mémoires. Je marquerai d'un astér"i(iue ceux (|ui me |)araissent douteux. Ees références in(ii(|uées renvoient à l'édition de i5()!) (|ue Montaigne possédait, et à l'édition donnée i)ai- Buchon dans le l'anlhéon littéraire qu'il est facile de se procurer.
Ed. JouAUST Ed.DEZEiMERis Ed. Buciiox 1569
L. I, ch. 3, t. I, p. 19, T. I, p. 10, Bavard .... p. 39i, L. II, p. 59.
I, 5, I, .-ÎO, I, 14, Mousoii .... 36i-45, I, 22.
I, 5, I, 3;i, I, 14, Regge .... 3J'i, I, 29.
I, (;, I, 34, I, 16, Le Marquis de
Pesquaire (!) . 372, II, 41.
I, G, I, 3'i, I, 16, Ligny enBarois . 771, IX, 328.
I, 7, I, 35, I. 17, Henry septième . 32i, I, 7.
I, 9, I, 4i, I, 21, Leroy François I" 472-78, IV, 113-117.
I, 10, I, 4^, I, 24, Le pape Clément 47'.), IV, 118.
I, 11, I, 5?, I, 26, Le marquis de
Salluce . . . 582, VI, 183.
I, 12, I, 57, I, 28, Le marquis du
Guasi .... G31, VII, 223.
I, 15, I, 92, I, 43, Le connétable de
Montmorency. 397, II, 61.
I, 15, I, 93, I, 43, Monsieur le Dauphin .... 686, VIII, 266.
I, 15, I, 93, J, 43, Martin du Bellay 725, IX, 29').
I, 16, I, 9i, I, 44, Le seigneur de
Vorvins . . . 781, X, 336.
I, 16, I, 96, I, 45, Le Seigneur de
Franget . . .
46, Nansan ....
47, Le seigneur de Langey . . .
49, M. de Bourbon .
511, L'enseigne du capitaine Juille .
50, Et au même siège ls7. Le seigneur d'Es-
trée
188, Le capit"' Rense
192, Le capitaine Martin du Bellay .
214, Quand l'Etnpe reur Charles .
210, Au passage de l'empereur Charles * . . . .
II, 47, III, 17, I, 297, Monsieur do Bou-
tiei'es * . . .
(1) i-r. aus.si jiliis loin le même e\eiM|ile clicz Cinicliardiii.
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